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Fuyant la police, il revient chez lui et brûle sa femme
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Fuyant la police, il revient chez lui et brûle sa femme
Il l?agressait constamment. Et, il y a quelque temps, il s?en est même pris à leur fils. Vijyotee Nackchejee, 34 ans, en a eu assez. Sa décision de dénoncer son mari, Sudheer, pour brutalité, ne devait étonner personne. Et la demande de divorce qui s?ensuivit devait être pour elle, comme pour ses proches, un soulagement plutôt qu?un regret. Mais son mari n?en pensait malheureusement pas tant. Il s?est introduit chez elle mardi matin et a mis le feu à ses vêtements. La jeune femme est dans le coma. Son mari, sur qui pèse une accusation provisoire de tentative d?assassinat, est en cavale.
Le drame a eu lieu vers 7 heures du matin. Vijyotee est alors dans la salle des bains. Son époux avait quitté le toit conjugal depuis trois semaines, car recherché par la police pour violence domestique. Il devait toutefois revenir ce jour-là et entrer dans la maison par une porte située à l?arrière. Lorsqu?il surprend Vijyotee, celle-ci étant sortie de la salle de bains, il asperge ses vêtements d?essence et y met le feu.
Leur fils, Sandip, 13 ans, étudiant en Form III, se trouve alors à la boutique et n?entend pas les cris que pousse sa mère. Ce sont donc des voisins qui accourent à son secours et la recouvrent d?un drap. Vijyotee est grièvement brûlée de la tête aux pieds. Elle trouve néanmoins la force de téléphoner à ses proches pour les informer. Sur les entrefaites, Sandip revient de la boutique et ce qu?il voit le traumatise. Sa mère est méconnaissable. Elle est transportée d?urgence à l?hôpital de Flacq, avant d?être transférée à la Burns? Unit de l?hôpital Victoria à Candos.
A Pont-Bon-Dieu, Brisée-Verdière, village où habite le couple Nackchejee, c?est le choc. Personne n?aurait imaginé que pareille chose allait arriver à Vijyotee. Cela, même en n?ignorant pas qu?elle était une femme battue. Ainsi, si Vijyotee inspirait le respect, son époux, ce maçon de 37 ans, était par contre détesté par son entourage. Pour un voisin, c?est ?enn mari sovaz. So fam mari travay, li, li nek boir?. Et d?ajouter qu?à plusieurs reprises, des voisins ont dû intervenir pour le calmer à la suite de disputes conjugales.
Avertissement et arrestation
Pas étonnant donc que Vijyotee ait obtenu un protection order du tribunal de Flacq. La violence de son mari ne devait pourtant pas s?en trouver amoindrie. Il aurait même été arrêté et libéré sous caution. Sans grand résultat. Et un avertissement de la police à la suite d?une énième dispute avec Vijyotee ne devait certes pas le calmer davantage. Il devait, en outre, se présenter devant le tribunal de Flacq hier pour une affaire d?agression commise sur son fils Sandip et son épouse. C?est à la suite de ces violences répétées que la jeune femme devait entamer des démarches en vue d?un divorce.
A Branch Road, Bon-Accueil, Krisnalall et Pushmawtee Bissessur n?en finissent pas de dire combien ils regrettent que leur fille ait épousé Sudheer Nackchejee. Car, il y a quinze ans, ils s?étaient fermement opposés à leur union. Laissant ses sentiments prendre le dessus, Vijyotee avait toutefois choisi de ne pas les écouter. Et s?était embarquée dans une relation qui l?a aujourd?hui conduite au seuil de la mort.
?Elle le regrette comme nous?, déclare Krisnalall Bissessur, 69 ans, d?une voix nouée. Et d?ajouter que son gendre originaire de Quatre-Bornes a mauvais caractère. Comme lui, son épouse est effondrée et contient difficilement ses larmes. Pendant les quinze années passées avec cet homme, dit Krisnalall Bissessur, sa fille n?a connu que des déboires. ?Si enn semenn zot bien enn moi zot gagn laguer.?
Oomesh Bissessur, le frère aîné de Vijyotee est, lui, révolté. Il estime que sa s?ur aurait pu être épargnée si la police avait procédé à l?arrestation de son beau-frère, il y a trois semaines. Car, dit-il, après un énième cas d?agression, une nouvelle déposition avait été faite. Mais la police aurait précisé que ?fode gagn lord lakour pou aret li?.
Vijyotee Nackchejee est la cadette d?une famille de cinq enfants, dont trois filles et deux garçons. Après ses études primaires à l?école du gouvernement de Bon-Accueil, elle a fréquenté le collège Mayflower, à Belvédère. Cette mère de deux garçons, Sandip, et Bhuvanesh, trois ans, était machiniste dans une usine de textile à Lallmatie
L?enquête dans cette affaire est menée par les hommes du chef-inspecteur Seeballuck de la Criminal Investigation Division de Flacq pour retracer le présumé agresseur.
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