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Grete Marstein artiste norvégienne

22 janvier 2006, 20:00

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Vous faites aujourd?hui une causerie sur la gravure au Centre culturel chinois. Sur quels aspects de cette technique allez-vous disserter ?

Je parlerai de la gravure comme d?un art accessible à tous. Mais je retracerai aussi la vie de mon inspirateur qui a eu une grande influence sur moi et sur le monde entier. Je parle bien sûr d?Edvard Munch, connu pour ses scènes originales, (NdlR: on lui doit le célèbre Cri, 1893) et sa technique de gravure sur bois qui a su l?imposer comme un artiste norvégien de renom.

L?émergence de la gravure en Norvège a-t-elle été une réussite ?

Notre pays est très jeune. L?année dernière nous avons fêté nos cent ans, et nous avons acquis au fil des années une technique certaine. Nous avons vraiment insufflé un air nouveau dans le secteur de la gravure. C?est devenu comme un mode d?expression. Nous faisons beaucoup plus attention à la matière utilisée. La plus prisée est le bois, et le pochoir est la plus vieille technique utilisée. Le bois est presque devenu une tradition nationale chez nous?

Vous avez aussi assisté à l?atelier de gravure organisé par Dev Chooramun, président de l?association Action for Artistic Creatvity ce week-end. Parlez-nous de la naissance de ce projet.

Durant mes études universitaires à Oslo, j?ai eu le loisir de beaucoup voyager. Japon, France, bref l?Europe? J?ai déserté la Norvège durant dix ans au moins. À mon retour, j?ai intégré l?Artists? Union et aussi l?Unesco où j?ai défendu les intérêts des artistes au sein de cet organisme, car j?étais la représentante de l?Europe pour un certain temps. C?est là que j?ai rencontré l?artiste mauricien, Dhyaneshwar Dausoa, qui représentait l?Afrique. C?était en 1986. J?ai rencontré Dev Chooramun par la suite.

Quel est votre avis sur cet atelier de travail qui a accueilli une quinzaine d?artistes ce week-end ?

C?est surtout le côté échange qui m?intéresse dans ces rencontres entre artistes. Je préfère les ateliers au lieu des envois et des contacts indirects, parce qu?un atelier a des effets sur une longue durée. Il laisse derrière lui des souvenirs et un apprentissage certain !

Quel est votre sentiment à l?égard de la gravure à Maurice et dans le monde ?

J?ai été choquée d?apprendre que vous ne possédiez pas de galerie nationale chez vous où les étrangers peuvent découvrir les différents arts qui existent. Mais je peux vous dire que la gravure varie selon les pays. Au Japon, ils pratiquent la gravure sur un plan plutôt commercial. Ils reproduisent une gravure en grand nombre. En Europe, c?est différent. Nous prenons cet art comme un moyen d?expression unique. Nous nous permettons de ne faire qu?une impression à partir d?une matière sculptée. La matière nous parle, c?est un dialogue qui s?installe entre elle et nous. Tout est une question de conception.

La gravure a-t-elle évolué depuis l?époque ?

Bien entendu ! C?est l?investissement de l?artiste qui fait que la gravure progresse. Si vous passez votre temps à copier des techniques, cela ne vous mènera pas bien loin?

Propos recueillis par Tania HUËT

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