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Former ou mourir
Les rayons des librairies et des bibliothèques témoignent de l?état de santé de la bande dessinée mauricienne. On y retrouve plus de BD importées que de locales. Ces dernières se font de plus en plus rares. «La situation de la BD mauricienne est critique,» lâche Thierry Permal, dessinateur et membre de Ticomix.
Pourtant, les talents existent ! Mais qu?est-ce qui découragent les bédéistes locaux ? Des difficultés économiques et un manque d?encadrement en seraient la cause.
«On ne nous prend pas au sérieux. Pourtant ce n?est pas la volonté de bien faire qui nous fait défaut,» explique Evan Sohun des Ticomix.
«Il y a que des organisations comme l?Alliance française et le Centre Charles Baudelaire qui nous font confiance et qui nous aident. On ne peut pas en dire autant pour le ministère des Arts et de la Culture. Combien de nos projets croupissent dans les tiroirs du ministère ? On a arrêté de compter,» ajoute-t-il.
Ne pouvant compter que sur eux-mêmes et sur l?aide d?une poignée de mécènes, Thierry Permal et Evan Sohun s?en vont en guerre. Objectif : ressusciter la BD mauricienne et créer un nouveau mouvement autour de cet art.
<B>Visibilité Internationale</B>
Pour commencer, ces deux passionnés de BD dispenseront une formation en illustration et en BD aux intéressés à partir du 16 février à l?Alliance française de Bell Village.
«Nous voulons aller vers un public neuf et dénicher de nouveaux talents. Une démarche qui sonne aussi le retour des Ticomix sur les devants de la scène,» déclare Thierry Permal.
Après cette formation, Thierry Permal et Evan Sohun s?attaqueront à la création d?un site internet pour exposer tous les travaux effectués par les élèves.
«Nous n?avons d?autres solutions que de nous tourner vers le web où la publication est gratuite. Publier un magazine coûte trop cher et le web a aussi de nombreux avantages. Notre site nous permettra d?être plus visibles sur le plan international,» annonce Thierry Permal.
<B>L?histoire de la BD Mauricienne</B>
L?histoire de la BD à Maurice commence dans les années 50, avec le journal Action qui publiait, dès son premier numéro, les aventures de Pierre Kiroulle. Un personnage né sous le crayon de ROG, pseudonyme de Roger Merven. Ce dernier était aussi le rédacteur en chef du journal et un caricaturiste de talent. Même si les aventures de Pierre Kiroulle n?ont duré que le temps de cinq exemplaires, ces petits dessins ont marqué les débuts de la BD à Maurice.
Des années plus tard, soit en 1958, ce sera au tour de JAC ( Jacques Charoux) de prendre le relais de ROG. Il est à l?origine de mini-séries mettant en scène un cul-de-jatte dans Les demi-portions et un mendiant dans Bon dié béni ou. Les demi-portions, Bon dié béni ou, Pierre Kiroulle étaient tous publiés en monochrome et il a fallu attendre 1970 et le coup de crayon d?Ismet Ganti pour voir apparaître les premières planches en couleur. Il publia dans Virginie deux planches d?une série inspirée d?un de ses poèmes La légende de Menala.
Après Pierre Kiroulle, Roger Merven a débuté une longue carrière de caricaturiste dans un style emprunté au magazine britannique Punch. Ses personnages étaient tous dotés d?une grosse tête et d?un tout petit corps. Il a longtemps été avec Yvan Martial le principal caricaturiste politique de la presse mauricienne. En 1980, il soulignait les travers de la vie mauricienne dans L?express avec la série Renouveau mauricien. Une série qui ne faisait pas de cadeau au gouvernement.
En 1976, le premier album de BD fut édité à Maurice par Rafik Gulbul. Baptisé Repiblik z?animo, cette ?uvre parodiait le monde politique mauricien. Huit ans plus tard, Edikasyon pu travayer éditait la seconde bande dessinée en créole mauricien, intitulée Manze pu lepe. Suivront Maumau, le dodo de Roger Merven et de Jacques Germond puis Vents mauvais et autres perturbations cosmiques, toujours de Roger Merven. On retrouve plus récemment les albums des Ticomix ou encore de Laval Ng.
<B>Cours de BD à l?Alliance française </B>
Le premier cours concernera l?illustration et sera animé par Evan Sohun, et débutera le samedi 16 février pour s?étendre jusqu?au 17 mai. Le deuxième cours intitulé Bande dessinée et image narrative, sera animé par Thierry Permal et commencera vers la mi-mai pour se terminer à la mi-août 2008. Les deux cours coûtent chacun Rs 750. Ils s?adressent à ceux ayant plus de 16 ans. Les inscriptions seront ouvertes à partir du 4 février au service culturel de l?Alliance française à Bell Village.
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