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Il y a une vie sans Lincoln

29 septembre 2007, 00:00

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On évite d?aborder le sujet. Du moins, l?effleure-t-on. Le mini-incident diplomatique des Jeux des îles n?est pas le thème de conversation préféré des cyclistes mauriciens. En l?occurrence, les accusations de dopage proférées par Yannick Lincoln (4e des Jeux des îles et vainqueur du récent Tour de l?île Maurice) à l?encontre des coureurs réunionnais. Des prises de position qui lui ont valu les foudres du comité régional de cyclisme réunionnais et sa non-sélection pour le Tour de l?île. « Je ne veux pas trop en parler. Ça nous a un peu ébranlés. Depuis, on évite d?en discuter pour être plus relax au niveau de la course », indique José Achille, le directeur sportif de l?équipe.

Thomas Desvaux est à peine plus bavard. « Certains coureurs ont dit à Yannick qu?ils ne lui en voulaient pas. Mais on n?est pas concerné par ce qu?il a dit. D?ail-leurs, la fédération n?est pas allée dans son sens », déclare celui qui, en l?absence de Lincoln, s?est retrouvé propulsé au rang de leader.

L?intéressé s?en défend. « Non, il n?y a pas vraiment de leader dans l?équipe. Il n?y pas non plus de tactique établie. Chacun sauve ce qu?il peut. »

<B>« Pas d?esprit de revanche »

Résultat : un début de tour plus satisfaisant que prévu. Onzième du classement général, mercredi soir, à l?issue de la deuxième étape, Thomas Desvaux n?avait presque rien concédé aux meilleurs jusqu?au premier gros morceau de bravoure du Tour, jeudi, entre Saint-Joseph et le Tampon. « Il m?a surpris lors de la première étape, confie José Achille. Il est sorti même avant Lucilly. Il a osé. C?est bien. Ça prouve qu?il en veut. »

« J?étais dans le bon wagon le premier jour, raconte le jeune homme. Il m?a manqué une petite minute de souffrance mardi. J?ai raté le bon coup. Un gars a chuté avant le pont de la Rivière-de-l?Est. On s?est arrêté. Il a fallu repartir à zéro. Je finis à 53? du premier. »

Derrière leur nouveau leader, les Mauriciens ont essayé de tirer leur épingle du jeu dans un peloton où les gros bras ne leur font pas beaucoup de place.

« Le petit Caëtane n?est pas mal. Ladaub passe des moments un peu difficiles. Depuis son retour de France (il était en stage à Douai de février à juillet), il est un peu fatigué. Et on a d?autres coureurs. Je crois qu?on se démerde pas mal avec quelques jeunes. Thomas essaye d?être à l?avant. On est parti sans les deux Lincoln et sans Mamet. On fait avec. Ce n?est pas une excuse. L?équipe est présentable », affirme José Achille.

S?il a tiré un trait sur l?épisode Lincoln, le directeur sportif mauricien ne s?attarde pas davantage sur l?échec de la sélection aux derniers Jeux des îles. « Nous ne venons pas ici dans un esprit de revanche, insiste-t-il. Nous avons dressé le bilan qui devait être fait. On s?est un peu rattrapé lors du Tour de l?île Maurice. Les Jeux, c?était peut-être un accident de parcours. Les circonstances n?étaient pas favorables. »

Thomas Desvaux, Yolain Calypso, Mike Chong Chin, Pascal Ladaub et Hugo Caëtane entendent bien le démontrer sur les routes réunionnaises, même si, comme beaucoup, ils doivent se contenter des miettes laissées par les favoris. Thomas Desvaux, quant à lui, rêve toujours du maillot rouge de meilleur coureur de l?océan Indien mais ce sera dur. José Achille n?a d?ailleurs fixé aucun objectif précis à ses coureurs.

« Nos ambitions ne sont pas très hautes. On savait qu?il allait y avoir des équipes costaudes, en particulier les métros. Comme l?an dernier, on essaie de faire des places, de se montrer. » « Il y a un super état d?esprit dans l?équipe, se réjouit pour sa part Thomas Desvaux. On s?entend super bien.»

Même sans Lincoln?

<B>Jean-François ROUX-FOUILLET (Le Quotidien de la Réunion)</B>

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