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Grandcourt : “Au secours” !

4 octobre 2005, 20:00

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Trois semaines après le naufrage de son bateau au large de Rodrigues, le rescapé Olisel Grandcourt, 47 ans, n’est toujours pas au bout de ses peines. Ayant perdu son embarcation, il fait face aujourd’hui à de graves difficultés financières.

“J’ai contracté un emprunt de Rs 20 000 auprès de la Credit Union pour l’achat de mon bateau. J’ai encore Rs 8 500 à rembourser. L’allocation de pêcheur ne suffit même pas pour payer les factures d’électricité. Comment vais-je faire pour nourrir ma famille ?” se demande le pêcheur qui n’est pas encore complètement remis du choc de son naufrage.

Habitant une bicoque en bois et tôle à Camp-Pintade, Olisel, ses deux enfants, Steward, 11 ans, Ricardo, 1 an, et son épouse, Chantal, ont pour tout moyen de subsistance une petite plantation de maïs dans leur cour. Comme ce village est désertique et n’a connu aucun développement, la famille se trouve véritablement dans la dèche.

Sauvé par un câble

Le drame, survenu au large des côtes rodriguaises, a aussi coûté la vie à deux de ses amis, Enrico Meunier et Yoy Henriette, qui se trouvaient à bord d’une autre embarcation qui aurait coulé. “Enrico était père de neuf enfants alors que Yoy avait cinq enfants. Je me demande comment vont faire ces familles pour vivre. Ici, nous ne dépendons que de la pêche pour gagner notre vie”, explique le rescapé.

Olisel a encore la chair de poule lorsqu’il parle de sa mésaventure. Parti en mer à 15 heures, il a été secouru le lendemain matin par les gardes-côtes. “Je suis pêcheur depuis 14 ans. C’est la première fois que je vois une vague aussi énorme : plus de deux mètres”.

Le pêcheur affirme que ce jour-là, rien ne présageait un tel malheur. “A 15 heures, la mer était étale. Mais à 23 heures, elle a commencé à monter dangereusement. J’ai dit à mes amis, qui se trouvaient dans une autre embarcation non loin, qu’il fallait rentrer. Alors qu’ils faisaient redémarrer le moteur, j’ai entendu un bruit. J’ai regardé autour de moi et leur bateau avait déjà disparu. Une énorme vague a ensuite fait chavirer mon bateau, mais je me suis agrippé à la coque”.

La houle devait projeter le bateau sur les brisants avant de le ramener plus tard dans le lagon. “J’ai été sauvé par le câble avec lequel mon bateau était accroché au récif. Au cas contraire, j’aurais été entraîné en haute mer par le courant. J’ai voulu sauver mon bateau, mais il était trop fort et le câble qui le retenait s’est brisé. J’ai dû lutter pendant plusieurs heures pour rester accroché au récif en attendant la marée basse”.

A marée basse, Olisel a marché pendant plusieurs heures sur un banc de sable pour atteindre l’Ile-aux-Cocos, vers 10 heures le lendemain. “J’y ai rencontré deux gardes-côtes qui m’ont secouru”.

Olisel ne sait pas encore s’il renoncera ou non à la mer. Il a la réputation d’être un pêcheur coriace. “J’ai déjà pêché une carangue de 40 kilos …”.

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