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Gérer les ressources humaines

3 septembre 2005, 20:00

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On entend souvent dire que notre système éducatif produit des chômeurs. Ce n?est pas tout à fait faux. Parmi les sans-emploi recensés, on trouve des jeunes qui ont suivi des cours de formation inadaptés au besoin du marché du travail.

Chaque année, des jeunes diplômés en technologie informatique débarquent de diverses institutions. Pourtant ce secteur affiche un manque de main-d??uvre. « Le problème, affirme Vinod Seegolam le directeur du Human Resource Development Council (HRDC), c?est que le programme d?études n?est pas adapté. C?est ce qui abouti à un déséquilibre entre la main-d??uvre dont nous disposons et celle que nous avons besoin. » Un atelier de travail réunissant des stakeholders y était consacré cette semaine.

L?occasion de rappeler qu?un éventail de mesures est proposé par cette organisation pour mieux gérer les ressources humaines. Il faut d?abord en connaître le profil d?où la vaste étude, le National Human Resource Development Plan, entreprise pour l?analyser. Ce plan est un outil de base qui indiquera les projections et les besoins en main-d??uvre. Il servira aussi de guide pour le type de formation et d?éducation que recherche le pays afin de prévenir le déséquilibre entre l?offre et la demande. Enfin, ce sera aussi un outil intéressant pour l?orientation professionnelle.

L?Institute of Applied Manpower Research de New Delhi accordera son soutien pour la mise en ?uvre du plan qui sera prêt en décembre. Il couvrira Maurice et Rodrigues et servira de gabarit national en ce qui concerne la politique des ressources humaines. 15 000 employeurs ont été invités à soumettre la liste des emplois offerts dans leur compagnie ainsi que leurs besoins.

Développer les ressources humaines, c?est bien. Mais comment faire quand on sait que 34,9 % de chômeurs n?ont pas leur CPE ? Malgré leur niveau d?éducation, ces personnes rechignent à monnayer leurs services pour un travail dit dévalorisant. C?est un peu pour cela que les compagnies de nettoyage sont en constante recherche de bras.

Pour Vinod Seegolam, il serait temps de s?atteler à la revalorisation de ces métiers. Le HRDC veut s?inspirer de son équivalent singapourien, la Workforce Development Agency. En introduisant de nouvelles techniques et compétences dans certains jobs, en changeant l?appellation d?une fonction, cette agence aide à la revaloriser. À Londres, le laveur de carreaux est appelé un Transparent Engineer, en France une femme de ménage est désignée Technicienne de surface. Ce changement signifie aussi salaire revu à la hausse. Les employeurs mauriciens seront-ils prêts à franchir ce pas ?

En attendant, beaucoup misent sur la Chambre des métiers pour redorer le blason des jobs délaissés. Ce projet, qui vise à professionnaliser les différents secteurs d?activité, s?assurera que les personnes employées sont assez qualifiées. Un moyen de les revaloriser encore une fois.

Pour Nazir Hosany, le président de l?association des boulangers, une école de formation serait la bienvenue. « L?apprentissage du métier permettra non seulement d?avoir des professionnels formés, mais leur donnera aussi un sens de fierté d?appartenance », dit-il.

Un comité de coordination chapeauté par le HRDC planche sur ce projet pilote : quatre domaines sont concernés : la bijouterie, la boulange, l?imprimerie et la métallurgie.

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