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G. d?Arifat : le MMM bute sur 30 % et Best Losers

19 juillet 2007, 00:00

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L?incomparable observateur de la res publica, qu?est Guy d?Arifat, continue à analyser les premiers pas du nouveau gouvernement MMM-PSM. A la mi-juillet 1982, il constate que des fausses notes sont commises, pouvant causer une chute de sa nouvelle popularité quasi plébiscitaire. Il l?évalue même à environ 30%, soit le pourcentage de la compensation salariale, promise peut-être par des candidats mauves imprudents et depuis fortement réduit, en raison d?un bon sens économique inévitable comme de la présence intermittente de gendarmes du FMI, plus spécialement chargés de rappeler aux Mauriciens de 1982 qu?ils sont condamnés à l?économie surveillée.

En bon psychologue, pardon... en bon avocat, Guy d?Arifat s?attarde plus particulièrement sur les réactions de nos nouveaux gouvernants. En fin analyste, il compare leur comportement d?une conférence de presse à une autre. L?exercice se révèle riche en informations. Il se permet une remarque préliminaire. Son seul intérêt à rendre public son jugement sur les premiers pas du gouvernement MMM-PSM est celui du pays. Il le compare à la corruption qui semblait présider aux destinées du régime ramgoolamien sortant ou encore à la répression qui qualifie, selon lui, le pouvoir partagé entre PTr et PMSD de 1969 à 1973 et de 1976 à 1982.

Il note que ce premier GM Jugnauth (juin 1982-mars 1983) bute sur notre précarité économique et sur la complexité sociologique mauricienne. Le fait nouveau, selon lui, est une stabilité (?) politique qu?il qualifie de jeune, neuve et ambitieuse. Il n?anticipe donc pas une lamentable cassure au bout de seulement neuf mois. Preuve évidente, et même accablante, que le principal défaut du MMM de Paul Bérenger est qu?il ne sait pas s?accrocher au pouvoir, à l?encontre du PTr qui, avant même d?être bouté hors de l?Hôtel du GM, pense déjà au meilleur moyen, et surtout à celui le plus rapide, de retrouver son statut de locataire en chef de l?immeuble de Mahé de Labourdonnais bientôt tricentenaire. Toujours ce complexe mauve indéracinable du poêlon trop chaud.

Il note encore : la base militante est devenue la masse de Mauriciens. Mais ce qu?elle gagne en quantité, elle le perd en versatilité. Une inconstance telle qu?elle peut à tout moment faire chavirer le frêle esquif MMM-PSM, tout comme elle a déversé au fond de l?abîme les occupants de l?ancienne pirogue travailliste.

Le gouvernement MMM-PSM semble vouloir privilégier le dialogue et la transparence à ses débuts. Cela exige, toutefois, une franchise irréprochable. Toute fausse note ne peut que créer un doute irrémédiable et faire autant de bruit qu?un pétard canon à minuit (nuit de la Saint-Sylvestre non comprise). Exemple pourtant de fausse note autant militante que mauve. Pendant ses nombreuses années d?opposition, le MMM de Bérenger ne cesse de diaboliser la police politique et espionne de Ramgoolam et promet la fin prochaine du SSS. Parvenu au pouvoir, voilà le 1er GM Jugnauth qui tergiverse et découvre soudainement des qualités à une police chargée aussi de la sécurité des Mauriciens. Le voilà qui crée même la NIU SSS dans l?espoir de nous faire avaler cette pilule. Il est, de plus, trop tôt pour se justifier : Pas moi sa, Jugnauth sa ! La grâce d?Etat (qui s?acquiert en parvenant enfin au pouvoir) inspire à Jugnauth le regret de cette promesse militante de dissolution de la SSS. Suivrent des raisons bancales : les espions, anciennement à la solde de Ramgoolam, sont des policiers en bonne et due forme. On ne peut leur dire : lève paquet allé ! Les opposants mauves, parlementaires depuis décembre 1976, pouvaient-ils ne pas le savoir ?

Deuxième fausse note : le petit livre mauve, le manifeste électoral MMM-PSM, peut servir de livre de référence mais pas au point de devenir parole d?évangile. Un GM intelligent cherche à valoriser la franchise sur le plan national. Un GM débile se contente d?essayer de sauver la face et ses fesses. Troisième fausse note : impossible d?imposer aux secteurs public comme privé une compensation salariale de 30 %. Quoi faire ? Tout simplement reconnaître son erreur et présenter ses plates excuses. Il y a le panier percé qui ne retient pas l?eau ni les sous. Il y a aussi celui qui transforme les promesses en dénégations. Il suffit de consulter les journaux d?avant le 11 juin 1982 pour vérifier s?il y a eu ou non promesse de compensation salariale de 30 %. Laissons ce boulot aux Travaillistes. L?abolition des Best Losers ne figure pas dans le petit livre mauve. Mais l?île Maurice la réclame à ceux à qui elle a donné un gouvernement 60-0. Elle supplie qu?on enlève cette tare raciste de notre Constitution. Les Best Losers sont qu?ils le veuillent ou non le symbole du communalisme au sein du Parlement mauricien. Nul d?entre nous n?est obligé d?accepter d?être désigné Best Loser. Jules Koenig a noblement refusé une désignation aussi déshonorante.

Question pour un champion : les ministres de juin 1982 se sont-ils livrés à une autocritique digne de ce nom à partir de cet article de Guy d?Arifat ? Réponse : Arrête rêver camarade !

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