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Grippe aviaire : Un homme aurait été contaminé par sa soeur

15 septembre 2006, 20:00

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Un homme de 27 ans infecté par le virus H5N1 de la grippe aviaire l?a peut-être été au contact de sa jeune soeur malade et hospitalisée, a annoncé hier l?Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«L?homme de 27 ans n?a pas mentionné de contacts avec des volailles malades ou mortes dans les jours précédant le début de ses symptômes car il passait la plupart de son temps à l?hôpital (au chevet de sa soeur)», a indiqué dans un communiqué l?OMS.

Celle-ci, une adolescente de 15 ans, avait présenté les symptômes de la maladie de l?influenza aviaire le 17 mai 2006. Son infection au virus H5N1 avait été confirmée. Son grand frère s?était occupé d?elle pendant six jours de suite, alors qu?elle était hospitalisée.

Le 28 mai, le jeune homme originaire de Sumatra avait souffert d?une toux et de douleurs abdominales modérées, sans fièvre. Il avait reçu un traitement médicamenteux antiviral à partir du 1er juin et avait été placé en isolement jusqu?à son rétablissement.

Ce n?est qu?en août que les échantillons le concernant ont permis de conclure qu?il avait bien été contaminé par le H5N1.

«L?enquête a déterminé qu?il avait été au contact de sa soeur lors de l?hospitalisation de celle-ci», a poursuivi l?OMS qui a précisé «qu?une transmission interhumaine ne pouvait être écartée».

L?Indonésie, pays le plus touché en termes de morts humaines (49), est le seul où a été confirmée par des analyses en laboratoire une transmission interhumaine de la maladie.

Les transmissions interhumaines présumées restent très rares en Asie du Sud-Est, la région du monde où a été enregistrée la majorité des infections.

Les experts ont assuré que dans ces différents cas le virus n?avait pas muté de façon dangereuse.

La traque du H5N1 reprend le long des routes des oiseaux migrateurs

La traque du virus H5N1, forme hautement pathogène de la grippe aviaire, a repris dans les steppes de Mongolie et bientôt de l'Europe à l'Afrique, au moment où les oiseaux sauvages s'apprêtent à entamer leurs migrations hivernales.

Plusieurs équipes internationales, coordonnées par la FAO, l'agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, sont à pied d'oeuvre pour surveiller l'apparition du virus et croiser sa route avec celles des migrateurs, afin de mieux comprendre leur rôle comme vecteurs potentiels et de mettre en place un système d'alerte rapide.

La forme la plus virulente du virus de la grippe aviaire a tué des dizaines de milliers de volailles depuis 2003 et entraîné le décès d'au moins 144 personnes. «Nous pensons qu'à un certain stade, les oiseaux sauvages peuvent contribuer à véhiculer le virus à travers les frontières et les continents. Il nous faut savoir s'ils sont une source potentielle d'infection pour les élevages et pour les autres oiseaux», explique le Dr Scott Newman, détaché par l'ONG américaine Wildlife Conservation Society auprès de la FA0 à Rome.

Moins d'un mois après, le mouchard en signalait plusieurs en Russie. «Les cygnes chanteurs couvrent une zone qui va de Chine, en Russie et en Mongolie, jusqu'en Europe de l'Est et au Japon», précise le Dr Newman. Une démarche similaire sera engagée d'ici janvier en Europe et en Afrique : une cinquantaine de canards dans le delta du Danube et au Mali seront équipés de balises miniaturisées pour s'adapter au poids de l'oiseau, indique François Monicat, responsable du programme au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) avec l'ONG néerlandaise Wetlands, toujours sous l'égide de la FAO. Dès le mois prochain, le Cirad va reprendre avec ses partenaires sa campagne de prélèvements sur les oiseaux sauvages en l'étendant à 17 pays contre 14 l'an passé, de la Roumanie à l'Iran et du Maroc au Tchad.

L'opération est longue et exigeante : les échantillons doivent être conservés à ? 80° jusqu'au laboratoire de Montpellier (sud de la France) où ils sont analysés. Si la présence du H5N1 est suspectée, ils sont redirigés sur le laboratoire de référence de la FAO à Padoue (Italie). Le commerce de volailles et surtout des poussins d'un jour est un vecteur efficace du virus aviaire. Mais il suffit qu'il soit introduit une seule fois pour flamber, note le chercheur. «Si le virus tue la faune sauvage, c'est qu'elle ne constitue pas un réservoir pour la maladie. Mais il faut en avoir le coeur net. A ce jour, il a été isolé sur seulement six canards vivants en Chine en 2005, sinon on n'a trouvé que des oiseaux morts», explique-t-il.

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