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?Free and fair?

18 septembre 2005, 20:00

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Des élections libres et équitables. C?est le souhait exprimé par tous les partis quand ils sont dans l?opposition. Mais on peut se demander si ce souhait ne relève pas de voeux hypocrites. Car, il est un fait que quel que soit le parti au pouvoir, aucun effort réel n?est entrepris pour améliorer le processus électoral.

Il est vrai qu?il existe un organisme officiel pour veiller au respect de la règle du jeu électoral. Toutefois, cette instance, l?Electoral Supervisory Commission, n?a pas les moyens ni la volonté de contrôler les abus des gouvernants à l?occasion des scrutins. En tout cas, elle n?a sanctionné personne jusqu?ici, même pas pour des dépenses excédant la limite autorisée. On ne peut pas se voiler la face : le jeu démocratique est faussé par l?abus de l?appareil d?Etat à chaque consultation électorale.

Depuis le démarrage de la campagne pour les municipales, la majorité politique use des recettes connues de la bonne vieille cuisine électorale. On aurait pu espérer qu?avec l?avènement des normes de la bonne gouvernance, la situation serait meilleure.

Un des problèmes les plus graves concerne l?exploitation partisane de la télévision. L?orientation propagandiste qui est donnée aux journaux télévisés et la diffusion parfois impromptue des allocutions prononcées par les dirigeants donne à la station nationale une image bananière. Pourtant, il suffit de peu pour qu?elle s?en débarrasse car elle dispose des ressources compétentes pour offrir une télévision intelligente.

Ensuite, il faut éviter le dévoilement des plaques par les ministres dans les espaces urbains en cette période de campagne. Clairement, l?intention est d?influencer le vote par un moyen déloyal. La visite des ministres dans les municipalités à quinze jours des élections peut aussi être considérée comme inopportune. Comme les secrétaires des villes répondent au chef de cabinet du ministre des Administrations régionales ? et non à la LGSC- il y a un potentiel de conflit quand les tensions politiques sont vives. Des problèmes ont effectivement éclaté, la semaine dernière, dans au moins deux villes.

De même, on peut s?indigner de certains procédés qui seraient utilisés pour appâter activistes et électeurs en cette période. Il s?agit des promesses, d?emploi ou de contrats, qui sont faites à des agents politiques qui sont invités à rejoindre le camp de la majorité. Il est difficile d?établir avec certitude l?existence de telles man?uvres mais des changements subits d?allégeance sont toujours suspects.

On peut également éprouver de l?inquiétude devant l?opportunisme de membres des partis de l?opposition ? certains connus, d?autres moins ? qui rejoignent le camp du pouvoir avec appétit. En favorisant l?arrivée de ces nouveaux adhérents, dont plusieurs ont même bénéficié d?investitures pour les municipales, le Parti travailliste cautionne un comportement honteux.

Personne ne peut croire que ces transfuges s?affichent aux côtés d?un nouveau parti parce qu?ils ont compris que leur engagement idéologique antérieur était mal fondé. Ce qui les motive, c?est plutôt le souci d?être du bon côté quand les cadeaux seront distribués. L?autre facteur qui peut expliquer ces retournements de veste tient à la perception qu?à Maurice les démarches en vue d?une patente ou d?une licence quelconque aboutissent plus facilement pour les partisans du parti au pouvoir.

Les électeurs peuvent décider que les enjeux électoraux sont nationaux ou régionaux. Leur choix n?affecte pas la qualité des débats. En revanche, il est indispensable que ceux-ci se tiennent dans un contexte démocratique.

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