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Gérard Sullivan s?éloigne de la MBC/TV

22 janvier 2008, 20:00

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Il n?y a pas que Matou Delaître à se plaindre du dysfonctionnement de la MBC de l?ère Gaëtan Essoo vs. Boodhoo. Gérard Sullivan se met de la partie et s?en explique aux Mauriciens, à travers une lettre ouverte que l?organe du PSM, Le Socialiste, est, une fois n?est pas coutume, le premier à publier. Gérard Sullivan, aujourd?hui, vicaire général du diocèse de Port-Louis, parvient toujours à allier harmonieusement ses activités et responsabilités sacerdotales et la réalisation de plusieurs émissions de radio et de télévision, pour ne rien dire de ses concerts et spectacles aussi grandioses que les super-réalisations de Cécil Blount de Mille (cinéaste amerloque connu pour penser en lettres majuscules) sans jamais pour autant tomber, comme le réalisateur des

Dix Commandements, dans la mégalomanie, l?autocratie et encore moins dans le commercial. Pour Gérard Sullivan, monter la moindre émission audiovisuelle ou le moindre spectacle demeure prioritairement une façon moderne de proclamer à temps et à contretemps l?Evangile de Jésus Christ. Cela tous les Mauriciens le comprennent parfaitement, sauf un petit nombre de bouchés à l?émeri, incapables de comprendre qu?un Gérard Sullivan est absolument incapable de servir deux Maîtres à la fois et qu?il ne peut faire que ce qu?il estime devoir faire, au nom de l?évangélisation des hommes de bonne volonté.

Il prend donc un congé qu?il espère temporaire de la MBC, avec la discrétion qu?on lui connaît. Il parle de raisons éminemment personnelles, en prétextant son allergie innée à l?égard de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une magouille. Laquelle et même lesquelles ? On n?en saura pas plus. Il s?explique.

Le lundi 3 janvier 1983, il se rend au bureau de Gaëtan Essoo et l?informe de ses intentions de mettre fin temporairement aux activités qu?il exerce à la MBC, en tant que producteur à temps partiel et à la pige depuis une dizaine d?années.

Il lui rappelle à cette occasion, la visite qu?il lui rend après sa nomination comme successeur de Jean Roland Delaître à la tête de la MBC. Il lui confie alors son étonnement d?être toujours en poste alors qu?autour de lui sévit une véritable chasse aux sorcières, consistant à faire table rase des collaborateurs occasionnels de la MBC, soupçonnés, souvent à tort, d?être à la solde de l?ancien gouvernement travailliste. Il le prévient que le jour qu?il se sentira de trop à la MBC, il n?aura d?autre alternative que de soumettre sa démission et de s?en aller.

A la fin de 1982, à la suite de certaines «magouilles», produites autour de l?une des émissions télévisées Simenef, auxquelles il participe activement, Gérard Sullivan déduit que le moment est arrivé pour lui de s?éloigner d?une MBC qu?il ne reconnaît plus. D?où la soumission, le 3 janvier 1983, de sa démission temporaire, tout de suite acceptée d?ailleurs.

Gérard Sullivan précise (mais était-ce nécessaire ?) qu?il ne s?en va pas pour une question d?argent. Il précise que pour toute émission radiophonique, Tel quel, il recevait un cachet de Rs 100 et un autre de Rs 75 pour Méditations, cachets versés, tout de suite au Studio d?Art sonore de Rose-Hill. Pour Simenef il n?a reçu, à ce jour, aucune allocation.

Il s?en va pour une question de dignité humaine. La véritable richesse est, selon lui, justement de pouvoir partir librement quand il pense ne pas pouvoir fréquenter plus longtemps un lieu, une institution, une personne. Il s?en va mais laisse la porte ouverte car, à quelques exceptions près, il ne laisse que des amis à la MBC, des confrères et des s?urs avec lesquels il est heureux d?avoir pu travailler. Il s?en va sans regret parce que la radio, comme la télévision, ont été pour lui une expérience enrichissante et épanouissante. Il se retire temporairement car il sait que les beaux jours reviendront à la MBC. Il dit donc à tous ses amis de la MBC, comme aux téléspectateurs et auditeurs, qu?ils ont été sa meilleure récompense dans toute cette aventure humaine. A tous, il dit : «dans l?attente de jours meilleurs».

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