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Grosse déception des syndicalistes du secteur privé et parapublic

7 juin 2008, 00:00

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Ils étaient figés devant le téléviseur, le visage crispé, visiblement agacés. Le budget n?a pas plu aux syndicats du privé et des organismes parapublics. «Ce budget fait chaud au c?ur à certains mais il est blessant pour les travailleurs du secteur privé», note Reaz Chuttoo, porte-parole du Front Travayer Sekter Privé, lors d?une conférence de presse tenue après la présentation du budget.

Et pourtant, les quelques syndicalistes qui s?étaient réunis à la salle du conseil de la municipalité de Port-Louis paraissaient très détendus quelques minutes avant que ne débute le discours du ministre des Finances. Les spéculations allaient bon train, certains se montrant même très optimistes. Mais au fil de l?exercice, le silence s?installe dans la petite assistance.

A la fin du discours, ils étaient tous unanimes à dire que ce budget «était pire que ce qu?on pensait». Reaz Chuttoo est le premier à briser le silence. Ses déclarations en disent long sur sa déception et celle de ses «camarades syndicalistes». «Il y a un oubli total des 450 000 travailleurs du secteur privé. Nous subissons encore une fois l?hypocrisie de Rama Sithanen.»

La plupart des mesures les font tiquer. Ils perçoivent la réduction des taxes sur les produits alimentaires comme une «farce parce qu?on ne mange pas tous les jours du salami», alors que les projets routiers du grand argentier les font rire. «Hein Reaz, tigit gouvernma inn dir pou fer nuvo sime», ironise Deepak Benydin, porte-parole de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions.

Au chapitre éducation, «il verse de l?huile sur le feu». Le ministre des Finances s?attire les foudres de Jane Ragoo et Reaz Chuttoo. Pour ce dernier, «le vrai problème de l?éducation primaire n?est pas à l?école mais à la maison. Il faut avant tout donner de l?emploi aux pauvres pour que leurs enfants puissent avoir une meilleure éducation». Pour Jane Ragoo, le subside universel sur les frais d?examens est indispensable.

<I>«Il y a un oubli total des 450 000 travailleurs du secteur privé.»</I>

Le budget ne plaît pas aux syndicats du privé et des organismes parapublics car il «favorise le développement d?une société à deux vitesses, ne protège pas contre le licenciement sauvage et n?améliore pas les services publics». «Nous allons graduellement vers la fin des organismes parapublics. Rama Sithanen encourage les investissements privés au détriment des services publics», remarque Deepak Benydin.

Reaz Chuttoo et les autres sont très déçus. Le budget comporte certes «des mesures pour relancer l?économie, mais il ne fait rien pour alléger le sort de ceux au bas de l?échelle sociale». Comme le rappelle Reaz Chuttoo, le secteur privé regroupe 450 000 travailleurs et «Sithanen et le gouvernement n?ont pas intérêt à les ignorer. Sinon ils le paieront très cher».

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