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Guy Lebon accompagne ses proches dans la mort
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Guy Lebon accompagne ses proches dans la mort
«Mo népli capave mette ene la grain diriz dans mo la bouche. Mo fine perdi couraz? Mo pas conné ki fine arrivé. » Marie Verloppe laisse passer un long silence avant de répéter qu?elle ne sait plus où puiser du courage. Elle est d?autant plus abattue qu?elle vient d?assister, le 29 janvier, aux funérailles de Guy Lebon, la troisième victime du terrible incendie qui a ravagé sa maison en tôle le 24 janvier. Brûlées vives, méconnaissables, sa s?ur, Marie-Thérèse Martine, et sa petite-fille de deux ans, Diana Lalouette, avaient déjà rendu l?âme le lendemain du sinistre. Depuis, Marie Verloppe a perdu le goût de vivre.
« Sa qualité la flamme là zamé mone trouvé »
Sa petite-fille, Diana, ne viendra plus se cacher dans ses jupes lorsqu?elle la grondera. Elle ne la verra plus jouer avec les chiots qui gambadent dans la maison à la recherche de leur petite maîtresse. L?enfant était également très attachée à Marie-Thérèse (sa grand-tante), chez qui elle allait souvent dormir. Cette dernière vivait avec son compagnon, Guy Lebon, chômeur de son état, dans une minuscule bicoque en tôle et en bois. Cette pièce, ils l?avaient construite dans la cour de la maison qu?occupent Marie Verloppe et sa fille Laura, la mère de Diana, et plusieurs autres membres de la famille.
Malgré l?exiguïté de l?habitat et la misère flagrante, le couple vivait tranquillement, sans trop d?histoires. Jusqu?à ce soir fatidique. Cette nuit-là, tout le monde dort à poings fermés. La petite Diana se trouve dans la pièce en tôle. Marie Verloppe raconte qu?en entendant les cris de sa s?ur et de son beau-frère, elle descend l?escalier en trombe. A travers les interstices de la porte, une épaisse fumée noire s?infiltre. Sous la chaleur intense, les vitres des fenêtres volent en éclats. En un rien de temps, le gourbi s?embrase comme un feu de paille. « Sa kalité la flamme ek la fumée là, zamé mone trouvé », dit-elle d?une voix tremblante.
Gertrude, sa nièce qui se trouve à l?étage, prend son bébé dans les bras et tente de s?enfuir. Mais sa route est barrée par un fil électrique qui jette des étincelles. Elle parvient à traverser et à sortir de la maison par la porte de derrière. Alerté par les cris, Tony, le fils de Marie Verloppe, fait le tour de la maison et passe par l?entrée principale pour tenter de sauver sa tante et les deux autres occupants. La fumée le prend à la gorge et devant l?intensité des flammes, il doit se raviser. Gravement brûlé, Guy Lebon parvient à sortir avec la petite Diana dans les bras alors que sa compagne est restée coincée sous les débris. Il court vers le poste de police d?Abercrombie pour chercher de l?aide.
« Nous envie crase lacaze là »
« Je ne sais pas qui a appelé les pompiers. Tout ce que je sais, c?est que je me suis retrouvée dehors, les yeux rougis, respirant cette épaisse fumée noire? » Une odeur âcre flotte toujours dans l?air. La bicoque n?est plus qu?un amas de tôles et de bois calcinés. Les ustensiles de cuisine, la cuisinière et même les chaussures ont fondu sous l?extrême chaleur. Marie Verloppe ne veut plus avoir ces décombres sous les yeux. Cela lui fait trop mal. « Nous envie crase lacaze là mais faudré la police donne nous permission. »
Le Criminal Investigation Department de Port-Louis-Nord enquête sur les causes du sinistre. Le toit troué par endroits laisse filtrer l?eau, ce qui aurait pu provoquer un court-circuit. De plus, malgré le fait que la pièce était éclairée à l?électricité, Marie-Thérèse avait l?habitude d?utiliser des bougies. Le rapport du Central Electricity Board devrait permettre aux enquêteurs de faire la lumière sur cette tragédie.
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