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Gonzalez, la 100e de l?Espagne
Devant la foule du Midi, dans la partie la plus espagnole de la France, Aitor Gonzalez a mis à profit une fausse journée de transition dans le Tour de France pour enlever en solitaire la 14e étape, hier, à Nîmes et offrir ainsi à l?Espagne son premier succès 2004.
L?ancien vainqueur de la Vuelta a signé la première victoire espagnole depuis le départ de la Grande Boucle, 25 secondes devant les Français Nicolas Jalabert et Christophe Mengin.
Le maillot jaune est resté la propriété du champion de France Thomas Voeckler de l?équipe La Boulangère à la veille de la seconde journée de repos.
Cette étape de 192 km reliant Carcassonne à Nîmes, sur un parcours dénué d?obstacles, a éprouvé nombre de coureurs à cause d?un départ ultra-rapide. En deux heures, le peloton a parcouru plus de 91 kilomètres... malgré le vent souvent défavorable, à cause d?une multitude de tentatives d?échappée.
?On a fait 100 kilomètres à bloc?, a raconté le porteur du maillot vert du classement par points, l?Australien Robbie McEwen.
Au 100e kilomètre, l?échappée décisive a pris tournure entre les vignobles, du côté de la splendide abbaye de Valmagne. Dans le groupe de dix coureurs qui s?est alors dégagé à l?initiative de Jalabert, nul ne représentait un danger au classement général. Le mieux classé, l?Espagnol Egoi Martinez, affichait plus d?une demi-heure de retard.
Les dix échappés (Jalabert, Botero, Martinez, Landaluze, de Galdeano, Gonzalez, Fédrigo, Mengin, Wrolich, Lotz) ont creusé un écart important sur un peloton qui a choisi de souffler après l?allure folle du début de l?étape.
De 10 minutes au Km 140, le retard s?est élevé à plus de 14 minutes à l?arrivée, où McEwen a réglé le peloton devant le Norvégien Thor Hushovd.
Mengin très près
Pour le gain de l?étape, Aitor Gonzalez a distancé à 7 500 mètres de la ligne ses neuf compagnons d?échappée. Mengin a ramené le groupe tout près de lui quelques instants plus tard mais n?a pas été relayé par ses compagnons. La mésentente a facilité la tâche du futur vainqueur, nanti d?une courte avance de 12 secondes aux trois kilomètres.
Aitor Gonzalez, 29 ans, réputé pour sa jovialité et une distraction légendaire, s?est affirmé en 2002, sous le maillot de la Kelme (l?équipe non-invitée au Tour 2004 après les révélations de dopage de l?un de ses anciens coureurs, Jesus Manzano).
Le rouleur espagnol a gagné cette année-là deux étapes du Giro et trois de la Vuelta, dont il a remporté également le classement final.
Dans le Tour de France, celui qui a été surnommé un temps TerminAitor n?avait jamais connu de réussite. Ses deux précédentes participations en 2001 et 2003 s?étaient soldées par deux abandons sans gloire.
?J?ignorais que c?était la 100e victoire espagnole dans le Tour comme on me le dit?, a déclaré le vainqueur du jour, qui a expliqué sa nouvelle motivation : ?J?étais très déçu après l?étape de Beille (samedi). Le classement général était fini pour moi. J?ai dû me dire que c?était un autre Tour qui commençait pour moi, que je devais envisager la course d?une autre manière.?
?J?ai été engagé par l?équipe pour faire les classements dans les grands Tours?, a ajouté Aitor Gonzalez, en réponse aux critiques récurrentes de la direction de sa formation ces derniers mois. ?C?est normal que l?on ne soit pas content de moi, moi non plus d?ailleurs.?
A Nîmes, le Basque de naissance, a donné à l?équipe Fassa Bortolo de Giancarlo Ferretti sa troisième victoire depuis le départ.
Privée de l?Italien Alessandro Petacchi, qui a fait chou blanc cette année, la formation italienne s?est adjugée le prologue de Liège, grâce au Suisse Fabian Cancellara, et la 7e étape à Saint-Brieuc, par l?espoir italien Filippo Pozzato.
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