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Harry Gaspard et Gérard Nanette : La randonnée n?a pas d?âge
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Harry Gaspard et Gérard Nanette : La randonnée n?a pas d?âge
L?âge ne veut rien dire tant qu?on a toujours la forme. Harry Gaspard et Gérard Nanette en sont l?exemple. À 77 et 84 ans respectivement, ils partent à la conquête de la nature en parcourant sentiers et montagnes.
Fringants, les yeux pétillants, toujours souriants Harry et Gérard ont un appétit monstre pour les grands espaces et la nature. Et ils assouvissent cette passion à grandes enjambées dans les coins et recoins de l?île, toujours à la recherche d?endroits qu?ils n?ont pas encore explorés.
De vieux compagnons de sentiers
Harry et Gérard sont de vieux compagnons de sentiers. Et ces randonneurs forcent l?admiration. « Beaucoup de jeunes nous prennent comme exemple. Ils disent que nous les motivons à ne pas baisser les bras, même quand cela devient dur. » Et c?est sans crainte qu?ils continuent toujours, avec une vigueur déconcertante, à prendre part à des randonnées à travers l?île.
Mais avant que leurs chemins ne se croisent en 1982, chacun a tracé son propre parcours. Gérard Nanette a depuis toujours un faible pour la nature et la marche. « Ce sont mes seules et vraies grandes passions dans la vie », s?exclame-t-il. Depuis qu?à 10 ans il a fait l?expérience de la randonnée sur la montagne Corps-de-Garde, Gérard ne s?arrête plus.
À cette époque, il habitait à Rose-Hill. La famille a, par la suite, déménagé pour Port-Louis. « Les plus belles années de ma vie se sont passées alors que j?étais à St-Lazare, que nous connaissons maintenant comme l?hospice Père Laval. » Pour ce gamin friand d?aventures, quoi de plus normal devant
les nombreux arbres fruitiers pleins de lianes qui se trouvaient dans la cour. « Je faisais le Tarzan en m?accrochant aux lianes », se remémore-t-il.
Comme l?école n?est pas son fort, il termine sa scolarité après sa quatrième année au primaire. Et ses parents le destinent alors au métier de coiffeur, alors qu?il aurait préféré celui de mécanicien. Après quelques années d?apprentissage, il se met à son propre compte. Et c?est justement grâce à son travail de coiffeur que la rencontre s?est faite entre Harry et Gérard.
Les deux hommes sympathisent et, comme Gérard voulait un peu de compagnie, il propose à Harry de l?accompagner pour une randonnée. Harry accepte sans hésiter.
Mais la situation de Harry est alors assez particulière. Il avait subi une intervention chirurgicale au c?ur en 1977 après une attaque. « C?est le stress qui m?a fait avoir une attaque. » Cet ancien policier a, en effet, subi beaucoup de pressions professionnelles et familiales. « C?est en 1966 que mes ennuis de santé ont commencé. À l?époque, il y a eu les incidents de Trois-Boutiques. Les gens avaient même tué des policiers. » Sa situation familiale n?est guère plus facile car il a neuf enfants à sa charge.
Et lorsqu?il se remet de son attaque, Harry en garde des séquelles. Sa démar-che est claudicante, ses jambes arrivent à peine à le soutenir et se couvrent de taches rouges. Il est même atteint d?ostéoporose. Son dos lui fait également des siennes.
Mais c?est dans cet état encore très précaire qu?Harry entame l?ascension du Corps-de-Garde avec Gérard. « En fait, je ne sais pas pourquoi j?ai accepté. La réponse est venue toute seule. J?ai dit oui. » L?ascension se fait avec des arrêts toutes les dix minutes car Harry est essoufflé. « Même si c?était vraiment difficile je suis arrivé à le faire. »
Et quinze jours après cette randonnée, Harry arrivait à peine à marcher et ressentait des douleurs atroces. La surprise survient lorsqu?il constate que les taches sur son corps ont diminué et qu?il arrive à se déplacer plus aisément.
C?est avec courage qu?il prend alors part à une deuxième randonnée et là, il ne lui faut que huit jours de récupération. Les balades dans la nature se font plus fréquentes, alors que ses ennuis de santé et la prise de médicaments diminuent. C?est une véritable victoire sur la maladie pour Harry Gaspard qui affirme : « Ceux qui ont des problèmes de santé n?abandonnez pas la marche. Il y a plus à gagner qu?à perdre. »
Leur expérience la plus marquante
Gérard Nanette et Harry Gaspard sont unanimes quant à leur expérience la plus marquante. Très peu ont eu l?audace de faire l?ascension de la montagne Rempart, qui rebute surtout à cause des dangers. Les jambes et les bras ne suffisent pas pour affronter ces pentes rocheuses et abruptes. Il faut également se munir de cordes, de pics, de chaussures spéciales et surtout d?une bonne dose de courage.
« Cette montagne est très difficile à escalader et, si vous vous agrippez à une pierre, elle risque de se détacher. C?est une initiative très risquée. et il y a même des gens qui sont morts en essayant de faire une expédition sur cette montagne », ajoutent-ils. Mais Harry et Gérard ont réussi à le faire, malgré les grosses frayeurs qu?ils ont pu avoir. C?était en 1989. Gérard Nanette avait 77 ans et Harry Gaspard en avait près de 70.
Des souvenirs comme ça, ils en ont encore plein la tête. Ils en auront certainement encore puisqu?au moins deux fois par mois, ils se munissent de leurs sacs à dos et de leurs gourdes pour de purs moments de bonheur dans la nature avec leurs autres compagnons randonneurs.
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