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Grain de sable dans l?opposition
Après avoir hésité, durant la dernière législature, à mettre en péril son fauteuil de Premier ministre, Paul Bérenger serait-il maintenant prêt à jouer son manteau de leader de l?opposition sur le dossier de la représentation proportionnelle ? On le saura sans doute lorsque viendra le temps d?en discuter au Parlement.
Tout ce qu?on sait pour l?heure, c?est que le leader de l?opposition semble peu disposé à se plier une fois de plus face aux tergiversations de son partenaire, le Mouvement socialiste militant (MSM), sur la dose de représentation proportionnelle à injecter dans notre système électoral.
Il l?a laissé comprendre, vendredi, lors de son point de presse en solo à l?hôtel Labourdonnais. À l?express dimanche qui lui demandait s?il fallait à tout prix avoir une approche commune de l?opposition sur la question, il a répliqué que le moment venu, chacun devra prendre ses responsabilités.
« Si le MSM reste complètement bloqué par rapport à l?introduction d?une dose de proportionnelle dans notre système électoral, chacun aura à assumer ses responsabilités. »
Le leader de l?opposition a préalablement fait remarquer que le MMM, le MSM et le PMSD ne sont plus en alliance. En effet, les trois font chambre à part depuis la défaite subie aux élections municipales d?octobre dernier.
Ils agissent séparément sur le terrain, mais présentent néanmoins un front commun au Parlement.
Du temps où ils étaient ensemble au pouvoir, le MMM et le MSM n?ont pu accorder leurs violons au sein du Select Committee, présidé par Ivan Collendavelloo. Ce comité, mandaté après la publication du rapport Sachs pour proposer la formule appropriée de représentation proportionnelle, soumit en février 2004 deux propositions distinctes. L?une émanant de son président et secrétaire général du MMM, Ivan Collendavelloo. L?autre d?Emmanuel Leung Shing, alors Attorney General et principal porte-parole du MSM sur ce dossier. Les choses devaient ensuite en rester là.
« There is no record available to indicate whether any action had been initiated on the Report of the Select Committee chaired by Mr Collendavelloo », a précisé Navin Ramgoolam, mardi dernier au Parlement, en réponse au député, Yatin Varma, backbencher de la majorité.
Le Premier ministre devait par la même occasion annoncer son intention d?instituer un High-Powered Committee pour se pencher sur les différents aspects des recommandations de la commission présidée par Albie Sachs, membre de la Cour constitutionnelle d?Afrique du Sud.
Cette commission avait été mandatée pour revoir divers aspects touchant à la fois au rôle de l?Electoral Supervisory Commission, à la transparence en matière électorale, aux pouvoirs du président de la République, à la composition de la Judicial and Legal Service Commission, à la création d?une cour d?appel distincte de la Cour suprême, à l?introduction d?une dose de représentation proportionnelle, au financement des partis politiques.
Outre le comité d?élite présidé par Ivan Collendavelloo, un autre présidé par Emmanuel Leung Shing fut institué pour se prononcer sur le financement des partis politiques. Dans ce cas également, les choses n?ont guère évolué.
Pour ce qui est de l?intention gouvernementale concernant le High-Powered Committee, plusieurs points méritent d?être élucidés. Navin Ramgoolam a tout simplement laissé savoir qu?il y accordera toute son attention au retour de ses deux prochaines missions.
Le PM compte présider le comité de haute instance
Il semblerait également que le gouvernement a quelque peu hésité avant de décider à qui confier la présidence du prochain comité de haute instance.
En effet, dans un premier libellé de la réponse à l?interpellation du député Varma, il était question de confier cette tâche au ministre de la Justice.
Toutefois, lorsqu?il s?est mis debout pour répondre à Yatin Varma, le Premier ministre a révélé qu?il comptait le présider lui-même. Il a aussi ajouté qu?il comptait, le moment venu, avoir des consultations sur la question avec le leader de l?opposition.
Il a intérêt à le faire, car pour avoir la majorité constitutionnelle requise pour faire aboutir un tel dossier, le gouvernement devra inévitablement compter sur l?apport de parlementaires de l?opposition.
À ce jour, rien n?est encore acquis car pour Paul Bérenger, plusieurs points demandent à être éclaircis. Il veut, entre autres, savoir si le High-Powered Committee analysera l?ensemble des points contenus dans le rapport Sachs ou s?il adoptera une approche parcimonieuse en accordant un traitement particulier au dossier de la représentation proportionnelle.
Un comité restreint de quatre personnes
Le leader de l?opposition confie avoir sollicité des précisions auprès du chef du gouvernement lors de la pause déjeuner de mardi. Le Premier ministre n?a pu lui donner tous les renseignements.
L?idéal, selon Paul Bérenger, ce serait que le gouvernement institue un comité restreint de quatre personnes, composé de Rama Sithanen, Madun Dulloo, Ivan Collendavelloo et de lui-même, pour se pencher sur cette épineuse question.
Il est d?avis que « ce ne serait pas difficile d?arriver à un consensus sur la question, y compris avec le MSM ». Mais que de toute façon, l?opposition ne devrait pas inévitablement dégager une position commune sur cette question.
Paul Bérenger a cependant évité de dire si une nouvelle mésentente entre le MMM et le MSM sur un tel dossier équivalait à une cassure définitive entre les deux. Auquel cas, il faudrait aussi s?attendre à un réaménagement au sein de l?opposition parlementaire. À une nouvelle configuration qui remettrait également en cause le fauteuil de leader.
À ce jour, le MMM dispose de 10 sièges contre 11 pour le MSM et 2 pour le PMSD.
Mais nous n?en sommes pas encore là. Tout dépendra peut-être de la prochaine man?uvre du Premier ministre. Si l?exécutif arrive à présenter quelque chose d?alléchant aux mauves, la baraque de l?opposition risque fort d?imploser.
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