Publicité
Forum-débat avec la participation d’un ancien condamné à mort
Par
Partager cet article
Forum-débat avec la participation d’un ancien condamné à mort
Une mesure barbare ou un avertissement pour les potentiels criminels ? La peine de mort suscite toujours autant de passions. Un forum-débat sur le sujet, tenu aujourd’hui 15 avril, par la Public Relation & Communication Professionals Association au Centre Social Marie-Reine-de-la-Paix a tenté d’éclairer davantage l’opinion publique.
Notamment avec la participation de Jean-Pierre Techer, condamné à mort en 1971 mais gracié par le président George Pompidou deux ans plus tard…
Son adversaire pour ce débat-forum est Raj Mootoosamy, porte-parole de l’organisation non gouvernementale Victim Support Mauritius. Ce dernier est d’avis que si 99 % des victimes soutiennent la peine de mort, il s’agirait donc d’une mesure à considérer. Pour lui, les prisons ne sont pas forcément des lieux punitifs pour les criminels. Elles seraient plutôt «des paradis pour les détenus». «Je pense qu’il faut que la prison soit plus stricte. Je pense aussi que les lois criminelles doivent être endurcies», soutient-il.
«Je suis contre la peine de mort parce que c’est une barbarie indigne d’un pays civilisé, indigne d’une démocratie. Parce qu’elle est contraire à ce que l’humanité a pensé de plus haut et rêvé de plus noble parce qu’elle contraire à l’esprit du christianisme, à la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, signée par la plupart des pays et qui consacre le droit à la vie», a indiqué d’emblée Jean-Pierre Techer. Lui, est très actif dans le domaine de la réhabilitation à La Réunion depuis qu’il a complété sa peine.
Selon Jean-Pierre Techer, la passion criminelle n’est pas plus arrêtée par la peur de la mort que ne le sont d’autres passions moins incriminantes. Il fait valoir qu’au moment où ils commettent des délits, les criminels n’ont plus toute leur raison. C’est pour cela, souligne-t-il, qu’il faudrait les soigner. «Je suis contre la peine de mort parce que c’est une justice d’élimination, d’angoisse et de mort, décidée avec sa marge de hasard et parfois d’erreurs… parce que la justice est faillible, parce que je suis contre une justice qui tue !» conclut-il.
Lors de la partie questions de l’assistance, l’on note l’intervention de Kavi Pyneeandy, président d’Amnesty Maurice. Il rappelle que cette organisation est «autant contre le crime que le crime commis par l’Etat». Amnesty Maurice souligne que la peine de mort est une mesure anti-démocratique. Paula Atchia a de son côté fait le lien entre l’avortement, la peine de mort et l’euthanasie. A ses yeux, les trois sont inacceptables car une personne n’a pas le droit d’enlever la vie à une autre.
Elle martèle qu’il faut des structures pour ne pas en arriver là. Jocelyn Minerve est également intervenue pour souligner que pour ne pas avoir recours à la peine de mort, il faudrait remonter à la source de la criminalité : un manque d’éducation ou encore l’érosion de valeurs morales et corriger ces problèmes.
 
Publicité
Publicité
Les plus récents