Publicité

Françoise Desvaux, la touche maternelle

10 août 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Françoise Desvaux est visiblement heureuse d?avoir repris du service. Nommée Team Manager de la sélection nationale de tennis dans le cadre des Jeux des îles de l?océan Indien, l?ancienne dame de fer de la Mauritius Lawn Tennis Association ne veut rien laisser au hasard.

Vendredi, au Shandrani, où Frantz Jessin avait donné rendez-vous à ses troupes pour un camp d?entraînement pas comme les autres, elle avait l?oeil à tout. Pas un détail ne lui échappait.

Ancienne joueuse et maintenant mère de joueur (Ndlr : son fils Guillaume a été deux fois champions de Maurice et participera à ses seconds Jeux des îles), Françoise a le tennis dans le sang. Ses fonctions à la tête de la sélection, elle veut les assumer pleinement. ?Team Manager, ça me convient. Le tennis, je connais, j?aime, dit-elle. Je me suis toujours occupé des joueurs. Des garçons comme Olivier Couacaud, Kenny Wong, Simon Koenig ou Alexandre Daruty, je les ai vus grandir. Ça me fait plaisir de voir où ils sont arrivés.?

Les expatriés n?y échappent pas. Kamil Patel, c?était sous sa présidence qu?il a disputé ses premiers matches en sélection. C?est d?ailleurs sous ses yeux que ce joueur aujourd?hui classé à l?ATP avait remporté la médaille d?or aux Jeux de 1998, à La Réunion.

Les soeurs Li Wan Po, elle les a vues jouer à Quatre-Bornes quand elles étaient toutes petites. Idem pour Astrid Tixier, qui avait fait ses premiers pas sur le circuit mauricien au Rose-Hill Tennis Club : ?Quand c?était ? Quel âge elle avait ? Franchement, je m?en souviens plus. Tout au plus, elle devait avoir 12-13 ans. Par contre, ce que je me souviens, c?est d?avoir évoqué avec la mère Tixier d?une éventuelle participation d?Astrid sous les couleurs mauriciennes un jour. Ce jour est arrivé et je suis vraiment très contente.?

Une qualité : la diplomatie

Si elle aime bien ses fonctions de Team Manager, c?est que Françoise Desvaux a toujours eu une approche très maternelle vis-à-vis des joueurs : ?Il faut être à leur écoute, leur prêter une oreille attentive. Mais ça ne suffit pas. Il faut, surtout, comprendre leur problème, décoder leurs messages, explique-t-elle. Avec les filles, c?est encore plus compliqué. Il faut être leur confidente. Il y a toujours des petits bobos, des petits heurts à résoudre.?

Vendredi, au Shandrani, Françoise Desvaux avait également ?une pensée très spéciale pour ceux qui ne sont pas là, qui ne feront pas les jeux? : Jean-Marcel Bourgault, Ananda Sawmynaden, Jonathan Venkatachellum ou encore Stéfanie Leung. ?Disons que sans eux, la fête ne sera pas complète.?

Elle a franchement du mal à digérer l?absence de Bourgault : ?Pour les raisons qu?on connaît, il a décidé de ne pas venir à Maurice. Tant pis. C?est son choix. Mais j?ai du mal à comprendre, admet le Team Manager du Club Maurice. On a tout fait pour que Jean-Marcel soit intégré. Je suppose qu?il a été déçu de ne pas avoir été retenu pour la Coupe Davis. On lui a proposé de faire les championnats de Maurice à la place, mais ça ne lui convenait pas. Je lui ai envoyé un mail, mais il ne m?a même pas répondu. Ce n?était pourtant pas compliqué.?

Ce qu?elle regrette le plus, c?est que le duo Patel-Bourgault ne sera pas reconstitué, cinq ans après les JIOI 98 de La Réunion, où les deux larrons avaient décroché ensemble l?or en double messieurs : ?Les rassembler à nouveau, c?était ma première priorité, pourquoi le nier. Kamil et Jean-Marcel se connaissent, s?apprécient. Ils ont fait plier les solides réunionnais en 98. On ne doit pas l?oublier.?

À défaut de Bourgault, il y aura Patel. Et Françoise Desvaux n?est pas étrangère à sa venue même si, tout le monde le sait, c?est Michael Glover qui a su trouver les mots justes pour convaincre le médaillé de bronze des Jeux d?Afrique 1999. ?Je ne dis pas que j?ai eu un rôle décisif dans le cas de Patel, mais je me félicite en tout cas d?avoir tout fait pour qu?il revienne à de meilleurs sentiments?, dit l?ex-présidente de la MTF. Et d?ajouter : ?En début d?année, quand j?avais évoqué le retour de Kamil en sélection avec son père, feu Ayub Timol, j?ai senti qu?il tenait vraiment à ce que son fils participe aux Jeux. Ce fut plus long et plus difficile que prévu, mais j?ai toujours été confiante que ça allait marcher.?

Quand c?est long et difficile, il faut vraiment avoir la carapace d?un diplomate pour que ça marche : ?Disons que tous les joueurs ne sont pas pareils. Certains sont faciles, d?autres ont du caractère. Ce qu?il faut, c?est les récupérer avec leurs qualités et leurs défauts.?

Françoise Desvaux ne pense qu?aux Jeux des îles. ?Mon objectif est celui de tout le monde : revoir Kamil sur la plus haute marche du podium. Ce serait vraiment sympa, résume-t-elle. Tel que je connais Kamil, il doit déjà être à fond dedans, ne penser qu?à ça. Il vient pour l?or, il l?a dit lui même. En simple, il a son destin en main. En double, il devrait très bien s?entendre avec Olivier Couacaud, qui a fait de gros progrès. Une belle surprise n?est pas à écarter.?

Mais Françoise Desvaux sait que rien n?est gagné d?avance, que ce sera même très difficile : ?Difficile parce que les Réunionnais sont solides et qu?ils ont une revanche à prendre. En 1998, ils ont été humiliés chez eux. Ils veulent rectifier le tir, reprendre leur place au sommet de la hiérarchie.?

Publicité