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Guy Roux raccroche son bonnet
Guy Roux, l’inamovible entraîneur de l’AJ Auxerre depuis près d’un demi-siècle, a annoncé dimanche qu’il prenait définitivement sa retraite au lendemain de la quatrième victoire de son club en finale de la Coupe de France, où les Bourguignons ont battu Sedan 2-1 au Stade de France. “J’ai décidé d’arrêter”, a-t-il déclaré dans l’émission “Télé Foot” sur TF1.
Lors de son arrivée en 1961 comme entraîneur-joueur dans ce club de patronage dont les fondations avaient été bâties par l’abbé Ernest Deschamps, l’AJ Auxerre évoluait en Promotion d’honneur.
En 1980, le club monte en Division-1, avant de devenir champion de France en 1996 et de décrocher quatre fois la Coupe de France en pratiquement dix ans (1994, 1996, 2003 et 2005).
“Arrêter avant de mourir”
Guy Roux, victime d’un malaise cardiaque et d’un double pontage coronarien en 2001, avait une première fois l’année précédente pris du recul en laissant quelques mois les commandes à son adjoint Daniel Roland.
Excellent technicien, avisé en matière de recrutement et même estampillé “maquignon” par certains, Guy Roux a fait venir à Auxerre quelques uns des plus grands talents du football français.
L’histoire de la mobylette de Basile Boli est restée célèbre, Roux ayant acheté un cadenas pour l’attacher aux grilles du stade Abbé-Deschamps, afin de verrouiller la destinée de son poulain. L’homme n’hésitait pas non plus à aller traquer certains joueurs un peu fêtards dans les discothèques de la région.
Eric Cantona, Laurent Blanc, Alain Roche, Jean-Marc Ferreri, Sabri Lamouchi, Lilian Laslandes, Bernard Diomède, Djibril Cissé et bien d’autres sont passés par l’AJA, certains comme Philippe Mexès étant partis après un conflit avec Roux, considéré parfois comme trop omniprésent.
Personnage haut en couleurs, ex-modeste joueur à Poitiers, Limoges et Auxerre, Guy Roux aura tout gagné comme entraîneur sauf une coupe d’Europe et la Coupe de la Ligue. Son équipe avait une première fois fait vibrer la France alors qu’elle évoluait encore en D2 et avait atteint la finale de sa première Coupe de France en 1979, perdue 1-4 contre Nantes après prolongation.
“Tous les clignotants sont au vert (pour arrêter). Le club a fait une bonne saison, il a un bon équilibre financier”, a-t-il expliqué dimanche.
Samedi soir, à l’issue de la victoire contre Sedan, il hésitait encore. “On ne sait jamais quand l’amour s’arrête. Je suis dans le crépuscule de l’âge. Il vaut mieux arrêter avant de mourir”, disait-il laissant présager l’annonce de sa retraite.
Mais l’attachement au terrain lui faisait dire aussi: “J’ai des cardiologues formidables qui m’ont permis de faire le cirque 59 fois cette saison sans dommage. C’est peut-être de m’arrêter qui pourrait me faire mourir!”. Il a tranché dimanche.
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