Publicité

Grands mouvements de contestation en Europe

30 décembre 2010, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Grands mouvements de contestation en Europe

Dans ce troisième volet de notre rétrospective 2010, nous évoquons les grands mouvements de protestation qui ont déferlé sur  l’Europe en 2010. Egalement  les élections législatives ou présidentielles  dans certains  pays, la crise poste-électorale en Côte d’Ivoire, l’affaire WikiLeaks et le tsunami diplomatique qu’elle a provoqué,  la libération de la Dame de Rangoon, et l’attribution du  prix Nobel de la Paix (2010) à un dissident  qui se trouve toujours derrière les barreaux en Chine. 

De mai à décembre,  la Grèce est paralysée par  de nombreuses grèves et manifestations de rue, marquées souvent par des heurts violents entre manifestants et policiers. Ce profond mécontentement des travailleurs et des jeunes contre un  programme d’austérité sans précédent  n’affecte pas pour autant la popularité du gouvernement. Pour preuve, le Parti socialiste au pouvoir a remporté  les élections municipales de novembre.

En France, la contestation est dirigée  contre le report  de l’âge de  la retraite. Alors que le projet est soumis au parlement le 7 septembre, la contestation  s''intensifie jusqu''à devenir un mouvement social massif en octobre (manifestations gigantesques et grèves générales), avec notamment la mobilisation des jeunes et des violences dans plusieurs villes. La réforme est toutefois adoptée définitivement le 27 octobre.

En Grande-Bretagne, outre les  grèves dans le métro londonien, plusieurs  manifestations ont eu lieu en 2010, dont celles contre les coupes budgétaires  (en octobre) et le projet d''augmentation des frais universitaires (novembre), avec de violents incidents à Londres  fin  novembre et début décembre.

D’autres mouvements similaires  (grèves et manifestations de rue) sont notés ailleurs, notamment en République tchèque, début décembre,  contre la réduction  des traitements des fonctionnaires. En  Espagne,  en septembre et en décembre, manifestations et grèves contre la baisse des dépenses publiques. En  Italie, en novembre, manifestation   contre un projet de réforme de l''université. En  Irlande, fin novembre, manifestation contre un plan d''austérité draconien de quatre ans. Au  Portugal, fin novembre, grève générale contre l''austérité et la hausse du chômage.

Les élections : un pas en avant ?

2010 a aussi connu son lot d’élections législatives ou présidentielles. Nous en retiendrons quelques unes.  Ainsi, depuis mai, la Grande-Bretagne est dirigée par une coalition  entre le Parti conservateur et les Libéraux démocrates. Les élections législatives de mai n’ayant pas donné la majorité absolue au Parti conservateur, ce dernier a été  contraint de travailler avec les libéraux-démocrates au sein d’un gouvernement de coalition.

Aux Etats-Unis, lors des élections de mi-mandat  en novembre, le parti démocrate du président Obama perd sa majorité à la Chambre des représentants, mais la conserve au Sénat. Une nouvelle ère de cohabitation commence donc dans ce pays entre un président démocrate et un Congrès dominé par les républicains.

Au Brésil, victoire attendue de Dilma Rousseff  à  l’élection présidentielle, fin octobre.  La candidate du Parti des travailleurs l’emporte  avec plus de 55% des suffrages, contre 44,61% à son rival, le social-démocrate José Serra.  Cette ancienne guérillera devenue ministre de l’Énergie et directrice de cabinet du président sortant, le très populaire Lula, prêtera serment ce samedi  1er janvier 2011 et deviendra la première femme à accéder au poste de président du Brésil.

En Guinée, c’est Alpha Condé, opposant historique de 72 ans, qui  remporte l''élection présidentielle  de novembre,  avec 52,5% des voix contre 47,4 %% à son adversaire, Cellou Dalein Diallo, un ancien Premier ministre. Après plusieurs semaines de tension entre les partisans des deux camps, le nouveau président a prêté  serment le mardi 21 décembre 2010, mettant ainsi fin  à  52 ans de dictature et de déni de démocratie.

En revanche, la présidentielle de Côte d’Ivoire  prend une tout autre direction, avec une crise post-électorale qui se poursuit à ce jour et qui a déjà fait  plus de 200 morts. L’élection  présidentielle de novembre est remportée par le candidat de l’opposition, Alassane Ouattara, avec 54% des voix, selon la Commission électorale indépendante. Ces  résultats provisoires sont rejetés  par le Conseil constitutionnel (acquis au président sortant) qui déclare  Laurent Gbagbo vainqueur  avec 51,45% après invalidation des votes dans certaines  régions du Nord.

Une situation inédite s’est développée depuis. Le pays a deux présidents, deux gouvernements. L’un, dirigé par Ouattara, est reconnu par la communauté internationale et régionale. Il  est retranché dans un hôtel protégé par les forces de l’ONU et de la France. L’autre, dirigé par le président sortant, est de plus en plus isolé sur le plan diplomatique, et menacé de sanctions et d’une intervention militaire africaine. Les dernières tentatives de médiation pour faciliter le  départ de Gbagbo n’ont rien donné.

Bonne et mauvaise

L’année 2010 n’a vu aucun changement réel dans les pays encore soumis à la dictature et à l’arbitraire, notamment Cuba, la Corée du Nord,  la Birmanie, la Chine, et certains Etas arabes pro-occidentaux comme l’Arabie Saoudite. Un moment de joie quand même, avec la libération, en novembre,  en Birmanie, d''Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de La paix. Elle a passé une vingtaine d’années en prison ou en résidence surveillée. La libération de cette opposante très connue ne devrait toutefois  pas cacher le sort des centaines d’autres opposants, moins connus ou anonymes, encore détenus par la junte militaire au pouvoir. Celle-ci n’a aucune intention d’ouvrir le pays à la démocratie. Malgré le semblant d’élections organisées en novembre, auxquelles seuls les partis proches des militaires au pouvoir avaient le droit de participer.

L’autre fait marquant : l’octroi du prix Nobel de la Paix 2010 à un dissident chinois, Liu Xiaobo. Ce professeur de littérature de 54 ans, éminent intervenant au sein de la lutte pour la reconnaissance et le développement des libertés en Chine, est en prison depuis un peu moins d’un an. Il a été condamné  à onze ans d’enfermement pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ».

Terminons ce troisième volet par l’affaire WikiLeaks. Ce site a publié cette année  de nombreuses informations confidentielles, notamment sur la guerre en Irak, et  250 000 câbles diplomatiques (télégrammes) des ambassades américaines, touchant divers sujets de politique étrangère.  Julian Assange, le créateur de Wikileaks, a été arrêté en décembre, en Grande-Bretagne. Non pas pour avoir révélé des secrets militaires américains, mais pour  des «  viols et agressions sexuelles » qu’il aurait commis en Suède. Il  a obtenu sa remise en liberté conditionnelle, et se trouve toujours en Grande-Bretagne. 

Sources : AP, AFP, Reuters, Chine Nouvelle, l’Express.fr, LeMonde.fr, Wikipédia.

Lire aussi :

Les guerres qui n''en finissent pas

2010 : rétrospective des principaux événements dans le monde

Publicité