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Gérard Tyack montre du doigt Robert Rivalland
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Gérard Tyack montre du doigt Robert Rivalland
L?interrogatoire de l?ancien directeur financier d?Air Mauritius, Gérard Tyack, témoin de la poursuite dans le procès intenté à Robert Rivalland et Derek Taylor, deux anciens cadres de Rogers, a pris fin hier. Ces derniers sont accusés de complot pour commettre une fraude de Rs 85 millions au préjudice d?Air Mauritius. Ils sont soupçonnés d?avoir opéré un mécanisme de paiement de commissions spéciales non dues à Rogers.
Gérard Tyack a expliqué que la série des «commissions spéciales» qui dataient du début des années 1980, a pris fin en août 1999 avec un paiement de Rs 800 000, qu?il décrira dans le détail.
L?ex-directeur financier a expliqué que le mécanisme de la fraude était établi comme suit : après avoir obtenu le montant des revenus des ventes des billets d?avion, il devait déduire, du montant déclaré, le pourcentage convenu. Il établissait ensuite une facture pro forma (draft invoice) sur papier à en-tête de Rogers pour le montant de la commission déduite. Il adressait cette facture à Robert Rivalland chez Rogers, qui en faisait une nouvelle dans la forme habituellement utilisée par Rogers et la renvoyait à Gérard Tyack. Ce dernier faisait établir un chèque à l?ordre de Rogers par le département trésorerie d?Air Mauritius.
La fin du fonds spécial</B>
Ce chèque portant deux signatures autorisées était retourné à Tyack qui l?adressait de nouveau à Robert Rivalland. Celui-ci le donnait à être endossé par deux signataires de Rogers. Ce qui en faisait un chèque au porteur. Tyack encaissait ensuite le montant à la banque.
Le témoin a déclaré qu?il avait adressé des réclamations à Rogers pour les mois de septembre, octobre et novembre 1999 pour ces commissions. Ces paiements n?ont pas été honorés pour la simple et bonne raison que les commissions spéciales avaient pris fin. Il soulignera toutefois que la réclamation pour le mois d?août 1999 s?élevait à Rs 816 793 et que Robert Rivalland ne lui a retourné que Rs 800 000. Quand il a soulevé la question des Rs 16 000 manquantes, ce dernier lui a répondu : «Gérard ne fait pas le boutiquier?» Le témoin devait ajouter que c?était typique de l?humour de Robert Rivalland.
<B>Demande de non-lieu</B>
Par contre, Gérard Tyack a déclaré n?avoir expliqué le mécanisme de la caisse noire ni à l?autre accusé Derek Taylor ni même à Tim Taylor, le Chief Executive Officer de Rogers à l?époque où le scandale a éclaté.
Le témoin a ensuite été contre interrogé sur un compte bancaire qu?il opérait par procuration au nom de son jardinier. Ce compte bancaire a été ultérieurement ciblé car il faisait état d?un solde de plus de Rs 12 millions au 2 juin 1995. Gérard Tyack a concédé qu?il avait le «contrôle total» de ce compte et qu?il y plaçait ses économies et des fonds provenant de la «caisse noire».
L?ex-directeur financier d?Air Mauritius a expliqué qu?il n?a jamais eu de compte courant. Et jusqu?à ce jour. «Vous trouverez peut-être cela étrange mais c?est mon notaire qui me l?a conseillé.» Une recommandation que le témoin dit avoir suivi depuis qu?il a commencé à travailler. Il a finalement rappelé qu?il avait remboursé Rs 27 millions à Air Mauritius.
Le procès se poursuit ce matin en cour intermédiaire. Les avocats de la défense plaideront pour un non-lieu (no case to answer) en faveur de leurs clients. Robert Rivalland est défendu par Mes Guy Ollivry QC et Yanilla Moonshiram. Derek Taylor est représenté par Mes Maxime Sauzier, Yousouf Aboobakar et Robin Ramburn. La poursuite est représentée par Me Gaytree Manna.
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