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Haut-parleurs : la crise évitée

13 avril 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Deepa BHOOKHUN

Le pays a eu peur hier. Mais le bon sens a prévalu malgré tout. Le scénario annoncé était celui de mardi mais en plus grave. La différence étant que le Premier ministre a donné le signal fort, hier : aucun acte illégal ne serait toléré. Quant à la police, elle a aussi fait montre de fermeté contrairement à mardi.

Le maulana Chooramun, à la tête des manifestants avait maintenu le mot d?ordre pour la tenue du rassemblement devant l?Hôtel du gouvernement jusque vers les 14 h 30 hier. Et puis, subitement, c?est le coup de théâtre. Sans crier gare, le maulana annonce «la victoire». Que s?est-il passé entre-temps ?

Malgré la rencontre du PM avec quelques représentants de la communauté musulmane mercredi ? réunion à laquelle a participé le maulana Haroon ? le maulana Chooramun avait, jeudi soir, annoncé publiquement le maintien de la manifestation. Mais sentant la détermination de la police qui a commencé à montrer les dents dès la matinée d?hier, le maulana Chooramun prend contact avec le bureau du PM. Son message : il est disposé à annuler la manifestation si le PM et son vice Premier ministre Rashid Beebeejaun acceptent de le rencontrer. Ramgoolam refuse. Le maulana annonce alors qu?il va de l?avant avec la manifestation. Réplique de Ramgoolam : il devra prendre ses responsabilités.

Entre-temps, les émissaires du maulana observent le déploiement des forces de l?ordre devant l?Hôtel du gouvernement. Ils commencent à sentir que la police ne cédera pas. A la mi-journée, le PM est déterminé à faire de sorte que «tout acte illégal soit sanctionné et que chacun assume ses responsabilités».

Dans une déclaration à l?express vers 14 h 30, le PM maintient son opinion que c?est «une minorité qui veut défier la loi.» Il annonce, dans cette éventualité «que la police agira». Celle-ci a effectivement reçu des instructions en ce sens, venant directement du PMO. Et selon nos informations, l?inaction de la police, mardi, ne ferait pas suite à une instruction du PM...

Le ton de Ramgoolam est grave et il ne cache pas son énervement face à certains politiciens «ki pe met dibri». Il affirme aussi que tous ceux qui ont orchestré la manifestation illégale de mardi seront interrogés par la police dans les jours qui viennent.

Hier, la position très forte que Navin Ramgoolam a adoptée, à savoir «que chacun assume ses responsabilités» aurait eu l?effet escompté : le maulana intransigeant est revenu sur sa décision, présentant, dans la foulée, sa nouvelle position comme «une victoire».

En effet vers 15 heures, les maulanas Chooramun et Haroon grimpent sur un camion au milieu d?une foule galvanisée et annoncent l?accord signé depuis la veille avec Gavin Glover. Ils demandent aux sympathisants de «marcher vers Port-Louis pour célébrer la victoire».

A l?Hôtel du gouvernement, la nouvelle est accueillie avec un sourire ; la situation a été décantée? Mais le revirement de Chooramun a pris beaucoup de manifestants par surprise. A Port-Louis où la foule se dirige, la police est toujours sur le qui-vive. Le DCP Bruneau, qui surveillait de très près la situation a réaffirmé la décision de la police d?agir s?il y avait lieu. Pourquoi n?était-ce pas le cas mardi ? «La force doit être le dernier recours», répond-il.

A 17 heures, les rues de Port-Louis se désertent et les véhicules de police regagnent leurs garages...

Quand la police montre les dents

Le Kadhafi Square est presque vide à 14 heures ; les manifestants prient. Mais la police régulière est présente pendant que les spéculations vont bon train : y aura-t-il une manifestation ou pas ? Petit à petit le square s?emplit. Des manifestants certes mais aussi beaucoup de curieux. Les manifestants sont hostiles, surtout à la presse. Il est presque 15 heures quand le maulana Chooramun arrive à Plaine-Verte ; il vient de Port-Louis. L?on n?apprendra qu?au dernier moment la décision de ne pas manifester. En attendant, les tambours commencent à chauffer. Il se chuchote que la manifestation sera annulée une fois que le maulana aura vu de ses propres yeux l?accord signé avec Gavin Glover. La nouvelle du déploiement de la police n?est pas totalement étrangère à ce revirement.

Des coups de pied

Le maulana n?annonce pas l?annulation de la manifestation, il parle de « marche de la victoire » et heureux, les quelque 300 personnes se dirigent vers Port-Louis. Les effectifs de la Special Mobile Force en habit de combat freinent quelque peu l?ardeur des manifestants devant la municipalité de Port-Louis. Un des meneurs leur demande de «retourner au square Kadhafi.» Frustrés, les manifestants obtempéreront néanmoins.

Mais arrivés devant le dernier véhicule blindé, quelques manifestants ne résistent pas à l?envie de donner deux coups de pieds dans le véhicule. Ils n?ont cependant pas anticipé la réaction des éléments de la SSU qui, sur le champ, foncent droit sur eux. Ces derniers, pris de court, se mettent à courir mais s?arrêtent un moment, comme pour ne pas perdre la face. Après une quinzaine de minutes, réalisant que les rares manifestants à être encore sur place n?ont pas l?air de vouloir s?en aller, l?ordre est donné aux membres de la SSU de s?avancer. Les manifestants ne demandent pas leur reste et quittent le centre de Port Louis. Ils n?épargneront cependant pas le Chinatown?

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