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Ianoukovitch refuse de partir

5 décembre 2004, 00:00

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La reprise des négociations entre l?opposition et le pouvoir est suspendue à la décision de la Cour suprême, qui continue d?examiner la validité du deuxième tour de l?élection présidentielle. Malgré l?adoption d?une motion de censure contre lui, le Premier ministre, Viktor Ianoukovitch, vainqueur de l?élection controversée, refuse de quitter ses fonctions et a, à son tour, dénoncé des irrégularités électorales auprès de la Cour suprême. Les deux camps se sont réunis en présence de différents médiateurs étrangers et ont accepté de libérer les accès aux bâtiments administratifs.

L?Ukraine se dirigeait vers l?invalidation de la présidentielle, le vainqueur officiel du scrutin ayant à son tour demandé l?annulation du scrutin, mais les positions des deux camps se radicalisaient alors que le Parlement a voté la destitution du gouvernement de Viktor Ianoukovitch.

Vers un nouveau scrutin

Le Premier ministre, Viktor Ianoukovitch, officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle, a porté plainte devant la Cour suprême pour réclamer l?invalidation du second tour en dénonçant des fraudes dans l?ouest du pays, favorable à l?opposition. Le candidat de l?opposition, Viktor Iouchtchenko, ayant lui aussi demandé l?invalidation du second tour devant la Cour, qui examine ces plaintes. Il semble de plus en plus probable que l?Ukraine se dirige vers un nouveau scrutin.

Rien pourtant ne laissait présager une sortie de crise, les positions des deux camps restant diamétralement opposées. Le président sortant, Leonid Koutchma, comme son dauphin désigné, M. Ianoukovitch, considère impensable de rejouer le seul second tour. Ils seraient en revanche tous deux prêts à reprendre le processus électoral depuis le début, ce qui ferait traîner les choses pendant de longues semaines.

Le Parlement a voté la destitution du gouvernement de Ianoukovitch, une importante victoire pour l?opposition, qui accentue encore la pression sur le pouvoir. La motion de censure, demandant également au président sortant, Leonid Koutchma, de former « un gouvernement populaire », a été adoptée de justesse par 229 députés, pour une majorité requise de 226 voix.

Selon la Constitution, le Premier ministre doit maintenant présenter sa démission au chef de l?état qui doit signer la destitution du gouvernement et former, avec un nouveau Premier ministre, un gouvernement dans les 60 jours. « Je ne reconnaîtrai jamais aucune décision prise sous la pression », a déclaré M. Ianoukovitch. « Cette décision est politique et illégale. Le gouvernement continuera de travailler. Je suis toujours Premier ministre ».

2004 Le Monde ? AFP et Reuters Distribué par The New York Times Syndicate

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