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Hommage à T. Callychurn, premier ?Postmaster General?
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Hommage à T. Callychurn, premier ?Postmaster General?
Lundi dernier a eu lieu au Centre Indira-Gandhi pour la culture indienne, à Phoenix, la présentation officielle de la dernière ?uvre de l?écrivain prolifique, Pahlad Ramsurrun. Il s?agit davantage d?un hommage à Teeluckparsad Callychurn, notre premier Postmaster General, que d?une biographie complète de cet éminent Mauricien, serviteur infatigable de la société mauricienne.
La plus grande partie de ce livre d?une centaine de pages, édité en Inde, est consacrée au procès intenté au criminel par le gouvernement central contre deux journalistes de L?Epée, à la demande du fonctionnaire Callychurn, injustement diffamé par cet hebdomadaire satirique. Ce procès fait jurisprudence et rappelle à tous que, si un fonctionnaire n?a pas les moyens de se défendre directement quand il se sent injustement diffamé, le gouvernement central peut le faire à sa requête et poursuivre ses diffamateurs.
Ce livre en l?honneur de celui qui gravit un à un tous les échelons hiérarchiques du département de la poste, contient une notice biographique au caractère filial évident car rédigée par Geenmatee Ghoorah, la fille de Teeluckparsad Callychurn. Ce document en anglais sert de référence à la présentation qui suit de la vie de son père, une vie qui sera utilement proposée en exemple et à plusieurs titres aux générations à venir.
La vie, la carrière, la pensée, les nombreuses qualités morales et professionnelles de Callychurn, ne peuvent qu?inspirer tout Mauricien, surtout s?il est fonctionnaire et membre militant d?une organisation socio-religieuse ou socioculturelle. Il trouvera toujours dans la vie de Callychurn l?exemple à suivre à l?heure du doute, de l?hésitation, de l?incertitude, du découragement. Elle raconte aussi l?histoire de la belle amitié ayant uni d?éminents Mauriciens, ayant façonné notre XXe siècle pour notre plus grand profit et bonheur. Puissent ces quelques lignes, résumant les faits marquants d?une vie hors norme, donner, aux lecteurs de ce rendez-vous historique du lundi matin, l?envie de connaître d?une manière plus approfondie cet éminent fils du sol, en lisant ce livre en son honneur, en attendant la publication d?un document biographique plus élaboré.
Le village natal de Teeluckparsad Callychurn dans le district de Pamplemousses est connu comme Dersaja. Son père, Bharuth Callychurn, est un entrepreneur de Beau-Plan S.E. Il épouse Soomaria, apparentée à la famille d?Abhimanyu Unnuth. Il maîtrise l?hindi et le contenu du Ramayana. Teeluckparsad Callychurn fait ses études primaires à l?école de Pamplemousses. Son père ambitionne de faire de lui un avocat. Il meurt prématurément, victime de la grippe espagnole. Le jeune Teeluckparsad se retrouve orphelin à l?âge de 10 ans.
La famille s?installe en 1925 à Tranquebar, Port-Louis. Elle parvient à acquérir un étal au marché central. Le jeune Teeluckparsad devient l?ami de Sookdeo Bissoondoyal, un condisciple. Le frère de ce dernier, Soogrim, lui permet de passer les premiers examens le qualifiant pour un poste d?instituteur. À cette époque, il se joint en mouvement Arya Samaj alors en plein essor. Il postule pour un poste vacant d?apprenti postier et parvient à l?obtenir.
À l?âge de 21 ans (1930), il épouse Dhunputteea Goojha, la fille d?un marqueur de Rosalie S.E., la nièce de Ramsurrun Moti, un des fondateurs de l?Arya Samaj. Il perd sa femme sept ans plus tard et se retrouve en charge d?une petite fille âgée de onze mois seulement. Il épouse six ans après Radhika Gopaul. Au retour au pays de Basdeo Bissoondoyal, il milite au sein de son mouvement Jan Andolan.
Faisant preuve d?un grand zèle et très respectueux de la discipline, il gravit les échelons hiérarchiques à la poste et ne tarde pas à devenir Telegraph Examiner. Quand éclate la guerre 1939-45, il est dispensé du service militaire obligatoire en raison des fonctions stratégiques qu?il occupe à la Poste. Parallèlement à ses occupations professionnelles, il s?adonne au travail social, à l?art dramatique, à des activités nautiques dans la rade de Port-Louis. Il se passionne pour la musique classique indienne.
Musicien lui-même, il joue de l?harmonium et participe volontiers à des gamats. Il est un cinéphile enragé et accompagne volontiers au cinéma les cousins Sookdeo Bissoondoyal et Sookdeo Balgobin. Le ?gandhien? pur et dur, qu?est Bissoondoyal, les oblige à prendre des tickets d?entrée de 3e classe pour suivre l?exemple de Mohandas Karamchand Gandhi, recommandant à ses disciples de vivre comme des pauvres parmi les pauvres.
En tant que préposé postal, il doit se rendre dans les différents districts de l?île. Affecté au bureau de poste d?Argy, il dort sur place en semaine et ne rentre chez lui qu?en week-end. Il contracte ainsi la malaria. Il a, en revanche, la chance de devenir un familier de la famille Bhagwan de Camp-Ithier. Ces derniers le reçoivent volontiers à leur table.
À Port-Louis, la famille se rapproche du Champ-de-Mars, du Daramshala et de l?Arya Bhawan. Cette proximité lui permet de multiplier ses activités au sein de l?Arya Samaj. C?est alors qu?intervient un incident devant mettre un terme à l?amitié existant entre Sookdeo Bissoondoyal et lui. Aux législatives d?août 1948, Sookdeo Bissoondoyal et Sookdeo Balgobin sont élus députés de Grand-Port-Savanne.
Callychurn les rencontre chaque soir après le dîner et ensemble ils font de longues marches à pied au Champ-de-Mars. Soomer Balgobin, cousin de Sookdeo Balgobin, meurt. Ce dernier, en tant que son plus proche parent, doit participer activement aux diverses cérémonies liturgiques et prières publiques prévues à cet effet. Cette participation rituelle ostentatoire déplaît à Sookdeo Bissoondoyal qui le fait savoir avec virulence à Balgobin.
Appelé à arbitrer le conflit opposant les deux Sookdeo, Callychurn se range derrière Balgobin, estimant qu?il est la victime innocente du courroux exagéré de Bissoondoyal. Ce dernier le somme de choisir entre Balgobin et lui. Voilà les inséparables amis qui se séparent pour longtemps. Sookdeo Balgobin et sa femme ne tardent pas à suivre Soomer dans la mort. Callychurn se retrouve seul après avoir perdu successivement ses meilleurs amis.
La prochaine chronique permettra de suivre de plus près l?étonnant parcours à la fois professionnel que socio-religieux de Teeluckparsad Callychurn, un Mauricien exemplaire à tous points de vue.
(À suivre)
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