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Hors saison
Et voilà. Nous serons à nouveau taxé de voir le mal partout. On va encore dire que nous ne reconnaissons pas les efforts faits, vu les ?circonstances?, la ?conjoncture?, le ?climat? actuel.
Mais comment passé sous silence l?évidence ? Que le Festival de théâtre, tout annuel qu?il est devenu, voit son envergure rapetisser à vue de nez. Sans nous abriter derrière de barbantes statistiques, disons que le nombre de troupes engagées est de cinq cette année. D?aucuns diront que c?est la crème de la crème qui reste.
Nous sommes d?accord ? dans bien des cas ? mais au risque de nous répéter, nous redirons qu?il est inquiétant que le nombre de troupes de théâtre, avec des ambitions autres que de fabriquer des versions bâclées pour la consommation des collégiens - diminue de plus en plus.
Soyons honnêtes. C?est vrai que les troupes ? devons-nous dire institutions ? ? telles que la Trup Sapsiway ou Komiko, renouvellent souvent ses effectifs. Tout en donnant la chance à des jeunes talents de confirmer leur potentiel. Citons l?exemple de Bruno Ng de la Trup Sapsiway, découvert lors des premières éditions du Festival de théâtre, devenu au fil des rendez-vous, une valeur sûre. Un pilier. Crédible en gentil garçon ou en méchant voleur.
Mais la nouveauté passe par le même moule. Certes, la démarche de Gaston Valayden est exemplaire. Ses ateliers, sa méthode sont réguliers, assidus et percutants. Dessus, rien à redire.
A l?écouter parler, ses difficultés sont herculéennes. C?est sa volonté qui fait le reste. Le discours de l?auteur et metteur en scène est toujours celui du créateur désabusé, manquant cruellement de moyens. Celui devant qui toutes les portes semblent fermées.
Et pourtant, la Trup Sapsiway est l?une des troupes les plus créatives et productives du circuit. Comme en témoigne le récent Abé Mwa. Monter deux pièces originales à trois mois d?intervalles. Chapeau. Au point où nous en sommes, alors que ce serait pure routine dans d?autres compagnies sous d?autres cieux, chez nous, cela relève quasiment de l?exploit.
Ce qui nous amène à aborder la question qui fâche. Celle des prix. Nous avons été témoin, d?éditions du festival où le billet à Rs 100 n?attirait pas la foule. Les représentations à peu près sûres d?afficher complet étant celles de Komiko. Ceci, même si c?est un drame que Miselaine Soobraydoo avait concocté. Car malgré tous les efforts de Komiko pour explorer des registres variés, dans la tête des spectateurs Komiko reste forcément : ?teat fer riye?.
Un constat qui débouche sur plusieurs questions. Que recherche le public ? Du divertissement pur. Et seulement cela. Où est la maturité critique des spectateurs ? Pourquoi le théâtre morisyen en morisyen ne fait pas se déplacer les Morisyen en nombre ? Le billet est passé à Rs 150. Sommes-nous condamnés à entendre des commentaires du type : ?Avec les augmentations de prix et les pénuries, une boîte de lait coûte dans les Rs 150, vous croyez que je peux m?offrir une place de théâtre ??. Que répondre à ce qui ressemble fort à une forme de misère. A ces désarmantes priorités. Celle du ventre.
Alors que le théâtre a lui aussi besoin de vivre. Comédiens et édifice. La mairie elle, ?pe pass la ket?. Récoltant une contribution de l?association des maires francophones. Faisant appel désormais au secteur privé. Nous ne pouvons que souhaiter que ce ne sera pas ? enn ta senn dan vid ?. Qu?à termes, la mairie sera dotée de moyens réels, pour non seulement réparer mais surtout entretenir son bijou municipal. Pour éviter que l?heure des grands travaux ne sonne tous les dix ans.
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