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Il est soupçonné d?avoir tué sa concubine

23 septembre 2004, 20:00

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Découverte macabre. Sunita Bundhun, aussi appelée ?Tifi?, a été retrouvée morte dans une maison à Moka, pas très loin de celle de son concubin, Kaviraj Boodiah, hier. Ce dernier est depuis introuvable. Sur le corps de la victime, âgée de 22 ans, des ecchymoses...

Il est aux alentours de 18 heures hier. Deenuduth Bundhun, 55 ans, est assis devant son poste de télévision dans sa chambre. Il regarde l?émission Des Chiffres et des Lettres. Son épouse Soomawtee cuisine. Et le bulletin en hindoustani (samachar) est diffusé. On y annonce un drame à Moka. Il hurle de douleur : la victime n?est autre que sa fille, Sunita.

Sur les lieux du crime, à la Gentilly Branch Road, une tasse de thé attend d?être bue. A côté, un petit gobelet vide. Selon les enquêteurs, l?auteur de l?agression n?aurait constaté le décès que tôt hier matin et aurait déguerpi sans prendre son thé.

Un médecin du Service d?aide médicale d?urgence vient constater le décès. Après autopsie, aux alentours de 23 heures hier, le Dr Abdool Khalick Mohungoo attribue le décès à l?asphyxie. Rouée de coups, la jeune femme a rejeté sa nourriture et s?est étranglée en ravalant ses vomissures, explique le médecin légiste qui était assisté des docteurs Prem Chamane et Salim Saib, stagiaires.

Un avis de recherche a été lancé contre Kaviraj Boodiah, 36 ans, alias Roshan. Ce dernier travaille comme Technical Assistant à l?université de Maurice et vit séparé de son épouse. Sa fille, âgée de 10 ans, issue de sa première union, est également recherchée. Elle se trouvait en sa compagnie au moment de sa disparition.

La police s?interroge : s?agirait-il d?un cas de violence domestique ? A en croire ses proches, Sunita serait une femme battue. Les Bundhun expliquent que Sunita leur aurait fait part du mauvais traitement que son compagnon lui faisait subir. Ils affirment également l?avoir invitée à regagner le toit familial. Mais, disent-ils, elle n?en faisait qu?à sa tête.

A en croire, les Bundhun, Kaviraj Boodiah ?ti mari dan bez?. Pritam allègue que Kaviraj Boodiah privait sa s?ur de toute liberté depuis deux ans et demi. ?Li ti mari zalou. Mem kot nou li pa ti le mo ser vini?, explique le jeune homme.

?Brutalisée à plusieurs reprises?

Deenuduth Bundhun, les yeux rougis, évoque les blessures qu?aurait infligées Kaviraj Boodiah à sa fille à la fin de l?année dernière. Il affirme que des dépositions ont été consignées à la police pour plusieurs cas de brutalité.

La police est de son côté à l?affût d?indices. Le sub-inspector Rahoma, de la Central Investigation Division (CID) prend la déposition des proches de la victime, alors que la police de Moka, la CID de la région, la Major Crime Investigation Team inspectent les lieux. Le sergent Seeneevassen Pillay et le constable Rungbahadoor, respectivement photographe et dessinateur de la police, s?affairent de leur côté à prendre des clichés et des mesures sur le lieu du drame.

A Petit-Verger, Saint-Pierre, au domicile des Bundhun, les villageois sont attroupés. Sunita, cette passionnée de couture qui n?a fait que les petites classes de la primaire, sera enterrée cet après-midi.

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