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George Bush dans la «cybercité» d?Hyderabad

3 mars 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Tabassum Zakaria & Palash Kumar

George Bush s'est rendu hier dans la «cybercité» indienne de Hyderabad, dont les habitants d'origine musulmane ont considérablement réduit leurs activités en signe de protestation contre cette visite, la première en Inde du président américain depuis son accession à la Maison blanche.

Bush est arrivé à Hyderabad à bord de son avion présidentiel pour une viste de quelques heures au lendemain de la signature d'un accord sur le nucléaire civil avec l'Inde.

Le président américain et son épouse Laura ont été accueillis par des responsables régionaux à leur descente d'Air Force One et des enfants leur ont remis des guirlandes de fleurs.

Souriant, Bush a signé des autographes et embrassé chacun de ces enfants avant de monter à bord d'un hélicoptère militaire américain l'emmenant dans une école d'agronomie.

«Oussama est notre idéal»

Bush a visité le centre de recherches de cet établissement, qui collabore depuis 2004 avec l'université américaine de Cornell en faveur du développement de l'agriculture indienne.

En bras de chemise, le président américain a également assisté à des démonstrations d'appareils permettant notamment de fabriquer des chapeaux ou des paniers avec des feuilles de palmier et des fibres de banane.

La grève organisée par un front regroupant sept organisations musulmanes à Hyderabad, ville du plateau du Deccan (centre de l'Inde) dont 40 % des habitants sont musulmans, a eu toutefois pour conséquence l'annulation de certaines apparitions de Laura Bush, a indiqué la police indienne, ce que n'ont pas confirmé les autorités américaines.

La circulation était fluide hier dans les rues habituellement bondées de Hyderabad. De nombreux marchés et commerces ont en outre été fermés en signe de protestation contre la venue du président américain.

D'importants groupes d'hommes, pour la plupart musulmans, se sont formés à certains carrefours, sous la vigilance de policiers anti-émeute et de véhicules équipés de canons à eau.

«Oussama est notre idéal, nous pouvons mourir pour Oussama», ont scandé des étudiants défilant dans les rues de Hyderabad avec des portraits d'Oussama ben Laden, le chef d'Al Qaïda.

Avant l'arrivée du président américain, le chef du conseil local des oulémas (sunnites), Moulana Syed Shah Badruddin Quadri Al Jeelani, a demandé aux musulmans de réciter des versets du Coran afin d'éloigner Bush de la ville.

Vade retro bush

«Il n'est rien de moins qu'un Satan et, étant donné que nous ne pouvons pas physiquement le chasser, nous invoquons une intervention divine en récitant les écritures», a-t-il expliqué.

Hyderabad a été la proie de sanglantes émeutes intercommunautaires durant les années 1980 et la sécurité a été sensiblement renforcée avant la venue du couple présidentiel américain.

Au moins 30 bataillons d'infanterie et de police et 3 000 francs tireurs ont ainsi été déployés. Des chasseurs et des hélicoptères devaient fournir une couverture aérienne, a indiqué Mahender Reddy, commissaire de police de la partie «high-tech» de la ville, Cyberabad. Bush devait regagner New Delhi dans la journée pour y prononcer dans la soirée un discours au Fort Rouge, haut lieu de la capitale indienne.

Jeudi, Indiens et Américains ont conlu un accord de coopération dans le nucléaire civil, à l'occasion de la visite de Bush. Cet accord est un pas important pour New Delhi: longtemps considérée comme un paria du nucléaire, l'Inde peut désormais espérer bénéficier de l'aide technologique des Etats-Unis, qui lui fourniront aussi du combustible. L'accord pourrait aussi ouvrir aux Indiens les portes du commerce avec d'autres puissances nucléaires.

Bush doit se rendre ensuite au Pakistan.

© 2006 Reuters

Des violences entre police et musulmans font 5 blessés

Cinq personnes ont été blessées dans des violences qui ont éclaté entre des policiers et des Indiens musulmans protestant contre la visite du président américain.Les affrontements ont éclaté après la fin de la prière du vendredi alors que certains des quelque 5 000 fidèles qui quittaient la mosquée Mecca ont commencé à lancer des pierres contre la police anti-émeute stationnée à l'extérieur de l'édifice.La police a alors repoussé la foule vers l'intérieur de la mosquée d'où des pierres, des chaussures ou des bouteilles de plastique continuaient d'être lancées contre les forces de l'ordre. Certains protestataires ont aussi brûlé une effigie du président Bush dans la rue avant de se replier dans la mosquée. Cinq personnes, dont deux policiers, ont été blessées, aucune sérieusement, ont dit à l'AFP des membres des forces de l'ordre sur place. L'affrontement a duré au total 45 minutes. Le calme revenu, les fidèles ont été autorisés à quitter la mosquée.

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