Publicité

The Fountain

13 avril 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

The Fountain raconte le combat à travers les âges d?un homme pour sauver la femme qu?il aime.Espagne, XVIe siècle. Le conquistador Tomas part en quête de la légendaire Fontaine de jouvence, censée offrir l?immortalité.

Aujourd?hui. Un scientifique nommé Tommy Creo cherche désespérément le traitement capable de guérir le cancer qui ronge son épouse, Izzi. Au XXVIe siècle, Tom, un astronaute, voyage à travers l?espace et prend peu à peu conscience des mystères qui le hantent depuis un millénaire. Les trois histoires convergent vers une seule et même vérité, quand les Thomas des trois époques ? le guerrier, le scientifique et l?explorateur ? parviennent enfin à trouver la paix face à la vie, l?amour, la mort et la renaissance.

Cest un mélo, un film de science-fiction, un film daventures. Un film total, qui contient en sa bulle le monde entier. Hugh Jackman y joue un conquistador, un scientifique et un astronaute : trois rôles, trois époques (passé, présent, futur), mais un seul personnage, Prométhée défiant la mort pour sauver la femme quil aime (Rachel Weisz). Quelque part entre le sublime et le ridicule, entre le Kubrick de ?2001?, le Tarkovski de ?Solaris? et le bric-à-brac mystique de ?Blueberry?, Darren Aronofsky, armé de la foi des illuminés, secondé par des acteurs possédés par leur rôle, assemble les pièces de son puzzle. Celles-ci ne semboîtent pas toujours bien, mais c`est pourtant de cette construction en poupées russes que le film tire sa force : ?The Fountain? est un poème épique et intimiste, métaphysique et bouleversant.

Rencontre inattendue entre Darren Aranofsky, scénariste et réalisateur des très cultes Pi et Requiem for a Dream, et Kent Williams, illustrateur et dessinateur des tout aussi cultes Blood et Tell me, dark, The Fountain est avant tout une ?uvre de renoncement. Car Aranofsky, après sa tentative avortée de porter son scénario au cinéma, s?est tourné vers le comics, par dépit, et pour réussir malgré tout à présenter son ?uvre au public. Le destin s?est chargé de tout remettre à plat, offrant au réalisateur une nouvelle chance. Son film est sorti en novembre 2006.

Issue de la première mouture du scénario, cette adaptation dessinée profite du talent atypique de Kent Williams. Navigant quelque part entre Ashley Wood et Dave Mc Kean, il offre ici des planches explosives, allant de la simple ébauche au portrait le plus réaliste, en passant par des passages littéralement cosmiques? Preuve que le choix du dessinateur a apporté un réel supplément à une histoire déjà totalement ?barrée?.

En effet, loin de toute normalité narrative, Aranofsky se paie le luxe d?exploser les carcans du comics ?classique?, et projette ses personnages dans une quête initiatique hors norme. Cette histoire d?amour déroulée sur près de 500 années débute en Nouvelle-Espagne, au XVIe siècle, avec les recherches d?un conquistador, persuadé de s?approcher d?un arbre permettant d?obtenir la vie éternelle. Une vie éternelle qu?il destine, bien entendu, à son Amour?

Résumer The Fountain est un exercice difficile, trop en dire nuirait au plaisir de découvrir l?histoire, en dire trop peu n?en donnerait qu?un aperçu faussé? Mais il est évident que Darren Aranofsky a un réel talent de conteur, qu?il a su adapter au medium comics. Le plus surprenant, dans ce livre, étant l?impression que Kent Williams a parfois bâclé certaines pages pour mieux en soigner d?autres, au détriment d?une certaine unité graphique. Mais à l?avantage d?une transmission des sentiments des personnages quasi-sensitive. C?est, au final, une part intégrante du style du dessinateur qui offre une autre dimension à un scénario privilégiant le psychologique et la symbolique à l?action.

Publicité