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?Franse je konn, angle je debrouy??
Sommes-nous un peuple incapable de maîtriser parfaitement une langue autre que le créole ? En tout cas, c?est ce que semble conclure une récente étude menée par l?université de Brighton.
Des trainee teachers de l?université d?Edith Cowan de Western Australia étaient à Maurice, il n?y a pas longtemps. Leur collaboration avec le Mauritius Institute of Education (MIE) date de huit ans et c?est à partir de leur expérience que l?université de Brighton a entrepris une étude à Maurice.
L?obstacle à l?apprentissage serait? notre histoire, les enseignants et leur façon d?enseigner les langues. Bien souvent, ils ne maîtrisent pas la langue qu?ils sont censés enseigner.
Selon les auteurs du rapport, notre insuffisance en langues proviendrait d?une histoire confuse de colonisation où les Anglais ont accepté de laisser le champ libre aux Français d?utiliser et de préserver leur langue. Une générosité, qui, 200 ans après, ne nous aide pas particulièrement.
L?étude souligne notre tendance à privilégier le français que ce soit dans les médias (presse écrite, radio et télevision) de même que le doublage de presque tous les films et autres émissions anglais et américains.
Elle note que les parents et les enseignants préfèrent parler le français à la maison et en classe respectivement mais que malgré cela, le français utilisé demeure approximatif. ?Très peu d?étudiants réussissent aux nombreux examens de français organisés par l?Alliance française, écrivent les rédacteurs, et on peut facilement arguer que la langue française de qualité n?est accessible qu?à une petite section de la population.?
Langue d?élite
Les Anglais de l?université de Brighton constatent aussi que le français reste la langue d?élite et que ceux qui ne la parlent pas, se sentent embarrassés. ?Cela se fait au détriment de l?anglais, note le rapport, mais l?échec des étudiants en anglais est repris dans les médias sans un réel effort de s?enquérir des véritables causes.?
Les Mauriciens sont convaincus que seule la haute bourgeoisie peut utiliser adéquatement la langue anglaise. Une attitude, récusée par l?étude britannique, qui se reflète dans l?attitude des enseignants, qui n?aide en aucune façon l?apprentissage de la langue par les éleves.
Le rapport pointe un doigt accusateur vers les autorités. ?Il y a l?absence d?une politique claire des autorités concernant les langues et une répugnance à engager une discussion franche dans un contexte économique de globalisation malgré la promotion aggressive de Maurice comme une cyberîle?, peut-on y lire. Ce qui met en doute la capacité des Mauriciens a pouvoir prendre avantage des opportunités à venir (développements économiques) qui seront ?dépendants de la maîtrise de la langue anglaise?.
C?est dans ce contexte que les étudiants de l?université d?Edith Cowan en Australie viennent à Maurice depuis huit ans. Ils passent deux semaines dans des écoles primaires et prennent le relais des enseignants à la différence que le curriculum est enseigné en anglais.
Les Australiens enseignaient exclusivement dans des écoles primaires dites d?élite car le MIE, qui coordonne les activités de l?université Edith Cowan à Maurice, est convaincu que seuls les élèves qui étaient exposés à la langue anglaise pouvaient comprendre les Australiens. Petit à petit, l?équipe d?Edith Cowan a commencé à s?intéresser aux écoles qui accueillent des élèves des milieux défavorisés. Or surprise : ?Les enfants se sont très bien débrouillés et les formateurs ont trouvé qu?il y avait très peu d?enfants qui ne les comprenaient pas contrairement à ce que les autorités avaient cru.?
Cette croyance que les élèves ne peuvent pas parler anglais vient du fait que les enseignants eux-mêmes ne communiquent pas en anglais avec eux ?parce qu?ils ne maîtrisent pas, la langue?. Le problème est aussi l?obsession de finir le curriculum à des fins d?examens, ajoute l?étude.
L?attitude des enseignants envers ceux qu?ils estiment ?moins capables? est aussi un élément qui empêche l?enfant d?apprendre et de se développer. Ces lacunes viennent en grande partie du manque de formation des enseignants.
Mais la colonisation ne nous a pas fait que du mal. Le rapport conclut que les Mauriciens ont une grande capacité de parler et de maîtriser les langues étrangères ?à condition que la langue soit enseignée de manière à intéresser l?enfant, que l?enseignant le mette en confiance et préserve son sens de dignité tout en lui donnant l?occasion de réussir?.
Leila, 22 ans de Perth, qui a enseigné nos jeunes à l?école Louis-Nellan à Quatre-Bornes, du 28 septembre au 6 octobre, a trouvé ses jeunes élèves ?incroyablement réceptifs?. Roberta, 28 ans, s?est, elle, émerveillée de la capacité de ces jeunes ?qui ne comprenaient rien à ce que je leur racontais le premier jour? mais qui ont réussi à converser avec elle à la fin de son séjour?
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