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Hillary Clinton remporte une étape cruciale, mais tout reste à jouer

24 avril 2008, 00:00

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Elle est toujours debout. Alors que depuis plusieurs semaines des voix s?élevaient pour demander son retrait de la course à l?investiture démocrate, Hillary Clinton a battu avant-hier Barack Obama dans la primaire de Pennsylvanie qu?elle devait absolument remporter pour rester dans la compétition.

Mais la sénatrice de New York aura fort à faire pour arracher l?investiture démocrate au sénateur de l?Illinois, qui la devance en nombre de voix et de délégués appelés à désigner le candidat du parti de l?ANE pour l?élection présidentielle lors de la convention nationale démocrate fin août à Denver (Colorado).

Clinton l?a emporté avec dix points d?avance, ce qui donne du poids à son argument selon lequel elle serait la mieux placée pour remporter les gros Etats, avec une forte population, qui seront absolument nécessaires aux démocrates pour remporter l?élection présidentielle de novembre face au républicain John McCain.

«C?est l?équivalent d?un séisme politique», a lancé le gouverneur de Pennsylvanie Ed Rendell, partisan déclaré de l?ancienne First Lady, lors d?un meeting. Cela reste à voir.

Clinton va devoir utiliser la nouvelle dynamique (le précieux «momentum») engendrée par sa victoire pour convaincre les super-délégués ? élus, permanents et personnalités du Parti démocrate ? qu?elle est mieux placée qu?Obama pour battre McCain.

Pour Julian Zelizer, qui enseigne l?histoire, l?administration et l?action publique à l?université de Princeton, les résultats obtenus avant-hier par Clinton et tout le travail de persuasion et d?interprétation que va faire son équipe de campagne auront au moins pour effet d?amener ces super-délégués à prendre le temps de la réflexion. «Je pense que les chiffres et l?écart ? associés avec un plan de communication ? vont amener les super-délégués à se demander pourquoi ce type n?arrive tout simplement pas à la battre», dit-il. «Tant qu?ils pensent ça, elle aura un peu de temps».

Mais le temps n?est pas le seul problème de Clinton. Il y a également l?argent. La sénatrice de New York est largement à la traîne pour le montant des fonds collectés. Mais son équipe de campagne a annoncé avoir collecté 2,5 millions de dollars de fonds dans les heures qui ont suivi sa victoire en Pennsylvanie.

Les raisons de son succès ? Clinton a réussi à rallier le soutien des cols bleus, des personnes âgées et des femmes tandis qu?Obama a bénéficié des voix des jeunes et des nouveaux électeurs.

Travailler avec la base

«Elle a plutôt bien réussi à rallier à la fois le soutien des électeurs démocrates traditionnels (...) et à travailler avec la base», estime Donald Kettl, professeur en sciences politiques à l?université de Pennsylvanie.

Toutefois, selon Kettl, les faiblesses d?Obama dans ces électorats ? sur lesquelles Clinton va très probablement insister lors de ses discussions avec la direction du parti ? ne signifient pas qu?il ne sera pas en mesure de remporter l?élection présidentielle. «Il doit être en mesure de convaincre ces électeurs s?il veut être en mesure de gagner à l?automne», souligne Kettl. «(Mais) il est peu probable que le coeur de l?électorat démocrate n?aille pas voter et laisse John McCain être élu président».

Obama, de son côté, se concentre déjà sur les prochaines consultations qui auront lieu le 6 mai et il s?est rendu dans l?Indiana dès la fermeture des bureaux de vote en Pennsylvanie.

Ses conseillers ont relativisé la portée de sa défaite et affirmé que la victoire de Clinton n?avait rien modifié. «Si vous pensez qu?on n?a pas assez bien réussi, demandez aux gens du camp Clinton s?ils veulent changer de place avec nous», a déclaré David Axelrod, stratège d?Obama.

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