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Il aurait tant voulu y être

12 août 2003, 20:00

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Avec son allure nonchalante, il tutoie le mètre quatre-vingt-dix. Jean-Michel Seesaft aurait pu être l?un des piliers de la sélection nationale de volley-ball qui briguera l?or du 29 août au 7 septembre. Mais sa priorité étant ailleurs, Jean-Michel a dû prendre ses distances de l?aire de jeux, ratant, du coup, les Jeux des îles, de surcroît sur ses terres. Des Jeux qui auraient dû être le sommet de sa carrière à l?âge de 26 ans.

?Dans la vie, il faut faire des choix. À contrecoeur certes, mais le boulot est plus important que le volley-ball?, regrette malgré tout l?ancien passeur du Port-Louis Red Star.

Produit du Centre national de formation, Jean-Michel Seesaft s?est forgé sa réputation grâce à sa polyvalence. Excellent attaquant, il était toujours mis à contribution par Fayzal Bundhun, l?entraîneur de la défunte Fire Brigade. Et il n?avait pas tort tant Seesaft était efficace et surprenait les adversaires. Son contre, nombreux sont les attaquants qui s?y sont cassés les dents. Il était devenu l?un des rares passeurs que les attaquants évitaient. Même en défense, il tirait son épingle du jeu. Bref, il était complet.

Quant à sa touche de balle, elle était tout sauf académique et esthétique. Mais elle était précise, c?est le plus important d?ailleurs. Adepte du jeu rapide et varié, Jean-Michel a été l?un des auteurs d?une des plus belles pages de l?histoire de la Fire Brigade. Son jeu faisait la force de cette équipe, vainqueur de la Coupe des clubs de l?océan Indien en 1999 aux dépens des Seychellois de Saint-Michel (3-1).

Quatre années se sont écoulées et tous les spécialistes s?accordent à dire que Jean-Michel avait sa place en sélection. D?ailleurs en novembre dernier, le Team Manager, Sylvio Sadien, l?avait rappelé. ?J?ai dit oui. C?était normal car je voulais jouer devant mon public. Mais je me suis rendu compte que le boulot ne me le permettra pas?, relate Jean-Michel Seesaft.

Employé à la sucrerie de Belle-Vue, le volleyeur de Grand-Gaube digère mal son éloignement de la compétition en cette année des Jeux : ?Quand je vois les copains à la télé ou dans les journaux, j?ai les larmes aux yeux. Tout ça me manque, les entraînements, les matches et les copains.?

Le drame en fait, c?est que Jean-Michel Seesaft, aussi talentueux qu?il puisse être, pourrait ne jamais connaître les Jeux des îles. Il a 26 ans et dans quatre ans, à 30 piges, ses chances risquent d?être minimes après autant d?inactivité.

Néanmoins, ses Jeux à lui se dérouleront dans les gradins. Mais là aussi, ce n?est pas gagné d?avance. ?La semaine pendant laquelle se dérouleront les Jeux des îles, je serai au boulot depuis l?après-midi jusqu?au matin. Donc il va falloir que je trouve une solution. Je dois aller voir ça. À la limite, je dois assister à la cérémonie d?ouverture?, souhaite-t-il.

S?il ne fera jamais les Jeux des îles, Jean-Michel s?applique néanmoins à ce que la relève soit assurée. Son fils Armand n?a que 18 mois et il s?est déjà mis au volley.

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