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Husband in Fire
Comme tout le monde, j?ai suivi depuis le mois de février l?affaire qu?on a appelée l?affaire MCB-NPF dans la presse. Comme tout le monde, elle m?a donné froid dans le dos. Comment une telle chose ( et ce qui a suivi) pouvait-elle se passer dans mon pays ! Mais en plus d?être un simple citoyen, je suis aussi actionnaire et client de la banque. A ce titre, je suis donc sensible non seulement au fait que la banque ait gardé sa bonne santé malgré ce scandale ? depuis le début de l?année, sa cote boursière n?a pas cessé de progresser de même que le niveau des dépôts ? mais également au fait que beaucoup de choses ont été dites ou faites qui ont contribué à noircir à tort la banque. A l?issue de ces neuf mois, les faits se dégagent avec plus de netteté. Je pense qu?il faut souligner à l?attention du public.
- Je m?appuie d?abord sur les conclusions du rapport Kroll. Après étude, la firme de forensic auditing, l?une des meilleures au monde, est arrivée à la conclusion suivante : c?est un cas de vol effectué par un employé qui a abusé des contrôles internes dans le dos de ses collègues. Il faut croire que Kroll sait ce qu?il dit : avec la réputation qu?il a, si l?accès aux moindres données relatives à cette affaire lui avait été le moindrement interdit, on l?aurait certainement entendu donner de la voix. Cela n?a pas été le cas.
Pourtant, certains ont voulu mettre en doute la fiabilité de ces conclusions. Elles ne peuvent être acceptées, ont-ils dit, parce que c?est la MCB qui paie le cabinet. Leur point nous semble fort farfelu. Ils oublient un fait : ce sont les directeurs qui ont commandité le rapport. Si l?argument de ces médisants avait quelque logique, aucun avis d?auditeur, aucun avis de médecin, aucun certificat de fiabilité d?ingénieur ne peut plus être accepté dans la mesure où les services ont été payés par le commanditaire ! En d?autres mots : le professionnalisme indépendant n?existe pas. Ce n?est pas à leur honneur de défendre cette thèse : ils risquent de donner à penser que c?est là leur propre façon d?opérer?
En somme, dans cette affaire, on aura vu se dégager un clan très distinct, celui de ceux qui ?souhaitent? que la MCB soit coupable. Quand leurs souhaits ne concordent pas avec les faits, ils se mettent à douter de la crédibilité professionnelle des uns et des autres. On les aura entendu attaquer Kroll ou égratigner la Banque centrale, ou s?appuyer sur Moody?s et NTan, en ?prévoyant? ce qu?ils pourraient dire ? ils risquent à notre avis d?être bien étonnés? ? ou encore applaudir l?Icac.
- Mon second point sera précisément la démarche de l?Icac. Avec le recul, deux facteurs me portent à croire que tout le tapage occasionné par l?institution autour de cette affaire aura fait davantage de tort à l?Icac elle-même qu?à la banque?
D?abord, l?institution n?a pas démontré beaucoup de cohérence. A ce que l?on sache, l?Icac a un mandat limité à la corruption d?une part et au blanchiment d?argent de l?autre. Or, au bout de près de dix mois d?enquête, elle n?a rien trouvé en termes de corruption et a accusé M. Lesage de ?blanchiment d?argent?, M. Noël de ?conspiration de blanchiment? AVEC M. Appasamy( que l?on a même pas interrogé à ce stade) et M. Forget du délit inexistant de ?failure to report? une transaction douteuse (en appel). Ce n?est pas très impressionnant, d?autant que, comme plusieurs fois souligné déjà, on ne peut pas ?blanchir? de l?argent propre, qu?il s?agissait plutôt ici de ?noircir? de l?argent initialement propre (celui de la NPF). Tout cela, en somme, nous amène à ce que l?on sait : que c?est un VOL.
D?autre part, nous aimerions bien savoir ce qu?est advenu de l?enquête de l?Icac. Que nous vaut ce silence ? A-t-elle perdu le fil de cette enquête ? Où en sont ces interrogatoires qui bénéficient généralement de grands renforts d??effet d?annonce? grâce à des journalistes amis ? L?Icac s?est-elle rendu compte qu?elle s?est trompée ? Où est son ?prima facie case? ? Elle ne peut laisser traîner le doute encore longtemps. Ce n?est pas professionnel. Si ces banquiers sont des filous, il faut qu?ils rendent des comptes au plus vite. Qu?est-ce que l?Icac attend pour conclure, sur ses théories notamment, dont les ?wild and unfounded allegations? dénigrées depuis par M. Teeren Appasamy ? L?enquêteur responsable du dossier, M. Roshi Bhadain, ne doit-il pas expliquer, justifier la démarche adoptée jusqu?ici, et endosser la responsabilité de tout ce qu?il a déclenché depuis la double arrestation du General Manager de la MCB et de son assistant? Quant à l?autre enquêteur, M. Andrew Stephenson, on ne comprend pas pourquoi il ne fait plus partie de l?équipe, s?il donnait satisfaction?
