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France Albert René et la famille Adam

20 juillet 2007, 00:00

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L?île Maurice, ramgoolamienne avant le 11 juin 1982, reçoit en grandes pompes militantes le président de la République des Seychelles, M. France-Albert René. Il n?est pourtant pas à sa première visite officielle à Maurice. La précédente a été, il est vrai, tout juste tolérée. Le pays, alors travailliste, était, en avril 1977, en pleine campagne électorale municipale. Sa visite ne pouvait que donner des points aux candidats mauves, au détriment des rouges et bleus. D?où le peu d?enthousiasme de l?Hôtel du gouvernement à dérouler alors le tapis rouge, bien sûr, d?autant plus qu?il n?était que le Premier ministre du président James Mancham. Il n?empêche que cette visite du Premier ministre France-Albert René permet à quelques dirigeants du MMM de poser leur séant sur les coussins moelleux des Peugeot 604, livrées par la France au gouvernement ramgoolamien, à l?occasion du Sommet de l?OUA d?octobre 1976, au MGI. Elle permet aussi à une majorité de candidats mauves de rééditer, à l?un ou l?autre arrondissement punitif près, l?exploit des 12-0 au Port Louis du 20 décembre 1976.

Après le 11 juin 1982, plus question à quiconque au sein de la fonction publique comme de la force policière de réfréner d?une manière ou d?une autre le nouvel enthousiasme gouvernemental à recevoir France-Albert René. Tout le monde est donc au garde-à-vous, prêt à prouver au Kamarade dalon que Maurice a aussi tourné la page et qu?elle vit enfin et pleinement son Grand Soir révolutionnaire, même si un lustre s?est passé depuis le coup d?Etat du 5 juin 1977 à Mahé.

La famille Adam volera toutefois et bien malgré elle la vedette aux nouveaux ministres du gouvernement MMM-PSM (Vishnu Lutchmeenarai-doo non compris). Elle vient de Vacoas. Elle se tient, bien sûr, en retrait, laissant évidemment la préséance aux nouveaux dirigeants mauriciens politiques. Pourtant c?est elle qui retiendra le plus l?attention de France-Albert René et de sa suite ministérielle. Ministres comme journalistes sont les uns plus surpris que les autres de voir France-Albert René et son ministre des Affaires étrangères, Jacques Hodoul, désertant tapis rouge, poignées et baisers de mains, pour de grandes embrassades familiales et autres accolades. C?est que le Major Henri Adam et son épouse sont oncle et tante de France Albert et, comme leur fille Micheline, que tant de lauréats et lauréates des concours de l?Alliance française, connaissent et apprécient, ils sont tout heureux de revoir ce neveu seychellois à, avoir si bien réussi. Les ?comment vas-tu Tonton ?? s?entremêlent aux ?bienvenue cher neveu !? et autres ?as-tu fait bon voyage, cousin ??

Le Major Adam, ?illet à la boutonnière, coiffé du chapeau melon et portant habit des grands jours comme il se doit, est trop à cheval sur les principes pour déroger plus longtemps aux exigences du protocole. Il invite son présidentiel neveu à se soumettre au plus vite à ses devoirs de visiteur de marque. Les retrouvailles familiales seront pour plus tard. La visite officielle du président des Seychelles, France-Albert René, peut commencer.

C?est à 16h13 en ce mercredi 16 juillet 1982 que l?avion personnel de France-Albert René, un Merlin III, du type Turbo Prop, atterrit sur la piste de l?aéroport de Plaisance qui ne porte pas encore le nom du Right Honorable Dr Seewoosagur Ramgoolam. Salve de 21 coups de canons, suivie des deux hymnes nationaux, exécutés par l?orchestre de la force policière. Sir Dayendranath Burrenchobay n?a plus qu?à lui souhaiter la bienvenue au nom de la reine Elizabeth II, dont il est le représentant à Maurice, et du peuple mauricien.

France-Albert René parle de nouvelle ère dans les relations Seychelles/Maurice mais encore dans l?océan Indien. Il ne faut pas oublier que la Réunion n?est plus sous la férule de Michel Debré mais sous celle de François Mitterrand et du Parti socialiste français. Pour la première fois, souligne-t-il, de réelles possibilités de coopération, dans tous les domaines, existent bel et bien. Encore un qui n?a pas anticipé la cassure Bérenger-Jugnauth d?octobre 1982 et de mars 1983.

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