Publicité

G. Duval : les Ilois sont Britanniques

17 juillet 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La mi-1981 voit l?échec d?une tentative de Chagossiens d?obtenir une compensation additionnelle pour espérer atténuer quelque peu l?échec complet ou presque de leur insertion dans la société mauricienne. Cet échec s?explique en grande partie par l?indifférence générale des Mauriciens à l?égard des malheurs de leurs frères et s?urs chagossiens, bien que l?excision de leurs îles natales est le prix réclamé pour obtenir leur indépendance politique, rançon acceptée peu glorieusement par Sir Seewoosagur Ramgoolam, leader du Parti travailliste, qui se résout finalement à sacrifier les Chagossiens sur l?autel de ses ambitions indépendantistes.

L?indifférence mauricienne, à l?égard de la détresse chagossienne, est le fait autant de l?ensemble de la population que de ses autorités gouvernementales, politiques, syndicales, sociales et religieuses.

La presse interviewe Gaëtan Duval qui rappelle volontiers les circonstances londoniennes de la triste excision des Chagos du territoire mauricien, démembrement honteusement exigé par le gouvernement colonialiste anglais.

En 1965, lors des négociations constitutionnelles, à Londres, le PMSD propose que l?accession ou non de Maurice à l?indépendance politique se détermine lors d?un référendum et non par le truchement d?élections législatives. Londres invite alors les parties concernées à se réunir, en marge de ces négociations, pour examiner la question de Diego Garcia. Un sous-comité se met en place. Jules Koenig y représente le PMSD. Les Anglais font savoir qu?ils ont besoin de cette île en raison de sa position stratégique au milieu de l?océan Indien. Et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas alors qu?il s?agit d?un langage éminemment militaire et qu?il en va du contrôle impérialiste de cette région. Le PMSD propose que Maurice mette Diego Garcia à la disposition des Anglais en échange d?une location dont le montant annuel sera périodiquement révisé. En proposant cette location, le PMSD fait clairement ressortir qu?il tient irréductiblement à ce que les Chagos continuent à faire partie intégrante du territoire mauricien.

Les Anglais se rebiffent et font savoir qu?il ne saurait être question d?une location, laissant sans doute entendre qu?ils exigent la pleine propriété des Chagos. Devant le refus britannique, Ramgoolam se tient à carreau. Jules Koenig se retire alors du sous-comité. Ramgoolam accepte, dans le dos du PMSD, de céder les Chagos à ses bons amis anglais. Cela constitue un accord en bonne et due forme, au dire de Duval.

La question de Diego Garcia revient sur le tapis, au conseil législatif, quelques semaines après la fin des négociations constitutionnelles à Londres. En réponse à une interpellation parlementaire, Ramgoolam doit concéder la cession, acceptée par le PTr et lui, des Chagos aux colonialistes anglais. Le PMSD fait savoir qu?il est mis devant le fait accompli et se retire du gouvernement de coalition PTr-PMSD-CAM, mis sur pied en 1964-65. On apprend alors que le prix de la vente des îles natales de nos frères et s?urs chagossiens est, non pas de 30 deniers, mais de Rs 40 millions. Le PMSD estime, bien sûr, cette somme inacceptable.

La presse interroge alors Duval sur le statut juridique des Ilois. Il réplique qu?il est indiscutable que ceux-ci sont des Britanniques, ayant juridiquement droit au passeport et à la nationalité britanniques. Ils le sont au moment de la vente infamante de leurs îles à la puissance colonialiste. Ils le demeurent au moment où Maurice accède à l?indépendance . Ils sont des sujets britanniques quand ils sont ignominieusement chassés de leurs îles natales pour être exilés par leur gouvernement dans un pays ?étranger? (aux yeux des Anglais), l?île Maurice.

Duval soutient que des avocats anglais, Mes Bloom-Cooper et Bernard Sheridan, partagent son point de vue. Encore qu?il faille, précise-t-il, s?entendre sur la définition des plus élastiques et accommodantes du terme ? britannique?. Les Ilois ne perdent aucunement leurs droits à la nationalité britannique sous prétexte que le gouvernement mauricien a accepté une compensation pour l?excision des Chagos du territoire mauricien. Ils ne peuvent être tenus responsables d?une décision que le gouvernement mauricien prend à leur insu.

Duval estime que le Pr André Oraison de l?université de la Réunion se trompe quand il affirme que l?excision des Chagos constitue un démembrement que condamne une convention onusienne, imposant aux anciennes puissances colonialistes le respect des territoires de leurs anciennes colonies. Le leader du PMSD met en avant, à ce propos, les milliers de kilomètres séparant les Chagos de Maurice. Il soutient que l?interdiction de démembrement suppose une certaine proximité géographique.

Publicité