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Hung Min Marketing doit évacuer le port franc

13 juin 2005, 00:00

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Les tribulations de deux compagnies proches de Hung Min Shipping continuent. Après Fish Processors Ltd (FPL), c?est au tour de Hung Min Marketing Ltd (HMM) d?être sommée d?évacuer le port franc, dans un délai de trois mois. Le Board of Investment (BOI) et le service des douanes ont donné des directives en ce sens.

Le permis d?opération de HMM dans le port franc a expiré à la mi-mai. Il n?a pas été renouvelé en raison des conclusions de l?enquête de police et de la douane sur leurs exportations frauduleuses de thon vers l?Europe, notamment la France et l?Italie. Ce scandale a révélé les ramifications des affaires de Christian Wang Min Yung. FPL, ne détenant pas de permis d?exportation, avait utilisé frauduleusement les étiquettes de Seskel Enterprises Ltd (SEL), une compagnie qui lui est complètement étrangère, pour exporter ses produits. Le montant de ces fraudes est d?environ Rs 1 milliard pour plus d?une cinquantaine d?exportations faites sous le couvert de faux certificats EUR 1 utilisés par ces compagnies.

Le BOI et la douane ont demandé à la Mauritius Freeport Development Co Ltd (MFD) de prendre des dispositions pour que HMM puisse évacuer l?espace qu?elle occupe dans ses locaux à Mer- Rouge. La raison en est l?absence de permis d?opération. Tel est le cas pour FPL également : son permis d?opération dans le port franc n?a pas été renouvelé à son expiration à la fin de novembre 2004.

C?est à la fin d?octobre 2004 que les autorités vétérinaires italiennes avaient saisi une cargaison de six tonnes de thon arrivées en Italie illégalement. De plus, elle contenait un taux anormal d?histamine, rendant le produit impropre à la consommation.

L?enquête de la police à Maurice aboutit à l?arrestation de cinq personnes, dont le directeur de FPL, Christian Wang Min Yung. Deux accusations provisoires ont été déposées contre lui : entente délictueuse pour fabrication, et usage de faux document en toute connaissance de cause. Celui-ci a nié avoir eu connaissance de l?exportation frauduleuse de thon. Ces exportations se faisaient aussi au nom de Victoria Bay (Mauritius) Ltd, (VBL), autre compagnie dirigée par Christian Wang Min Yung, qui était, elle, autorisée à exporter. Mais VBL était une compagnie sans aucun actif, et ce sont donc les installations de FPL qui sont utilisées (sans l?autorisation de son conseil d?administration) pour les opérations. Cela permet ainsi à VBL d?être incluse dans la liste des compagnies autorisées à exporter du poisson vers l?Union européenne.

Cette affaire d?exportations frauduleuses a provoqué un contrôle plus sévère des exportations de thon et des produits de mer par la douane, le service vétérinaire du ministère de l?Agriculture et le ministère de la Pêche.

Ainsi, depuis le 1er juin, tous les exportateurs sur l?Europe doivent au préalable se faire enregistrer auprès de la douane pour pouvoir obtenir le certificat EUR 1 de la Chambre de commerce et d?industrie. Cette démarche a pour objectif d?empêcher que le projet gouvernemental de faire de Port-Louis un seafood hub ? un centre de traitement de poisson et de produits de mer pour la réexportation ? ne soit mis en danger.

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