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Gestion : Zéro de moyenne

26 août 2007, 00:00

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L?université est pleine à craquer.

À première vue, il y a plutôt matière à célébrer. Notre hantise n?est-elle pas le manque de ressources formées ? Cette « surpopulation » serait donc rassurante. Le bassin duquel puiseront les industries nouvelles s?agrandit ; les employeurs peuvent respirer. L?université « se démocratise » ; les militants de justice sociale peuvent se réjouir. Erreur. Cette surpopulation est une illusion d?optique. Le nombre d?étudiants est bien en deçà de ce qu?il devrait être.

Et c?est précisément l?une des causes premières de tout ce brouhaha.

Le problème de l?université n?est pas les cours que l?on veut dispenser dans les écoles. Le cadre n?a jamais influencé la qualité de l?enseignement. Les amphis bondés caractérisent l?université populaire. En lettres modernes, à Aix-en- Provence, nous suivions le module de littérature fantastique? à l?IUT, une école technique. C?était il y a 15 ans. La situation n?est pas meilleure aujourd?hui.

La question des mémoires à trois n?est pas plus pertinente. C?est peut-être d?ailleurs le moyen d?en obtenir des meilleurs que certains des travaux individuels soumis actuellement?

Le problème est que l?université manque d?étudiants pour être rentable. Certaines dépenses sont couvertes par la subvention gouvernementale, d?autre, par les frais d?inscription. Son déficit est expliqué par le fait que les revenus attendus de ces frais ne sont pas arrivés. Les dépenses augmentent, sous l?effet de plusieurs facteurs, mais les diplômes introduits pour équilibrer les comptes n?attirent pas suffisamment d?éléments. Faute de candidats pour certains diplômes, en finances et en comptabilité notamment, ceux-ci ont dû être annulés. Les annulations d?inscription d?élèves par manque de moyens financiers aggravent le problème. La pression sur l?État se fait alors plus forte pour davantage de fonds. Et le ministre rétorque que les fonds consacrés à l?éducation tertiaire ont augmenté de 30 % en quatre ans. Raisonnable, c?est à peu près à ce rythme que le taux d?admission a évolué sur cette période.

Le problème soulève deux questions. Celle de la gestion de l?entreprise Université, gestion qui dénote la faiblesse de nos ressources administratives. Depuis 2004, l?entreprise affiche un déficit de Rs 50 millions et frise la crise. Toute société dans cette situation engage réformes et réajustements, d?autant plus énergiquement qu?elle est un poumon de l?économie.

Le ministre Gokhool, maître-ès-gestion, aurait pu s?intéresser de manière plus étroite à la gestion de l?argent par la Tec. Il avait le devoir de mettre les ressour-ces qui auraient décidé comment l?université doit évoluer dans un environne-ment concurrentiel, de placer des gestionnaires au front.

Notre problème, ici, est le même que celui que l?on déplore depuis le début de mandat : le manque de pragmatisme, la lenteur dans l?« implémentation » des grands projets. Tous les modèles ont été étudiés, tous les objectifs sont posés. Tous savent où il faut aller. Mais les moyens ne suivent pas. Pour une raison ou pour une autre. Sur le plan de l?exécution, le gouvernement Ramgoolam continue à traîner un réel problème.

L?autre question est celle de la stratégie. Faut-il revoir les attentes par rapport aux MSc pointues et autres « postgraduate » qui ne remplissent pas les salles ? Peut-être les Rs 144 millions consacrées aux bourses d?études devraient-elles servir à encourager les plus méritants de l?université de Maurice à aller poursuivre leurs études à l?étranger, pendant que l?on agrandit les salles pour accueillir davantage d?élèves au niveau « degré ». L?uni-versité évolue dans un espace concurrentiel ; certaines formations techniques, professionnelles et coûteuses, devront être laissées au privé. Soucions-nous de démocratiser. En septembre 2006, l?ancien Premier ministre d?Irlande nous laissait comme message : « Il est très difficile d?attirer des industries high-tech avec votre niveau d?éducation. Il est beaucoup moins élevé que dans d?autres pays qui ont le même niveau de développement que le vôtre. Dans ces pays, environ 30 % des jeunes ont une formation universitaire, tandis qu?à Maurice, le taux est de 12 % seulement. » Gokhool chiffrait à 19,5 % en juin 2006, le « gross tertiary enrollment ratio ». La différence importe peu, le taux reste trop bas.

Pendant que ça chahute à l?université, les journaux continuent à se remplir d?appels de candidatures. Parallèlement au plan stratégique pour l?université, le ministre Gokhool traitera-t-il avec la même priorité ces 73 % qui entrent au secondaire et qui en sortent sans HSC. Il nous faut au moins cinq collèges polytechniques qui leur donneront une « éducation supérieure » et les prépareront aux métiers orientés vers les industries de service. Mais comme pour l?agrandissement de l?université, ça aussi on le sait?

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