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François, Rani, Tara des mordus du sitar
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François, Rani, Tara des mordus du sitar
Suspendre la course du temps, faire que tout se pose autour de soi, être détendu, créer et savourer une mélodie qui vous apporte une paix intérieure? ceux qui jouent au sitar parle de cet instrument comme d?une discipline qui a bouleversé leur vie.
Nous en avons rencontré quelques-uns dans le cadre de la deuxième édition Vine relax qu?organise le yogi Tamby, en partenariat avec le ministère du Tourisme et des Loisirs. En sus des séances de relaxation, de la thérapie du rire, de la danse yoga, etc. la grande première de cet événement est qu?une centaine de musiciens, élèves de Jay Santokhee, joueront du sitar.
Parmi, il y aura François, Rani, Tara et ses deux filles.« Si le soir je vais faire un tour avec des amis et que je ne berce pas mon fils au son du sitar, il a du mal à dormir. » François Jackin est gaga devant cet instrument, son fils de six ans aussi. De gratteur de guitare, il est devenu joueur de sitar. Comment ? Tout commence par un CD d?un certain Prem Joshua, sitariste. « Ce son-là m?a accroché, mais il était resté vague dans ma tête jusqu?au jour où j?entends un ami jouer cette musique. Tout de suite, je lui ai dit que je voulais en jouer aussi. »
Sans hésitation, François suit son ami au cours du master sitar, Jay Santokhee, qui l?accueille avec des encouragements. Après un mois et demi, François arrive déjà à produire quelques sons harmonieux. Mais ce qui le branche, ce n?est pas le fait de devenir un virtuose du sitar, mais le bien-être que cela lui apporte. « C?est comme une thérapie. Depuis cet instrument, je sais ce que c?est que des vibrations apaisantes. Pour jouer du sitar, il faut du feeling. C?est une sensation qu?on ne peut expliquer. » Cela fait six mois que François, qui fait des livraisons de produits électriques, suit les cours tous les samedis à Rose-Hill.
« Dès que je prends mon sitar, j?oublie les soucis »
Après ses journées de courses folles, il prend son sitar pour décompresser. Mais il avoue qu?il a dû beaucoup convaincre sa femme pour qu?elle comprenne qu?il allait claquer Rs 10 000 dans un instrument de musique. « Je lui ai dit que je ne pouvais pas faire autrement, j?étais trop fasciné. » François impressionne les proches qui viennent lui rendre visite chez lui, qui s?étonnent parfois de son choix d?instrument. Notre homme n?est pas prêt de lâcher le sitar.
« Mon mari et mes enfants savent que le samedi après-midi, c?est mon jour à moi. Qu?il y ait un mariage ou pas, ce moment-là est consacré à mon cours de sitar. » Rani Faggoonoo est intransigeante quand il s?agit de sa musique et sa famille la soutient. Elle a dépassé la quarantaine, elle est asthmatique, habite à La Gaulette. Peu importent les deux heures de trajet pour se rendre à Rose-Hill et les deux autres heures pour le retour, Rani suit ce rite depuis trois ans.
« On a tous des problèmes dans la vie. On est fatigué, on est tracassé, il faut trouver de l?argent pour envoyer les enfants à l?école. Mais dès que je prends mon sitar, j?oublie les soucis. Je me ressource pour affronter la vie. »
Rani chante dans les mendhir et pooja depuis qu?elle a trois ans. Le sitar l?a parallèlement toujours attirée et cela fait même des années qu?elle en a acheté un. C?est grâce à un ami de son fils, qui joue du tabla, qu?elle a pris connaissance des cours de Jay Santokhee. Et elle est en admiration devant ce professeur qu?elle qualifie d?extraordinaire. « Il a de la patience. À mon âge, ce n?est pas toujours évident d?assimiler les choses, il m?encourage toujours et parfois, on parle même de la vie en général. »
Rani est catégorique, elle ne ratera pas ses cours aussi longtemps qu?elle aura la santé. Et de jouer en public aujourd?hui en compagnie d?une centaine d?autres sitaristes, c?est pour elle « enn grand kitsoz sa ».
Aura positive dans l?air
Du côté de Tara Doolakee, c?est quasiment toute la famille qui a attrapé le virus. Tout commence en fait par sa fille Stooty, timide est renfermée, il y a quatre ans. Tara, professeur d?éducation physique dans un collège, décide d?inscrire sa fille au cours de sitar pour qu?elle s?ouvre au monde. « J?accompagnais Stooty à ses cours avec mon aînée, Rushil, et au bout de quelques semaines, nous avons toutes les deux eu envie de nous y mettre aussi. » Ce qui les a subjuguées, c?est le pouvoir de s?échapper associé à l?instrument. « Il vous rappelle le passé et en même temps, c?est un instrument très contemporain », explique-t-elle.
Comme pour les autres élèves, il y a la personnalité du maître qui influe aussi. Pour Tara, le professeur réussit à faire que chacun joue avec son c?ur. Au départ, elle trouvait difficile de faire jouer ses doigts sur toutes ces cordes, mais finalement, avec le temps, elle s?y habitue même si elle avance que ses filles jouent mieux qu?elle. Trois sitaristes à la maison, cela ne doit pas être facile tous les jours pour les voisins ? Tara avoue que la pratique à la maison se fait dans la discipline, « de toute façon c?est un son mélodieux. Personne ne s?en plaint ».
En tout cas, une centaine de sitaristes seront au Centre de conférences Swami Vivekananda à Pailles aujourd?hui. Il y aura certainement de l?aura positive dans l?air !
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