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L?argument principal de ceux qui n?avalent toujours pas les explications de la banque, c?est que M. Lesage n?a pas pu agir seul. C?est tellement énorme en effet, que c?est difficile à croire. Pourtant, pensez à l?affaire Kennedy et à tout ce qu?on a pu dire, de même, sur l?éventualité d?une conspiration. Mais les faits sont là : son assassin a bien agi seul. La commission Warren de l?époque le disait déjà. Le House Select Committee on Assassinations est tout autant catégorique. La chaîne ABC, à l?occasion du 40e anniversaire de la mort de John Kennedy, a conclu dans la même direction. Qu?en retient-on ? Que face aux théories, il n?y a que les faits qui tiennent, même s?ils sont parfois incomplets ou sujets à interprétations diverses. Dans le cas MCB-NPF, le ?main case? de la MCB a aligné plus de 2000 pages de faits. Et en face, que des allégations, des insinuations, des mensonges? Dans la vie, il faut parfois choisir entre Earl Warren et Oliver Stone, entre le méthodique et le sensationnaliste...
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Le changement d?attitude des médias donne aussi à réfléchir. Dans un premier temps, souvenez-vous, ils ont tous accrédité la thèse des complicités internes au plus haut niveau de la banque, certains gardant il est vrai une certaine mesure. On les aura donc vu ouvrir leurs colonnes aux déclarations de tous les intervenants de l?affaire, y compris les bénéficiaires principaux. A une exception près, cette presse a ensuite cessé de croire à tout prix la MCB coupable. Devant le manque de preuves des uns ou les mensonges réguliers des autres, elle leur a tout simplement fermé colonnes et ondes. C?est symptomatique ! Les théories les plus diverses ont fini par crouler sous le poids d?hypothèses invérifiées et-ou invérifiables et-ou démontées pièce par pièce. Que penser de ceux qui persistent à donner audience à ceux qui ont été largement démonétisés, à pervertir les faits pour salir, gêner, et blesser gratuitement ? Il faut constater leur mauvaise foi et s?interroger sur leurs motivations. Est-ce que cela vend du journal de toutes façons ?
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Les faits, puisque nous devrions nous y limiter, c?est que Rs 632 millions ont bien été volées. Et dans une banque, ce qui dépasse tout entendement ! En tant qu?actionnaire, je ne vous le cache pas : je suis très fâché. J?ai beau me raisonner, me dire que ce n?est pas le seul cas de banque pillée de l?intérieur. Il y a bien eu la HSBC de Monaco et les dépôts de Schumacher, Nick Leeson chez Barings et Simon Clubley de la Barclays de Northampton? Et puis, si un président des Etats-Unis a pu être assassiné, malgré toute la protection dont il faisait l?objet, si le Pentagone a pu être attaqué un certain 11 septembre? Je reste néanmoins insatisfait. Je compte bien veiller que les mesures de redressement et de récupération promises soient prises, m?assurer que les chances que cela se reproduisent soient nettement diminuées. C?est clair, les systèmes humains ne sont pas infaillibles, par définition. Rendre de tels actes de pillage impossibles relève de l?utopie pure. Mais il faut tout mettre en oeuvre autant que faire se peut pour éviter qu?ils ne se renouvellent.
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C?est pour cela que des trois enquêtes sur l?affaire MCB-NPF, la seule pour l?heure qui vaille qu?on s?y attarde, c?est celle de Kroll. Limpide, elle s?est terminée positivement par une série de recommandations de renforcement des systèmes et de la culture de contrôle interne à la banque. La deuxième enquête, comme on l?a vu plus haut, s?accroche de manière précaire et non étayée à une accusation de blanchiment d?argent alors qu?il s?agit manifestement de vol. Enfin, la troisième, celle de NTan se fait attendre. Elle ne sera vraisemblablement pas publiée. Mais si l?on y réfléchit, ne peut-on pas en quelque sorte en deviner l?issue. Car si NTan avait établi de la culpabilité ou une incompétence caractérisée ? personne n?étant infaillible! ? aux plus hauts échelons de la MCB, ne l?aurait-elle pas déjà fait savoir à la Banque centrale ? S?il l?avait fait, le conseil d?administration de la MCB aurait été invité à prendre les mesures nécessaires et à licencier qui de droit, cela ne fait aucun doute. Mais il ne l?a pas fait. Que conclure alors ? Que le gouverneur, son Managing Director et leurs équipes d?inspecteurs sont des incapables ou des pourris? Ou se satisfaire des faits ?
Je reste personnellement persuadé que les banquiers de la MCB sont honnêtes. Leur dignité et leur sérieux face à cette déferlante, neuf mois durant, m?en ont convaincu. C?est sans doute l?une des raisons pour lesquelles j?ai hâte que l?Icac, d?abord, mais aussi la police, le Crown Law Office, la Banque centrale disent enfin ce qu?il en est vraiment, les preuves à l?appui. Il faut vite trancher en faveur de la vérité, bon sang! Avec ce flou qui s?éternise, c?est la crédibilité du pays et de ses institutions qui en pâtit. Et notre situation, qui est déjà passablement ?husband in fire?, risque, avant longtemps, de se muer en? ?husband gopia? !
O.S.
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