Publicité

Hommage à sept agents secrets tombés en Irak

3 décembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Espagne a organisé mardi des funérailles nationales en hommage à ses sept agents secrets tombés samedi en Irak au moment même où reprenait au Parlement un débat sur l?engagement de Madrid dans ce pays.

Le roi Juan Carlos et la reine Sofia, les yeux embués de larmes, ont présidé aux obsèques qui se sont déroulées au siège national des services de renseignement, à la périphérie de Madrid.

Le couple royal a consolé les proches des victimes en présence de plusieurs ministres du gouvernement et de dirigeants de l?opposition socialiste. ?Ces hommes oeuvraient à une mission de paix, tentant de reconstruire un pays détruit par la guerre?, a rappelé un ecclésiastique, le père Daniel Ponte Rodriguez, dans son sermon.

Les sept cercueils recouverts des couleurs nationales rouge et or ont été portés à l?intérieur du bâtiment au son d?un ensemble vocal et d?un orchestre à cordes. Unique média autorisé à couvrir l?événement, la télévision nationale a retransmis les images des funérailles en direct.

Seuls les familles et une poignée d?invités triés sur le volet ont été autorisés à assister à la cérémonie. Parmi eux, un homme d?affaires, Jose Luis Jimenez, s?est déclaré très ému ?d?abord parce que c?étaient des êtres humains, ensuite parce qu?ils étaient espagnols. Il faut retirer toutes nos troupes d?Irak?.

Cette question a resurgi au Parlement convoqué en session extraordinaire par le président du gouvernement, José Maria Aznar. Mais de nombreux parlementaires d?opposition ont critiqué ce choix selon eux inapproprié, en ce jour de deuil.

?Il y a un temps pour le deuil et un temps pour le débat politique. Nous ne pensons pas que c?était le meilleur jour choisi pour débattre?, a déclaré à la presse le député socialiste Jésus Caldera.

Aznar a fidèlement soutenu la politique de l?administration Bush en Irak contre l?avis d?une opinion publique majoritairement hostile au conflit.

Devant les élus, il a réaffirmé que l?Espagne ne se désengagerait pas de ses obligations. ?Le retrait ne peut être une option face au terrorisme. Si nous partons, tous les efforts que nous avons faits jusqu?à présent auront été vains. Cela renforcerait la puissance et la stratégie des terroristes. Ce serait céder au chantage?, a-t-il dit.

A l?approche du déclenchement de l?offensive, le 20 mars dernier, plusieurs millions d?Espagnols étaient descendus dans les rues. Mais les manifestations d?hostilité à la guerre se sont réduites au fil des semaines et la décision de Madrid, cet été, d?envoyer 1 300 hommes en Irak n?a guère fait de vagues.

Un sondage effectué par un institut indépendant et publié le mois dernier a montré que 85 % des Espagnols pensaient que la guerre ne valait pas la peine d?être menée, mais les personnes interrogées étaient partagées à égalité sur la question de la présence espagnole dans le pays.

Daniel Trotta

Publicité