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Hymne à la Grèce

5 juillet 2004, 20:00

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La presse grecque a, comme prévu, élevé hier un véritable hymne à sa sélection et a appelé les Athéniens à accueillir les héros hier soir au stade panathinaïque, qui accueillit les premiers Jeux olympiques modernes de 1896.

Toutes les Unes s’étalaient sur deux pages, montrant le capitaine de l’équipe grecque, Theodoros Zagorakis, soulever la Coupe Henri-Delaunay dans le stade da Luz de Lisbonne. Plusieurs journaux ont également repris le mot historique, en grec ancien, “Nenikekamen”, qui veut dire “Nous avons gagné”, lancé par Philippides après la victoire des Grecs sur les Perses à Marathon en 490 avant J.C.

Le journal Apogevmatini estime que la victoire marque “la fin de notre solitude nationale”. Il souligne que “ce succès doit trouver sa suite dans le Mondial et pour ce faire... il faut que le championnat grec change radicalement”.

“Au sommet de l’Europe, ils ont soulevé la Grèce”, relève le journal Eleftheros Typos. Dans une grande manchette, Elefthérotypia, pour sa part, titre “Grèce, je t’aime”, “La Grèce, le mythe de l’Europe”. Le journal Ta Nea parle “d’un rêve incroyable” et d’une leçon pour l’establishment européen et pour les équipes de stars milliardaires. Le journal Ethnos demande, lui, en une, “faites tomber les murs ! Nos enfants reviennent champions d’Europe”.

La presse européenne, de son côté, a salué comme “incroyable mais juste” la victoire “altermondialiste” de la Grèce dans l’Euro 2004. Si les références aux dieux de la mythologie étaient légion, nul ne les accusait d’être tombés sur la tête. Les seules divergences portaient sur la qualité du jeu, décevant pour les uns, d’une dramaturgie palpitante, voire exemplaire, pour les autres.

Le quotidien suédois Dagens Nyheter a, au mieux, résumé l’opinion dominante en Europe : “Appelez cela un chamboulement, appelez cela une onde de choc ou une sensation mais ne dites surtout pas que la victoire n’était pas méritée”.

À Madrid, As a souligné le “triomphe de l’humilité”. Mais Marca a qualifié le tournoi de fiasco. “Des équipes aussi monocordes et ennuyeuses que la Grèce sont candidates au triomphe. Mauvaise époque pour la poésie”, s’est-il lamenté. El Pais, s’est au contraire réjoui de la leçon qui “signifie que l’argent n’est pas l’explication ultime et unique du football”.

À Paris, Le Figaro a jugé cet Euro “spectaculaire, riche en surprises”. L’Équipe a aussi mis en valeur “la surprise du siècle” et souligné que la Grèce avait “étonné avec des vertus qui devront faire réfléchir les grandes nations traditionnelles du football”. Le quotidien sportif a témoigné de son admiration au nom de “ceux qui voient encore le football comme un sport d’équipe” et remis à plus tard “les éventuelles réserves qui s’attachent à son style”.

À Rome, le Corriere della Sera a déploré “le plus laid championnat d’Europe jamais vu, remettant à l’ordre du jour un football férocement défensif”. Opinion partagée par la Gazzetta dello Sport pour qui “le championnat européen “le plus fou du monde” a eu pour vainqueur “le dernier de la classe”.

À Berlin, Bild a surtout glorifié Otto Rehhagel, l’entraîneur allemand des vainqueurs. Il en a tiré la leçon “qu’un sélectionneur doit se fier à des jeunes joueurs qui ont faim plutôt qu’à des stars rassasiées”.

À Londres, le Times a jugé que les Grecs resteraient “comme les champions d’Europe les plus inattendus et les moins attrayants de l’histoire” mais admet, que “personne ne peut dire que la Grèce ne méritait pas son triomphe”.

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