Publicité
Hypertension
Encore un de ces titres français que les distributeurs finissent par nous infliger, faute de pouvoir trouver un équivalent pour un film non francophone. Dans de tels cas, bien souvent, l?originalité et la saveur du titre original s?en trouvent complètement gâchées, ou alors, le titre démontre la plus totale ineptie de la part du ?traducteur ?. Ce n?est pas que Hypertension soit un mauvais choix pour le titre du film de Mark Neveldine et Brian Taylor, c?est juste que ce titre se limite à n?être que fonctionnel. Dans ce film, Jason Statham, en tueur à gages voulant raccrocher, doit impérativement sauver sa petite amie qui ignore tout de sa profession et régler son compte à un concurrent qui lui a injecté un poison mortel. Cela en moins d?une heure, car c?est le temps qu?il lui reste à vivre. On devine qu?il y sera beaucoup question de tension, comme l?annonce le titre en français. Mais, le titre original nous donne lui, une idée du plus que nous offre le film : Crank, comme ?excentrique?en langage populaire. Dans le cas présent, on dira plutôt ?déjanté?, ?tordu?, ou même ?complètement barge ?. Car, astuce scénaristique, les effets du poison en question peuvent être ralentis par des poussées d?adrénaline chez le sujet. Ce qui vient donner tout son piquant à ce film, qui autrement n?aurait été qu?un banal film d?action de plus.
Hypertension n?est pas un film pour drogués, ni un film de drogués (du moins, on l?espère pour ses auteurs), mais certainement un film drogué. Pour rester énervé ? et donc en vie ? par tous les moyens possibles et imaginables Jason Stratham pique de grosses colères, cherche la bagarre et absorbe toutes sortes de substances allant des excitants ordinaires (genre ?boisson énergisantes?) à la cocaïne et l?épinéphrine. Et c?est ainsi que Mark Neveldine et Brian Taylor sont parvenus à faire un film dont l?action elle-même est complètement hallucinée, comme sous les effets combinés de toutes ces substances. Les réalisateurs n?ont pas mis au point un nouveau langage cinématographique (ce film n?a d?ailleurs rien de révolutionnaire, à proprement parler). Ils ont simplement utilisé au mieux ce qui se fait déjà en faisant preuve d?imagination et d?un certain esprit d?à propos. Les images, par exemple, se réfèrent constamment à l?univers des jeux vidéo, notamment à la série Grand Theft Auto.
Tout film d?action se prenant au sérieux en aurait pâti ; Hypertension joue justement sur l?aspect irréel de ces images pour donner cette impression d?état second et nous adresse par la même occasion un clin d??il pour nous faire savoir que tout cela n?est pas à prendre au sérieux. Ce qui est aussi le moyen le plus sûr de faire passer les situations les plus délirantes ; Mark Neveldine et Brian Taylor qui signent aussi le scénario, s?en donnent à c?ur joie. Ceux qui ont vu le film penseront à la séquence dans laquelle Jason Statham (pourchassé par la police et par les truands) à moto et en robe d?hôpital, postérieur au vent, se met debout les bras en croix sur sa moto avec la chanson ? Everybody?s talking? (du film Midnight Cowboy) comme musique d?accompagnement. Une autre scène restera évidemment dans les mémoires : celle où le héros et sa petite amie (Amy Smart) font l?amour en pleine rue sous les applaudissements d?une foule de passants et de touristes. Intercaler action musclée et comédie aurait été trop facile et à la portée de n?importe quel réalisateur compétent. Mark Neveldine et Brian Taylor parviennent eux, à superposer les deux, ce qui confirme cette impression d?un film ?sous influence? et aussi leur savoir-faire.
Publicité
Publicité
Les plus récents