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Géométrie variable

12 juin 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

Eric Guimbeau a l?air dégoûté du monde politique, constate notre journaliste Marie-Annick Savripène, qui dresse plus loin dans ce journal le portrait de ce personnage atypique. On pourrait aussi dire que le monde éprouve du dégoût pour ces élus qui n?ont pas la notion de morale en politique.

Élu aux élections législatives de l?an 2000, puis réélu en 2005, sous la bannière du MMM, ce député dit avoir abandonné son parti parce qu?un de ses colistiers avait donné des consignes de vote communales aux dernières élections. Dans un premier temps, on peut saluer son geste comme une réaction honorable. Mais au vu des conséquences que son changement d?allégeance a provoqué, il faut se demander s?il n?a pas contribué à pervertir le verdict rendu par les urnes en 2005.

Quand Eric Guimbeau et Maurice Allet décident, en avril 2006, de soutenir le gouvernement, la configuration politique change totalement dans le pays. Paul Bérenger, auquel le suffrage universel avait accordé un mandat de leader de l?opposition, perd sa place. Ne comptant plus que dix députés au Parlement, le MMM se retrouve avec un député de moins que le parti majoritaire de l?opposition. Maurice Allet et Eric Guimbeau, élus avec les voix du MMM, n?ont pas craint de violer un principe éthique en se ralliant à la majorité, créant du coup un rapport de forces parlementaires qui ne reflète pas le sens du vote du juillet 2005.

Le fait marquant de la défection du député Guimbeau, c?est qu?il est sorti de l?immobilisme qui le caractérisait jusqu?ici pour se faire remarquer en prenant des positions fortes sur une série de questions. Celles-ci vont des campements au sucre en passant par Desbro, Catovair, et le projet hôtelier d?IBL à Agaléga. Dans la mesure où il existe un dénominateur commun entre tous ces sujets, on peut dire que, dans ses nouveaux habits, le député a un champ d?intérêt bien limité. Ce n?est sans doute pas conforme à la volonté de l?électorat de Curepipe - Midlands qui l?a élu en tête de liste avec 17 926 voix sur les 32 153 exprimées.

Il est tout à fait compréhensible qu?un député en désaccord avec son parti décide de claquer la porte. Personne ne peut reprocher à un élu de revendiquer sa liberté de jugement et de conscience en démissionnant d?un parti avec lequel il ne se sent pas en phase. Mais cet élu doit alors retourner devant l?électorat et rechercher une légitimité populaire. Sinon, c?est la démocratie qui est bafouée. Les législateurs doivent réfléchir à la question.

Eric Guimbeau rejetait, dans une déclaration faite en avril dernier, l?éventualité d?un retour devant l?électorat : ?Le pays traverse une mauvaise passe et je ne suis pas disposé à provoquer une élection partielle qui coûterait au bas mot Rs 40 millions au pays.? Personne ne lui a dit que la démocratie n?a pas de prix ?

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