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Garde à vue prolongée pour le général Fidy
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Garde à vue prolongée pour le général Fidy
La journée d?hier a été longue pour le général Randrianafidisoa. Les prochains jours et mois à venir risquent également de ressembler à celle-ci pour lui.
Après une dizaine d?heures d?attente et une autre heure d?interrogatoire au Parquet du tribunal d?Anosy, le général Fidy a été reconduit à Fiadanana. Sous escorte des éléments de l?état-major mixte opérationnelle (Emmo/Far), il a rejoint la section de recherche criminelle de la Gendarmerie, après avoir été déféré.
?En principe, le général Fidy doit être placé sous mandat de dépôt?, affirme l?un des ses avocats. ?Mais comme d?autres charges sont encore retenues contre lui, il est remis entre les mains des enquêteurs pour une audition demain (ndlr : aujourd?hui). Tout de suite après, il sera transféré dans un autre lieu qui n?est pas encore dévoilé?, poursuit-t-il.
Pour l?instant, trois chefs d?inculpation sont déjà retenues contre le général Fidy. ?Il est accusé d?atteinte à la surêté de l?état pour avoir annoncé la mise en place d?un directoire militaire, le 17 novembre. Il est également accusé de menace de mort avec arme et de séquestration?, confirme le commandant Tahina Ramaroson, chef de section de recherche criminelle à la Gendarmerie, à Fiadanana.
Mais l?affaire ne s?arrête pas là. Il reste encore quatre autres charges qui attendent le général. ?J?ai encore besoin de lui pour d?autres dossiers, concernant, entre autres, un meurtre ou une atteinte à la surêté de l?état, outre celle traitée aujourd?hui (NdlR : hier)?, souligne l?officier, responsable de l?enquête auprès de la Gendarmerie. Car au total, le général Fidy doit répondre à sept chefs d?inculpation.
Pour sa part, le général Fidy, qui s?est présenté au tribunal vêtu d?un complet bleu nuit et d?une chemise verte, a semblé détendu, du moins jusqu?à hier midi. ?Heureusement qu?il a encore le moral?, affirme l?un de ses fils, pour évoquer l?état d?esprit de son père.
Soutien en bloc
Mais la défense du général Randrianafidisoa se montre plutôt pessimiste. ?J?ai comme une impression que tout est déjà établi d?avance?, avance l?un des avocats de l?officier général, sans préciser ses pensées. Il évite également d?entrer dans les détails, concernant son affirmation ?à cause de la délicatesse du dossier?, selon ses termes.
De son côté, la résignation semble également guetter Pascal Randrianafidisoa, un des fils de l?officier général. ?Nous nous attendons au pire. C?est quand même le pilier de la famille qui est touché?, annonce-t-il à propos de la procédure engagée à l?encontre de son père.
?Pour nous, c?est le commencement d?un nouveau parcours?, ajoute Pascal. ?Malgré ce qui s?est passé, la famille fait bloc derrière lui pour le soutenir?, assure-t-il, commentant les événements entourant la poursuite lancée contre son père. La présence de plusieurs membres de la famille du général Fidy à Anosy semble confirmer ses paroles.
ILONIAINA Alain L?express de Madagascar
COUP DE FORCE A IVATO
■ Début de l?audition du général Fidy. Le général Randrianafidisoa doit maintenant répondre aux enquêteurs, concernant ses actes lors du coup de force à Ivato, le 17 novembre. Il risque gros, compte tenu des ?preuves? qui l?accablent.
Les autorités chargées de l?enquête sur l?affaire Randrianafidisoa s?activent dans le traitement du dossier. Moins de 24 heures après l?arrestation de l?ancien directeur général de l?Office des mines nationales et industries stratégiques (OMNIS), le début de l?audition est annoncé.
?Nous allons entamer l?audition du général Randrianafidisoa aujourd?hui (NdRr. hier)?, a certifié le Commandant Tahina Ramaroson, chef de section de recherche criminelle de la Brigade de la Gendarmerie. ?Certes, ce dernier a requis la présence d?un avocat, mais cela ne nous empêche pas d?entamer la procédure?, a-t-il poursuivi.
Mercredi, les enquêteurs ont pourtant déclaré que le début de l?audition est subordonné à l?arrestation des autres personnes impliquées et recherchées. ?Pour l?instant, nous sommes encore à la recherche de ces individus?, a expliqué le Commandant Tahina Ramaroson. Sans pour autant livrer leur identité ni leur nombre, il admet seulement que des ?militaires, civils, de nationalité malgache ou étrangère, sont recherchés?. Pendant l?audition, le général Fidy, déjà placé en garde à vue à Fiadanana, doit en tout répondre à cinq charges. Elles concernent son coup de force à la Base aéronavale d?Ivato et sa déclaration pour la mise en place d?un directoire militaire, le 17 novembre. Ainsi il est, entre autres, accusé d?atteinte à la sûreté de l?état ou encore de meurtre. La question de meurtre a trait à l?échange de tirs entre les compagnons du général Fidy et les éléments des forces de l?ordre, venus déloger les premiers nommés, à Ivato, le 18 novembre.
Un soldat a été tué lors de l?accrochage.
Le général Randrianafidisoa risque ainsi gros dans l?affaire. D?ailleurs, un responsable de l?enquête déclare déjà ?disposer des preuves?, l?accablant. Le même responsable fait référence aux explosifs, aux munitions, aux matériels de transmission et à un document, qui auraient été saisis lors des perquisitions au domicile du général Fidy, au mois de novembre.
Le général Petera Behajaina appelle à la reddition
Le 17 novembre, quand le général Fidy a investi la base aéronavale d?Ivato, il était accompagné par d?autres officiers et sous-officiers. Après la capture du général, deux colonels échappent encore aux mains des autorités. C?est en direction de ces officiers que le général Petera Behajaina, ministre de la Défense nationale a voulu lancer un appel.
?J?encourage ceux qui sont encore en cavale à se rendre?, a exhorté le général Petera Behajaina hier, au ministère de la Défense, à Ampahibe. ?Tôt ou tard, vous tomberez entre les mains du pouvoir?, a poursuivi le ministre de la Défense nationale.
Tout comme le secrétaire d?Etat chargé de la sécurité publique, Lucien Victor Razakanirina, le général Petera Behajaina ne cache pas non plus son ?soulagement?, après l?arrestation du général Fidy. Soucieux d?en finir avec ce dossier brûlant, il prend les devants, après s?être emmuré dans le silence depuis trois semaines. Il espère ainsi agir sur le moral des deux colonels.
Après la diffusion de l?avis de recherche lancé par le pouvoir, les officiers et sous-officiers se sont évanouis dans la nature. Mais un à un, ils se sont par la suite rendus aux mains des autorités. ?Quatre officiers se sont déjà rendus et se trouvent sous la responsabilité de leur chef hiérarchique?, a déclaré le général Raonenantsoamampianina, chef d?Etat-major général des armées (CEMGAM), il y a quelques jours. Ceux qui se sont rendus ont déjà été entendus par les enquêteurs, selon toujours le CEMGAM. Ce dernier a également laissé entendre que tout dernièrement, un autre sergent a également imité les autres officiers.
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