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?Il faut légiférer sur l?implantation des universités étrangères?

13 août 2003, 20:00

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Sous quel augure se présente cette nouvelle année universitaire ?

Nous mettrons les bouchées doubles pour faire avancer les grands projets de développement infrastructurel. Parmi eux, il y a la construction de l?Engineering Tower de l?université de Maurice (UM), la phase II du ?multimedia centre? du MIE, la rénovation de l?auditorium du MGI et la construction du bâtiment de l?UTM. La Tertiary Education Commission (TEC) a obtenu cette année une enveloppe de Rs 110 millions comme budget de développement. Par rapport au programme académique, les deux universités offrent cette année une vingtaine de nouveaux cours adaptés aux besoins du pays.

Près de 17 % des jeunes de 19 à 24 ans font des études universitaires à Maurice et à l?étranger. Est-ce suffisant ?

Le pourcentage est loin d?être satisfaisant. Nous devons viser la barre de 30 à 35 %, qui est la norme internationale. Les pays qui sont arrivés au même stade de développement économique que Maurice ? tels que la Malaisie et la Corée du Sud ? ont atteint ce nombre d?étudiants. La TEC s?est fixé comme objectif d?augmenter le taux actuel à un minimum de 30 % afin d?être au diapason avec les indicateurs internationaux.

Comment la stratégie de la TEC s?intègre-t-elle dans le projet du ?Human Resource Developement Bill? que l?Assemblée nationale a voté la semaine dernière ?

Le secteur tertiaire ne se limite pas qu?aux études dispensées dans les universités. Il englobe l?enseignement académique et la formation professionnelle. Nous avons beaucoup contribué dans les discussions menant à l?ébauche du projet de loi. La TEC est représentée dans le HRD Council mentionné dans le texte de loi. La TEC est partie prenante depuis quelques années dans cette stratégie pour la formation professionnelle. Nous mettons chaque année à jour la liste de ?priority studies? après consultations avec le secteur privé et le gouvernement. Ce conseil sera une plate-forme très importante car ce sera à elle de développer la stratégie appropriée pour la formation. Avec la participation de toutes les parties prenantes, nous pourrons bien planifier la formation dans les différents secteurs.

A quand ce ?corps régulateur? tant souhaité par la TEC pour un meilleur contrôle sur les centres de formation privés ?

Selon la loi en vigueur, c?est la Mauritius Quality Authority (MQA) qui est responsable de l?enregistrement des centres de formation privés. Elle doit aussi veiller à ce que ceux-ci opèrent dans les normes requises. La MQA est en train de compiler un registre de ces centres. Si les utilisateurs ne sont pas satisfaits du produit pour lequel ils ont payé, ils doivent adresser leurs doléances à la MQA.

Son contrôle s?étend t-il aussi aux universités étrangères ?

Il n?existe encore aucune législation spécifique concernant l?implantation d?universités étrangères chez nous. La TEC est consciente de cette lacune et a fait des recommandations à ce sujet au ministère de l?Education, où nos propositions sont à l?étude. Mais l?absence d?une loi ne veut pas dire que les promoteurs peuvent faire ce qu?ils veulent. Toute demande de permis d?opération doit ainsi être soumise au ministère, lequel nomme ensuite un comité pour examiner le projet. Le ministère décidera alors s?il accorde ou refuse le permis, et ce sur la base des recommandations faites par ce comité. Si nous voulons développer un ?knowledge hub?, il est impératif d?avoir un ?proper regulatory framework? pour l?ensemble de l?enseignement supérieur. Plus vite l?on se penchera sur la question et mieux ce sera.

Les universités étrangères se bousculent-elles à notre porte ?

Il y a quatre demandes en ce moment venant surtout de l?Australie et de l?Inde. Près de 58 universités étrangères offrent déjà des cours chez nous, soit directement ou à travers des agents.

Depuis 2000, on annonce la présentation d?un ?white paper on tertiary education?, mais il n?a pas encore été publié. N?est-il plus une priorité ?

La ?task force? instituée pour préparer ce livre blanc a déjà soumis une ébauche au ministre de l?Education. C?est à lui de voir s?il veut y apporter des modifications et au ministre de rendre public le document.

Ce livre blanc apportera-t-il des changements majeurs dans le secteur ?

Le tertiaire n?est jamais resté statique. Depuis l?ouverture de l?UM, nous avons fait beaucoup de progrès tant au niveau qualitatif que quantitatif. L?ouverture de l?UTM est une autre preuve que nous avons évolué. Chaque année, nous poussons un peu plus loin nos objectifs. Si nous voulons augmenter le taux de participation des jeunes aux études supérieures, nous devons apporter des changements majeurs pour nous réorienter. Cela s?avère nécessaire car nous voulons aussi être un ?player? pour la formation dans la région.

La ?Task force? s?est-elle intéressée au système actuel des bourses d?Etat ?

Nous avons fait des propositions à ce sujet dans l?ébauche. Nous voulons offrir plus de chances aux gens d?entreprendre des études supérieures. Il s?agit de l?argent des contribuables et nous devons l?investir d?une manière efficace.

L?intérêt des jeunes pour des études supérieures est plus important aujourd?hui. Mais la contrainte de l?argent les empêche d?aller plus loin?

Dans n?importe quel pays au monde, même les plus développés, tous les jeunes ne peuvent se payer des études universitaires. C?est pour cette raison que toute politique concernant l?éducation supérieure doit inclure des interventions ciblées, que ce soit de l?Etat, du secteur privé ou des ONG. Nous devons aller davantage dans cette direction.

L?UM se plaint souvent de manquer de chargés de cours dans certaines filières. Le problème est-il résolu ?

Les universités étrangères font aussi face à ce type de problème, surtout quand il s?agit des ?scarcity areas?. Tout problème a sa solution, il faut être imaginatif. On peut par exemple faire appel aux étrangers ou à des part-time lecturers.

Le projet du gouvernement de faire de Maurice un centre de formation pour la région est-il réaliste ?

Ce n?est pas du tout prétentieux. Le Premier ministre en a fait mention car il connaît la capacité des Mauriciens. Nous nous sommes lancés dans cette voie sans nous en rendre compte. Des étrangers étudient à l?UM et au SSR Medical College, sans compter l?existence de centres de formation régionaux comme l?Institut francophone d?entrepreneuriat, l?Université de l?océan Indien et les deux nouvelles écoles dentaires. Tout ce que nous devons faire, c?est d?identifier nos forces, comme le sont notre bilinguisme et la stabilité sociale du pays. Le plus important est de créer la confiance dans nos institutions. C?est pour cette raison qu?il faut une législation appropriée. Si les Etats-Unis, le Canada, l?Australie et l?Angleterre ont réussi, c?est parce qu?ils ont pris toutes les mesures pour gagner cette ?public confidence?.

Propos recueillis par Myette AHCHOON

?L?absence d?une loi ne veut pas dire que les promoteurs peuvent faire ce qu?ils veulent. Il faut prendre toutes les mesures pour créer la confiance dans nos institutions.?

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