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France, retour vers? le passé

9 septembre 2004, 20:00

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Les deux matches nuls contre la Bosnie et Israël puis la pénible et crispante victoire arrachée, mercredi, aux Iles Féroé ont ramené les Bleus presque dix ans en arrière. Les anciens champions du monde et d?Europe se cherchent, ils se regardent jouer avec perplexité et s?interrogent sur leur véritable niveau.

L?équipe, éliminée en quart de finale de l?Euro2004, était certainement en perte de vitesse. Celle qui lui a succédé accuse déjà plusieurs longueurs de retard.

C?est du moins la conclusion naturelle et logique que le sélectionneur Raymond Domenech ne pouvait s?empêcher de tirer à l?issue de la rencontre dans le petit stade de Torshavn.

?En ce moment, on racle les fonds de tiroir pour trouver des internationaux. Alors si on ne peut pas jouer avec ceux que l?on a sous la main, on va rapidement se retrouver en grande difficulté.

Les internationaux, on ne les fabrique pas du jour au lendemain. La chose qui est sûre, c?est que nous ne sommes plus une équipe au sommet du monde.?

<B>Cigale et fourmi</B>

Non, la France n?est plus qu?une formation qui est rentrée dans les rangs, qui produit de l?ordinaire à chacune de ses sorties.

Elle est fébrile, sans imagination, même si par moment, elle fait preuve d?abnégation voire de courage lorsqu?elle est bousculée. Mais il est certain qu?elle ne maîtrise plus jamais ses sujets et cela, même face à des adversaires de deuxième ou de troisième catégorie.

L?argument selon lequel il n?y a plus de petites équipes ne tient pas. Car, enfin, quel rapport y a-t-il entre des joueurs amateurs et des internationaux qui disputent la Ligue des champions ?

?Les Iles Féroé nous ont montré ce soir comment on aurait dû aborder cette rencontre?, a noté Domenech. ?Mais lorsque l?on n?est pas capable de répondre au défi physique posé par l?adversaire, on ne peut élever le niveau technique de son propre jeu. ?On se retrouve forcément en difficulté.?

La génération 2004 qui doit aller au Mondial allemand rappelle dangereusement celle des années noires de 1992 et 1994 qui n?avait pas réussi à gagner son billet pour l?Amérique. Il reste encore huit matches éliminatoires à disputer et les solutions de rechange (à l?exception de deux ou trois joueurs qui pourraient faire leur retour) ont été explorées.

Le constat dressé par Domenech est amer. Il a reconnu lui-même avoir eu peur sur le banc de touche pendant le match. En clair, il va falloir faire avec ce que l?on a sous la main et il est évident que des heures difficiles sont à prévoir.

Le prochain adversaire de la France n?est autre que l?Irlande : sur le papier, son premier rival pour la qualification directe. Pour ajouter encore à la difficulté, les Bleus seront privés de leur capitaine Patrick Vieira qui s?est fait expulser mercredi.

?Nous avons besoin de nous construire et nous avons besoin de temps?, a expliqué Domenech. L?ennui est que le calendrier du football n?autorise pas ce genre de pause. Les grandes équipes sont celles qui se construisent de manière permanente, qui ne vivent pas sur leurs lauriers en se défiant de l?avenir. Les grandes équipes sont des fourmis. La France de 1998 et 2000 a peut-être joué les cigales.

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