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Frankie Fredericks : ?Stéphan, mon héritier?
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Frankie Fredericks : ?Stéphan, mon héritier?
La conférence de presse terminée, Frankie Fredericks se dirige vers le centre de remise en forme de l?hôtel Beau Rivage pour une inauguration. Sur sa route, il croise un visage qui ne lui est pas inconnu. C?est notre sprinter national, Stéphan Buckland.
Les retrouvailles sont chaleureuses. Embrassades, accolades, on aurait dit deux frères qui ne sont pas revus depuis un bon bout de temps. Cinq ans se sont quand même écoulés depuis leur première rencontre à Dakar.
Les flashes des photographes crépitent. L?instant est solennel car c?est la première fois que la star namibienne rencontre la star mauricienne sur le sol mauricien. Quoi de mieux que le cadre paradisiaque de l?hôtel Beau Rivage.
Stéphan Buckland fait le guide pour son hôte. Il lui tient compagnie pendant toute la durée des interviews avec les différents titres de presse. A en juger par leur attitude, même s?ils ont souvent été adversaires sur la piste, il n?y a point de rivalité. On dirait plutôt de la complicité. De la fraternité, même.
Frères de sang? africain. Frères dans la difficulté. Car les deux sont issus de milieux modestes. De ces ?hard backgrounds?, naît une ascension fulgurante vers les sommets de l?athlétisme mondial. Mais l?heure n?était pas à la course. Frankie a raccroché ses pointes et ? les lèguent à Stéphan.
L?ambassadeur de Cité Mangalkhan se souvient de sa première véritable rencontre avec Frankie Fredericks, après l?avoir entrevu dans un meeting à Charléty à Paris.
C?était en 1999, à Dakar. La vedette namibienne y effectuait une visite et nos quatre compatriotes qui s?y trouvaient, soit Stéphan Buckland, Eric Milazar, Fernando Augustin et Arnaud Casquette, avaient échangé quelques mots. ?J?étais celui qui lui avait posé le plus de questions. Depuis, on a gardé cette relation?, raconte Stéphan Buckland. ?Avant la compétition, on se dit bonjour. Mais une fois la course terminée, on se retrouve pour papoter?, précise-t-il.
Buckland : ?Fredericks, mon premier sponsor !?
Un geste que Stéphan n?oubliera pas de sitôt fut lorsque le sprinter Namibien lui fit don d?une paire de chaussures. ?Fredericks fut mon premier sponsor?, lance-t-il. Entre Africains, la solidarité est de mise. ?Il est comme un frère pour moi. Il me donne de bons conseils portant sur ma carrière et j?essaye de les mettre en pratique?, confie Stéphan.
Les deux athlètes discutent à nouveau. Ayant raccroché ses pointes, le recordman du continent africain sur 100m et 200m ne manque pas de souligner que celui qui sera appelé à prendre le flambeau du sprint africain est Stéphan Buckland. ?C?est mon héritier. Peut-être que ce sera lui qui battra mes records?, lâche le Namibien avec le sourire. L?ex-Nigérian Francis Obikwelu aurait pu prétendre à cet insigne honneur, mais il a changé de nationalité, prenant celle du Portugal.
Ces quelques mots font chaud au coeur. Ils touchent surtout, le principal concerné. ?Ses paroles m?ont permis de réfléchir, de faire une remise en question, et qu?il me faudra travailler encore plus dur?, dira Stéphan, après coup.
?Travailler plus dur?, selon Stéphan, ?Work very hard?, selon Frankie, il n?y a pas de recette miracle pour atteindre son but : le niveau mondial, le rang de superstar de l?athlétisme. Le tout, arrosé d?humilité, une qualité sine qua non pour la réussite. Une qualité qui sautait aux yeux, hier?
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