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Il achève sa mère à coups de poing

15 octobre 2005, 20:00

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Nul ne semble surpris par la mort de Soupauwtee Kisto, 69 ans, survenue mardi. L?entourage de cette famille de Rivière-du-Rempart savait que le fils de Soupauwtee, Vishwaraj, 43 ans, l?aurait tuée un jour ou l?autre.

Ce laboureur était l?archétype de la brute épaisse. Dès qu?il avait ingurgité quelques topettes de rhum, il se transformait en M. Hyde, balayant tout sur son passage à coups de poing. Et depuis toujours ce grand costaud avait un sale caractère. Sa femme l?a d?ailleurs quitté parce qu?il ne cessait pas de la passer à tabac. « Move mizer monn pase ar li. Monn gaign telma bate ki mo ti bizin boir ek pike », se souvient l?épouse de Vishwaraj.

En 1991, il était en train de la rosser, chez eux à Roches-Noires, quand il s?en est pris à Soupauwtee, qui voulait intervenir. Il l?a frappée à la tête si fort qu?elle a dû être hospitalisée plusieurs jours.

Même s?il a échappé de peu à la prison pour coups et blessures, et a été abandonné par sa femme et leur fille aînée, Vishwaraj n?a pas changé de comportement pour autant. À cette même époque, il est mis à la porte par le manager d?une usine textile de La Clémence parce qu?il a osé cogner son propre père, Roopall, qui y travaillait comme cleaner.

Depuis, Vishwaraj a eu deux autres compagnes qui l?ont également quitté parce qu?il avait la main lourde. L?une d?elles est même allée jusqu?à l?accuser d?attouchements sur sa fille.

Il déménagera de Roches-Noires pour Petite-Julie, située dans le district de Pamplemousses, à cause d?une énième dispute avec des proches. Pendant dix ans, Vishwaraj vivra avec ses deux benjamins, Sandeep et Karishma ? issus de son premier mariage ? aux côtés de sa mère sur le terrain dont elle a hérité.

Aux crochets de sa mère

Pour les élever, Vishwaraj tente de gagner sa vie comme saisonnier. Mais le hic, c?est qu?il fait la grasse matinée, va boire du rhum à la boutique du coin et vit aux crochets de sa mère, séparée depuis trente ans de Rooplall, son époux.

Tard lundi soir, Vishwaraj rentre, comme d?habitude, presque ivre mort. Il est très remonté contre Sandeep, 15 ans, le brutalisant parce qu?il s?est rendu au temple sans son consentement. Il jure, frappe Soupauwtee, l?accusant de mal élever son fils et fait tellement de bruit que les voisins lui demandent de se taire.

Fou de rage, il lance à Soupawtee : « Dir bann la pas zot zafer sa, pa rant la dan ». La pauvre, déjà sonnée par les coups de poing qu?elle a reçus, ne réagit pas assez vite pour lui. Et de la battre.

C?en est trop pour les voisins qui alertent la police. Il est alors plus de 22 h 30. Les policiers arrivent. Trop tard. C?est enveloppé dans une couverture blanche que le corps de Soupauwtee quittera sa case. Embarqué à son tour, Vishwaraj tente de faire croire que sa mère est tombée et qu?il l?a mise au lit? alors qu?elle a le visage enflé et du sang qui sort de sa bouche. Elle mourra sept heures plus tard à l?hôpital du Nord.

L?autopsie du médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin révélera les dégâts irréparables qu?il a causés au corps fragile de sa mère. La pauvre a eu le visage en charpie, le cou fracturé, douze côtes cassées et une artère sectionnée par la violence des coups. Même si la police était intervenue quand les voisins l?ont appelée, Soupauwtee n?aurait pas survécu. Expliquant leur non-assistance à personne en danger, les voisins expliquent que c?était une affaire familiale et que « personn pa ti anvie rant ladan ».

L?enquête ouverte par la CID de Terre-Rouge, et supervisée par le surintendant Kamatchi, montre que Vishwaraj est responsable de la mort de sa mère. Et les témoignages de ses enfants sont accablants. « Mais c?est un type malin. Il a étudié jusqu?à la Form V et a essayé d?intimider ses enfants lors de la reconstitution des faits », commente un enquêteur.

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