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Hyacinthe ne simplifie pas les complications de Claudette

21 janvier 2005, 00:00

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L’on dit qu’il faut souvent choisir entre peste et choléra. Laissons pour l’instant ces deux fléaux politiques pour nous préoccuper de la forte poussée de typhoïde, notée, après Claudette, dans les faubourgs nord de Port-Louis. La presse gouvernementale précise même qu’elle est contenue dans le périmètre entourant Roche-Bois. En attendant, elle a déjà fait un mort, un adolescent en l’occurrence. L’hôpital civil confirme la détection de 13 autres cas. Une cinquantaine de malades, présentant des symptômes inquiétants, demeurent sous observation.

Les caprices et autres fantaisies cycloniques de Hyacinthe n’arrangent guère la situation. La station météorologique de Vacoas enregistre 45 cm de pluie entre le 15 et le 20 janvier 1980. A Terre-Rouge, la chute d’un arbre sur la chaussée endommage un véhicule. Les routes, déjà gravement endommagées par Claudette, se détériorent jour après jour, multipliant les nids-de-poule, rendus encore plus dangereux par le fait que les routes sont souvent inondées. On devait se farcir, à l’époque, un coaltar de très mauvaise qualité, acheté dans des circonstances pour le moins douteuses. Les tentes américaines n’ont guère résisté aux bourrasques ni aux grosses averses. Les sinistrés, qui y ont été logés, les désertent à la première alerte et accaparent d’autant les salles de classe servant de centres de refuge. Le pire est que Hyacinthe tourne en rond au-dessus des Mascareignes.

Les misères mauriciennes, causées par Hyacinthe, sont cependant peu de chose comparées aux malheurs enregistrés à la Réunion. Les intempéries y ont causé quatre morts, tous des enfants, et ont fait une dizaine de blessés devant être hospitalisés. Le réseau routier est emporté en plusieurs endroits et nombre de véhicules ont été emportés par les eaux torrentielles dévalant des flancs de montagne. La Réunion compte déjà 500 sans abri.

L’hôtellerie continue à panser les plaies occasionnées par Claudette. L’Isle de France se déclare “pulvérisé”. L’Etoile de Mer se plaint de pénurie d’eau et de légumes. A Merville, ravitaillement et informations radiodiffusées ont fait défaut. L’hôtel Trou-aux-Biches n’arrive pas à varier les plats offerts à la clientèle. Le Maritim fait enlever l’équivalent de 50 camions de sable. Le Saint-Géran accomplit un travail de titan dans la bonne humeur et avec un esprit d’équipe irréprochable. La MGTO (l’ancêtre de la MTPA, avec Cyril Vadamootoo à sa tête, Régis Fanchette étant en poste à Madrid) enquête auprès des visiteurs étrangers à Plaisance et prépare sa participation à trois foires internationales. La situation n’est pas trop mauvaise puisque l’hôtellerie mauricienne reçoit Yves Saint-Martin et le pianiste-humoriste Peter Maxwell. Elle attend, en février, le leader du groupe “Space”, Didier Marouani.

Place à présent à un peu de presse “People”. Madhurkarlall Baguant devient secrétaire financier. Rhundeersingh Bheenick le remplace comme directeur du Plan. Il aura pour assistant J.P. Coopamah. Philippe Hein accepte un poste aux Nations unies. Asit Boodhoo, fils de Suresh, haut cadre de la météo, fait parler de lui. A cinq ans, il parle le hongrois, le russe, l’hindi, le bhojpuri, le créole et un peu d’anglais et de français. Il est le neveu d’Harish Boodhoo. La presse s’apitoie toujours sur le sort d’un policier, interdit de fonction parce qu’il ne veut pas se défaire de sa barbe. Triste aventure par contre pour un garçonnet de Laventure. Il chute d’une charrette et une des roues lui fracasse la tête. Il ne survit pas à ses blessures.

Alain Gordon Gentil échoue dans sa noble tentative de faire un aparté avec le commun des mortels. Vaines sont, en effet, ses tentatives d’interviewer le tout venant. Il refuse obstinément de se reconnaître homme de la rue. Piéton peut-être mais pas homme de la rue. Il promet de se plaindre à qui de droit. “Ce n’est pas gentil de me prendre pour un simple quidam”, proteste-t-il.

Marcelle Lagesse fait ses délices d’un article de Paul Guth, publié dans un numéro de Réalités de 1954. Le célèbre naïf recommande aux enfants de prendre exemple sur les personnages historiques suivants : - Cincinnatus refusant d’être nommé Premier consul, Epictète, saint Louis, Jacques Cœur qui croyait en la co-existence de la morale et de la haute finance, Bayard, abattu d’un coup d’arquebuse, l’arme des lâches parce qu’elle permet de tuer à distance, Michel L’Hospital, le juge impartial, Goethe préférant qui balaie devant sa maison aux théoriciens de la félicité universelle, Pasteur pour qui une journée sans travailler est un vol, Nobel qui sert la guerre en pensant servir la paix, Mermoz, toujours au-dessus de nous, Guillaumet dixit. L’inoubliable auteur de “La diligence s’éloigne à l’aube” demande à bon escient s’il est juste de faire des recommandations si valables aux seuls enfants ?

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