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Fuites mauriciennes aux examens de SC/HSC

20 septembre 2007, 20:00

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On avait subodoré des origines seychelloises, singapouriennes ou malaises aux fuites ayant irrémédiablement entaché, en 1981, l?organisation, la dernière sous régime travailliste, avant 1996, des examens du School Certificate et du Higher School Certificate (SC/HSC) de l?université de Cambridge. Les conclusions de la commission d?enquête, présidée par l?ancien chef-juge, Sir Maurice Latour-Adrien, dissipent tout doute à ce sujet pour mieux nous accabler : elles sont d?origines locales et tristement mauriciennes et des regards accusateurs se tournent vers la section ?Examens? du ministère de l?Education, alors dirigé par Sir Kher Jagatsing. Les deux rapports de cette commission sont déposés à l?Assemblée législative le 7 septembre 1982. Une copie du rapport est remise au gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, le 5 août précédent. Sir Maurice a, pour assesseurs, le Dr C. M. Vele Pillay et M. Cyril Leckning, recteur du Collège Saint-Esprit et ancien député et ministre PMSD de l?Emploi.

La commission établit que cinq fuites ont effectivement eu lieu. Notre presse écrite a révélé au grand jour le scandale de quatre d?entre elles dans l?organisation de ces examens. La cinquième concerne l?épreuve d?histoire. Des fonctionnaires témoignent devant la Commission qu?un homme politique savait, avant le 28 octobre 1981, que des copies de questionnaires authentiques allaient être frauduleusement mis en vente. Interrogé à ce sujet par la Commission, il a catégoriquement nié les allégations portées à son encontre.

Le Police Forensic Laboratory fournit des preuves scientifiques que des questionnaires destinés aux élèves de Rodrigues ont été enlevés de l?enveloppe préparée à cet effet. Ils concernent les épreuves de mathématiques et d?anglais. La police perquisitionne mais en vain le domicile d?un fonctionnaire suspect. Le 25 novembre 1981, la police doit l?interroger. Le conseiller personnel de Seewoosagur Ramgoolam en matière de sécurité, M. John Rewcastle, l?empêche de le faire, prétextant l?imminente nomination d?une commission d?enquête. Sauvé donc par le gong. Et honni soit qui pense qu?il s?agit d?un cas flagrant d?ingérence étrangère et même colonialiste dans les affaires internes de notre pays.

Le 23 novembre 1981, un jeune homme accuse son demi-frère, le fonctionnaire suspect précité, de lui avoir remis des questionnaires. Il se rétractera 24 heures plus tard. Il avoue dans sa rétraction avoir eu peur et avoir déclaré n?importe quoi. Il accuse aussi la police de l?avoir torturé pour l?obliger à signer des aveux inventés de toutes pièces par elle.

Le 13 novembre 1981, l?express demande à M.H. Beck, conseiller en matière de sécurité de l?université de Cambridge, s?il ne s?avance pas imprudemment en soutenant que les fuites ne proviennent pas de Maurice. Il avoue s?être basé sur les enveloppes contenant les questionnaires de l?épreuve de Commerce pour affirmer cela et n?avoir pas examiné les enveloppes destinées à Rodrigues. Sir Kher Jagatsingh affirme alors que les enveloppes destinées à Rodrigues ont été examinées par le chef de police dans cette île, le surintendant Guy François Xavier Lubin. Un officier du ministère de l?Education affirme devant la Commission que les enveloppes destinées aux quinze candidats de Rodrigues sont intactes mais qu?aucune escorte particulière n?était prévue pour le transfert des questionnaires de Plaisance à Plaine Corail.

Il est établi que la clé, symbole éminemment travailliste, du store dans lequel sont rangées les enveloppes des différents questionnaires, était pratiquement à la portée de la plupart des fonctionnaires de la section Examens du ministère de l?Education. De plus, ce store contenait des objets n?ayant rien à voir avec les examens de SC/HSC.

La Commission établit que des étudiants, des parents et même des enseignants sont impliqués dans la vente frauduleuse de copies des questionnaires en fuite.

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