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3 décembre 2003, 20:00

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?FACTORY SHOP?: concept reposant sur la vente au détail de produits provenant directement de l?usine. Ces produits appartiennent à trois catégories : premièrement, des articles que l?entreprise peut mettre en vente sur le marché local, selon un quota agréé. Puis viennent les produits de commandes non expédiées ou retournées, pour diverses raisons, notamment le retard de livraison. Enfin, des produits défectueux, détectés au contrôle et impropres à l?exportation. Principal attrait de ces points de vente : la perspective de trouver des articles généralement destinés aux marchés étrangers à des prix accessibles? mais attention, certains vendeurs ne jouent pas le jeu.

Il faut savoir que les factory shops ou magasins d?usine opèrent sous le Shop Act, avec les mêmes licences et permis requis pour toute demande de General Retailer Non Food Stuffs. Il n?y a donc pas de législation parti-culière pour les factory shops. S?il peut arriver qu?une usine place ses produits dans un magasin, elle opère généralement elle-même sa boutique.

Au départ, il faut peut-être le préciser, c?était dans le but de cibler une clientèle essentiellement touristique. Ainsi, Floréal Knitwear fut parmi les premières à se doter d?une boutique figurant sur les circuits des tours opérateurs.

Vigilance

En 1993, Didier de Senneville, directeur de Publi Promo, lança pour sa part la chaîne Océan, avec un premier magasin d?usine à la rue sir William Newton, à Port-Louis, pour se spécialiser dans l?habillement. Cette première adresse connut un certain succès, les employés de la capitale découvrant avec plaisir des produits de qualité à des prix forts intéressants.

Puis d?autres suivirent la voie. Des factory shops installèrent leur enseigne un peu partout dans l?île, principalement dans les agglomérations se trouvant sur les parcours des tour opérateurs. Des villes comme Curepipe se mettent, depuis ces derniers temps, à la mode ? la ville compte pas moins de quatre enseignes factory shops. Aujourd?hui, d?autres placent carrément leurs produits sur le trottoir, c?est-à-dire auprès des marchands ambulants.

Le client trouvera de tout dans ces magasins d?usine. Du bon, du très bon même, ce qui fait dire à Didier de Senneville, que les factory shops donnent l?occasion à de nombreux Mauriciens d?être à la pointe de la mode sans trop dépenser. Mais l?on peut aussi trouver des produits de moindre qualité, voir du ?carrément mauvais?, hélas ! Ce qui devrait inciter le client à faire preuve de vigilance.

Il existe des vendeurs scrupuleux ? dans les magasins comme aux étals de rue ? qui identifient le défaut du produit à l?aide d?un sticker, par exemple. Le client peut alors acheter la chemise ou le pull en toute connaissance de cause. Et là, force est de reconnaître que certains petits défauts, s?ils sont situés sur des parties moins visibles du vêtement, peuvent être vite oubliés (sous le col, par exemple). Il est tout à fait possible de réaliser d?excellentes affaires sur les rayons des produits jugés défectueux par le client étranger fort exigeant sur la qualité de ses commandes.

Certains vendeurs, moins honnêtes ne daignent pas prévenir le client, qui croit alors acheter un produit ?zéro défaut? et qui se consolera comme il pourra à la découverte des imperfections, sans se rendre compte que son droit à l?information en tant que consommateur a été lésé.

Et les prix ? Que cache cette formule ?prix d?usine? ? Il ne faut pas se leurrer. Une chemise peut y coûter jusqu?à Rs 600, surtout pour certains produits griffés tandis que pour d?autres chemises de qualité égale, le client ne se verra réclamer que Rs 125 ou Rs 150?

C?est justement pour venir à bout du désordre qui règne dans le secteur que le ministère du Commerce a décidé d?y jeter un coup d??il. Il est conscient que l?on y trouve de l?authentique, du ?value for money?, pour le bonheur du consommateur, mais aussi de la contre-façon, et même parfois de la marchandise volée. Tant et si bien qu?au ministère du Commerce, on n?hésite pas à parler de ?racket organisé de la contre-façon qui cause beaucoup de tort à la réputation de l?industrie mauricienne à l?étranger?.

Nous apprenons que ledit mi-nistère entreprend actuellement une étude en vue de se faire une idée plus précise du fonctionnement de ce secteur : les réseaux d?opération, le nombre de personnes qui y gagnent leur vie. ?C?est un fait, il faut y mettre bon ordre et nous le ferons. Les décisions seront annoncées et mises en pratique en temps et lieu?, nous promet-on.

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