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Idées reçues sur les journalistes
?Tous les mêmes, ces journalistes !? Ils ont mauvaise réputation, on se méfie d?eux et cela ne date pas d?hier. Doute, méfiance, soupçon et accusation pèsent lourdement sur eux.
Elizabeth Martichoux a publié dans la collection idées reçues chez l?éditeur Le Cavalier Bleu, un petit livre qui porte un titre qui devrait interpeller plus d?un (surtout en cette période de chaudes opinions), Les Journalistes (disponible à la médiathèque Centre Charles Baudelaire à Rose-Hill). Dans cet ouvrage d?une centaine de pages, de ?comment devient-on journaliste ?? à ?l?avenir des journalistes?, en passant par leur pouvoir et soupçon au quotidien, elle cherche à comprendre la raison d?être des clichés, des ?on-dit?, des ?prêt-à-penser? collectifs, bref, des idées reçues qui frappent les journalistes et leur profession. Son objectif : apporter ?un éclairage distancié et approfondi sur ce que l?on sait ou croit savoir? sur ce métier devenu aujourd?hui presque impossible mais nécessaire.
Les reproches souvent adressés aux journalistes sont multiples, comme le rappelle l?auteur : une certaine ?cécité collective? face à des faits d?actualité politique surtout par temps des élections, un certain ?uniformisme? de pensée et un certain manque d?esprit d?indépendance les empêchent de voir clair et les poussent, dans la foulée, à donner aux perdants la victoire à l?avance. On les accuse de connivence, de proximité, bref, de complicité avec le pouvoir en place, avec tel parti politique, avec telle institution, avec tel annonceur ou avec tel parraineur. On leur reproche une certaine incapacité à se remettre en question tout en oubliant qu?ils sont sur le même terrain d?action que les politiques et, comme le disait Frantz-Olivier Giesbert, directeur de la rédaction du Point, ?il n?y a pas moins journalistique que connivence?.
Dépassés souvent par le traitement de l?information en temps réel, les journalistes s?imposent un rythme de transmission de l?information ? une difficulté supplémentaire, selon Elizabeth Martichoux, qui les engage tantôt par le silence sur certaines affaires jugées graves, tantôt par l?emballement médiatique sur d?autres affaires de nature élémentaire. Toutefois, de même ils perdent souvent le nord sous l?effet d?une fièvre médiatique spectaculaire, ils ont, reconnaît-elle, quelque peu perdu leur mission éducative surtout en ce temps où l?audimat s?impose à la rédaction. Certes, explique-t-elle, ?nous ne sommes plus au temps de la Rochefoucauld qui parlait des journalistes comme la sentinelle du peuple?. C?est dire combien, quelque part, en servant la vérité, ils dévoilent par la même occasion les réalités de leur métier et ses illusions perdues !
La conclusion d?Elizabeth Martichoux n?a rien d?étonnant : les journalistes sont toutefois les rares professionnels à s?interroger sur eux-mêmes et sur leur manière de faire. Selon elle, ils sont les premiers à se traduire en justice et ne réclament aucune directive de la part d?un quelconque donneur de leçon de tout poil, (comme ce ?frère justicier?, odieux personnage frustré, qui prétend tout savoir sur ?l?éthique journalistique? et qui publie à demi-mots dans la presse locale ce qui ressemble plutôt à un règlement de compte déguisé?)
Elizabeth Martichoux, Les Journalistes, collection ?idées reçues?, éd. Le Cavalier Bleu, 128 p., disponible à la médiathèque Centre Charles Baudelaire, Rose-Hill.
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