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?Il faut être prêt à affronter des synergies négatives?

14 octobre 2003, 20:00

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Quelle est la motivation principale de votre démarche de consolidation ?

Jusqu?ici nous étions un groupe sans vraiment l?être. Aux yeux de nos partenaires et du public en général, nous n?étions pas perçus comme un groupe. Il n?y avait pas de lien appa-rent entre nos différentes activités.

Du point de vue financier, se présenter comme un groupe permet de rassurer davantage nos partenaires. Sur le plan interne, nous espérons pouvoir dégager des synergies en procédant à un regroupement de nos activités. Nous sommes un groupe diversifié. Grâce à une meilleure intégration, nous voulons jouer un rôle plus important dans l?économie mauri-cienne et régionale.

Le Groupe Union puise ses racines dans le secteur agricole depuis 1896, avec la création de la compagnie sucrière Union Sugar Estate Co. Ltd. Il y a d?abord eu la diversification au sein de l?agriculture et par la suite, le groupe s?est intéressé aux activités non agricoles. Nous sommes aujourd?hui présents dans la confection à travers deux entreprises, dont Noblesse, qui est le deuxième plus grand producteur de chemises à Maurice. Dans le domaine des services, nous sommes présents dans l?informatique à travers Giblot Ducray Informatique et Multigraphics. Nous avons aussi des intérêts dans l?immobilier et dans l?hôtellerie, avec Le Preskil (anciennement connu comme La Croix du Sud).

Expliquez-nous les principales étapes menant à la conclusion de cette consolidation ?

Les démarches ont débuté depuis plus d?un an avec l?aide d?un consultant français. Il a fallu recommencer à zéro. Nous avons travaillé sur les valeurs, la mission, la vision et les stratégies du groupe.

Nos valeurs et notre mission sont des éléments qui ne vont pas changer. Elles constituent le socle sur lequel nous nous appuyons, et elles donnent un sens à notre existence. Nous avons choisi d?intégrer des valeurs dans le groupe afin d?aller dans une même direction et avoir des critères de comportement et des références au sein du groupe.

La vision, par contre, dépeint l?endroit où l?on souhaite aller. A partir de là, on dégage des stratégies. Celles-ci sont appelées à changer en fonction de l?environnement interne et externe de l?entreprise. Depuis un mois déjà, nous travaillons sur l?implémentation détaillée des stratégies et des plans d?action correspondants. Des équipes ont été constituées pour travailler sur les stratégies par rapport aux objectifs et aux sous-objectifs.

Nous avons aussi développé une image de groupe innovant et créatif. C?est cette image que nous avons présentée au public et à nos partenaires vendredi dernier.

Vous parliez de synergie. La consolidation des activités disparates peut, toutefois, aussi déboucher sur une synergie négative?

Je crois qu?il faut d?abord réfléchir positivement. Il faut être prêt à affronter des synergies négatives. Nous travaillons aussi sur des thèmes spécifiques, tel gérer l?ouverture vers l?extérieur. Nous nous ouvrons à différents types de risques. J?ai demandé à chaque unité de se tenir prête à toute éventualité. Les synergies négatives font partie de ces évènements qui peuvent se produire.

Quel est le fil conducteur qui va lier cet ensemble d?activités autrement hétéroclites ?

Nous nous sommes d?abord assurés qu?il y ait un alignement des valeurs par rapport à notre mission et à nos objectifs de groupe ? mais aussi des objectifs personnels de chaque employé. Nous prônons la ?transversalité?. Il s?agit là d?une notion qui va dans le sens d?une plus grande optimisation des ressources internes. Si demain il y a un problème dans une filiale du groupe, nous allons solliciter de l?aide auprès d?un autre membre.

Nous prônons aussi des valeurs de ?mauriciannité? sur l?ensemble du groupe. Cela, par exemple, est très visible au Preskil. Nous avons choisi une architecture créole. Les menus ont une touche très mauricienne. Il en est de même pour d?autres services et activités que l?hôtel propose à ses clients.

Chez Giblot Informatique, tous les logiciels ont intégré l?aspect légal mauricien. Plusieurs logiciels sont développés par des Mauriciens et pour les Mauriciens. Ce sont des valeurs qui nous permettent d?avoir une synergie positive en tant que groupe.

La tendance internationale va dans le sens du ?demerger? afin de libérer de la valeur aux actionnaires. En choisissant l?approche conglomérat n?êtes-vous pas en train de détruire, au lieu de créer de la valeur ?

Je ne suis pas de cet avis. Quand vous parlez de tendance internationale, vous faites sûrement référence à des sociétés qui sont d?une très grande taille. Peut-être que ces groupes ont du mal à se maintenir en tant que tel.

Le cas du Groupe Union n?a rien de comparable. Notre taille nous permet d?optimiser davantage la notion de groupe et de bénéficier d?encore plus de synergies et d?économies d?échelle. Cependant, il est clair que chaque corps de métier du groupe a sa propre spécificité. Nous allons gérer ces métiers de manière à ce que chacun d?eux puisse développer son propre plan stratégique. Le fait qu?ils soient en mesure d?élaborer des business plans leur permet d?évoluer dans un cadre spécifique.

Du coup vous vous retrouvez dans la peau d?un gestionnaire de portefeuilles?

Je ne me vois pas jouer ce rôle. Je pense que pour pouvoir gérer un groupe, il faut un leader. C?est le rôle qu?il m?incombe de jouer. Mon équipe de proches collaborateurs et moi allons tracer le chemin que nous devrions suivre. C?est fait de manière très professionnelle. Il y a des systèmes en place avec des objectifs à réaliser. A travers un mécanisme de reporting, je m?assure que mes collègues sont en train d?aller dans la bonne direction.

Comment expliquez-vous qu?il y a des clusters ? par exemple, celui de Union Investment ? où il n?y a qu?une seule société?

Puisque nous sommes dans une période de regroupement, nous avons créé le cluster même si c?était pour accommoder une seule entreprise. Certes, nous avons des projets de développement. Nous avons d?autres projets dans le domaine du tourisme. Nous prévoyons aussi des développements dans le secteur des services. Nous allons proposer une nouvelle approche pour nos prestations de formation chez Giblot Ducray Informatique, en offrant une pédagogie interactive. Nous allons étendre nos services de management consulting au-delà du textile.

Tous les clusters ont été réorganisés par rapport aux activités existantes, mais aussi par rapport à une volonté de développement.

Vous êtes en train de consolider une entreprise familiale à un moment où la bonne gouvernance fait débat. Comptez-vous souscrire au code sur le gouvernement d?entreprise qui vient d?être publié ?

D?abord, je dois vous dire que la bonne gouvernance est quelque chose de très positif. Elle va encourager davantage de transparence dans la gestion des entreprises. De notre côté, il fallait d?abord que nous apportions des résultats à nos actionnaires. Faire de la bonne gouvernance avant cette étape équivaut, à notre avis, à mettre la charrue devant les b?ufs. Nous allons maintenant nous atteler à mettre en pratique les normes prescrites dans le code. Je peux vous assurer que nous aurons atteint notre objectif à juin 2005, date butoir pour l?adoption complète des principes de gouvernement d?entreprise.

Propos recueillis par Akilesh Roopun

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